Mon Pointe-au-Pic Personnalité du jour

Pierre Bouchard, l’originalité au premier plan

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Ce qui relie quelqu’un à Charlevoix peut parfois sembler éloigné mais le fil est parfois long à se briser. C’est le cas de Pierre Bouchard donc le père Jean-Jacques est né dans Charlevoix, aîné d’une famille de 13 enfants. Son père Lucien (mon grand-père) était propriétaire de l’hôtel qui était situé à l’endroit du  Irving à Clermont. L’arrière-grand-père Arthur était boulanger à Pointe-au-Pic sur le site actuel du Restaurant l’Allegro. Vers 1966, l’hôtel a été vendu à un homme qui nomma la place à son nom. Toute la famille se déplace vers Québec, plus particulièrement dans la paroisse Saint-Paul  Apôtre.

Quant à Pierre, il a grandit dans Sainte-Foy près du chemin du même nom. Dès son jeune âge, il était presque toujours en train de dessiner. Sa famille comptait trois  garçons et une fille. Sa mère Cécilia Siorrocco était une pure Italienne dont le père avait émigré  dans la ville de Québec.

 

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Avec ses parents, ils venaient souvent dans Charlevoix, entre autre parce que les Bouchard avaient un camp de pêche au lac Taillis dans ce qui est aujourd’hui la ZEC Lac-aux-Sables. C’était l’époque des pêches miraculeuses où on pouvait prendre 500 truites dans une fin de semaine, qu’on sortaient, cachées dans un manteau ou dans un pneu.

Dès qu’il eut l’âge de conduire, il venait se promener entre Les Éboulements et Saint-Irénée pour dessiner des vieilles maisons parce qu’il s’intéressait particulièrement à l’architecture. Intéressé à l’hôtellerie, il a été employé pendant deux ans au Manoir Richelieu comme un des responsables de la salle à manger. Charlevoix avait une telle importance pour lui que lorsqu’il s’est marié c’est à l’église de Pointe-au-Pic qu’il a échangé ses voeux et la réception a eu lieu au Manoir Richelieu.

Durant sa vie professionnelle, il a été principalement représentant pour des compagnies pharmaceutiques ce qu’il a amené en Europe, aux États-Unis et partout au Canada. Le dessin représentait toujours une activité presque routinière parce qu’il griffonnait un peu pour passer du stress ou passer le temps au lieu d’être devant un écran.

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Lorsque le Mur de Berlin est tombé en 1990, Pierre a été fortement attiré par les graffitis qui étaient sur l’ouvrage. À Montréal dans un musée, il voit deux morceaux du mur qui y sont exposés et cela sème une graine dans son esprit. Le Mur de Berlin c’est aussi une déconstruction, quelque chose qui se divise en mille morceaux. C’est un peu l’événement qui a allumé sa flamme artistique pour aller vers quelque chose de concret. Lorsqu’il a atteint la soixantaine, il a pris la décision de se lancer à fond dans son art avec le but avoué de se créer une notoriété et de faire voyager ses oeuvres à l’international.

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Il s’inspire des néo-impressionnistes et de Jean-Michel Brasquiat.

Oeuvre de Jean-Michel Basquiat New-York Graffeur décédé à 27 ans

Oeuvre de Jean-Michel Basquiat New-York
Graffeur décédé à 27 ans

Il mélange le graffiti, le street art et le dessin enfantin en utilisant de l’acrylique, des stencils, des pinceaux mop et autres instruments hétéroclites. Il opte pour un nom d’artiste Joseph Pierre Bertrand et il a créé son site web avec l’aide de son fils Elliot, 11 ans. Il opte pour différents types de mise en marché allant de l’oeuvre originale à des épreuves en papier ou des fichiers téléchargeables.  Il s’était installé dans Charlevoix, plus précisément  à Saint-Ferréol-les-Neiges, où la municipalité lui avait donné un atelier à sa disposition, il tient d’ailleurs à les remercier.

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Pierre s’est aussi entouré de spécialistes en histoire de l’art, de curateurs d’art et il a écrit son plan d’affaires. Il souhaitait obtenir une notoriété ce qui ferait augmenter la valeur de ses oeuvres. Ainsi on a parlé de lui en Angleterre dans le magazine d’art NIJI. Il était également à Radio-Canada la semaine dernière  puisqu’il agrémente les vitrines de commerces vides de la rue Saint-Jean de son art urbain. Il est toujours à la recherche d’autres endroits pour y placer gratuitement ses créations.pb9

Un mélange d’ADN de Charlevoix et d’Italie coule dans les veines de Joseph Pierre Bertrand, son art construit la déconstruction et c’est profondément original. Il mène à la réflexion dans la composition de ses toiles. À 61 ans, il n’est qu’à ses débuts. Vous direz que je ne suis pas objectif parce qu’il s’agit de mon cousin mais je vous suggère d’aller  voir son instragram ou sa page web et vous pourrez juger vous-même.

www.josephpierrebertrand.com

 

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