Personnalité du jour

Michel LeRoux se souvient de Charlevoix et de son fils Thierry

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Michel LeRoux est né à Val D’or en Abitibi. Son père originaire de Bellechasse est représentant en produits pétroliers. Il grandit au sein d’une famille de 2 frères et 2 soeurs. Il fait ses études dans sa ville natale et pratique le hockey et le baseball assidûment. Il fait son cégep à Rouyn-Noranda. Parmi ses enseignants, un jeune professeur de philosophie nommé Pierre Archambault qui a ensuite enseigné pendant plus de 20 ans au Centre d’études collégiales en Charlevoix. Il travaille à l’aéroport de Val-d’Or pendant ses études en compagnie de son frère Roger qui a aussi vécu longtemps à La Malbaie.
Il se dirige vers l’Université pour y poursuivre des études en génie chimique. En 1983 il se marie avec Christine Peeters dont la famille est originaire de la Flandre belge. Les deux se rencontrent dans un contexte sportif, car ils les pratiquent avec une grande régularité. Il enseigne la chimie pendant 4 mois à la Polyvalente de Val-d’Or. Avec son diplôme d’ingénieur en chimie, il  commence à travailler dans le domaine des pâtes et papiers à Amos où il reste pendant 18 ans. Cette usine est la première au Canada à s’affranchir totalement des pâtes chimiques pour passer à la pâte thermomécanique. Clermont ne sera pas long à y arriver aussi. Il débute comme ingénieur de procédés pour devenir surintendant et finalement directeur de service. Deux enfants naissent de leur union, Steffan et Thierry.
En 2002, il est transféré à l’usine d’Abitibi-Consolidated à Clermont comme directeur des opérations. Les deux enfants, Steffan et Thierry ont hérité de la fibre de l’activité physique de leurs parents. La famille s’agrandit de Molly, une chienne Border Collie qui est encore plus sportive que ses maîtres, car une partie de ballon pourrait ne jamais avoir de fin. Les garçons jouent au hockey et Michel s’implique à fond comme entraîneur et plus largement au sein du hockey mineur charlevoisien. Thierry joue également au football dans l’équipe de la Polyvalente du Plateau. Pendant 9 ans, il sera entraîneur à plusieurs niveaux. Christine, pour sa part, travaille au complexe multisport du Manoir Richelieu. Elle personnifie aussi Perle le Béluga géant, mascotte du Manoir Richelieu.

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Michel assume brièvement la direction générale de l’usine de Charlevoix pendant 4 mois, le temps de voir s’écrouler le toit de la machine 4 et de le remettre en place. Il est transféré toujours comme DG à l’usine de Kénogami en 2011. La maison de la rue des Lunes à La Malbaie est vendue pour une nouvelle maison à Chicoutimi. Christine reprend ses activités au centre sportif de l’hôtel Le Montagnais. Les deux gars poursuivent leurs études. Steffan poursuit une carrière chez Bell et a aujourd’hui 4 enfants. Thierry prend le chemin des techniques policières au Cégep d’Alma. Après deux ans à Kénogami, Michel est muté à la direction de l’usine d’Alma qui compte 3 machines et 350 employés.Thierry travaille d’abord au Montagnais lui aussi et comme agent de sécurité Garda. Finalement il devient policier pendant quelques mois dans le Grand Nord pour la police de Kativik. Il obtient un poste près de Val d’or dans la réserve autochtone de Lac Simon. Un soir, le 13 février 2016, alors qu’il intervient pour un appel de violence conjugale, il est tué d’une balle dans le dos qui traverse son gilet pare-balle par un autochtone connu pour ses problèmes de santé mentale depuis des années. Il se suicide sur les lieux de son crime. La famille, les parents et amis sont dévastés, il avait seulement 26 ans. De nombreux Charlevoisiens ont connu Thierry en particulier les sportifs. Ce destin tragique crée l’incompréhension et la tristesse.

Thierry LeRoux

Thierry LeRoux

Des centaines de premiers répondants assistent aux funérailles de Thierry à la cathédrale de Chicoutimi. Chacun repart  de son côté, certains beaucoup plus affectés que d’autres, notamment sa famille immédiate. Michel continue sa carrière. En 2015, il est chargé de l’excellence opérationnelle, ce qui l’appelle à se déplacer toutes les semaines en Caroline du Nord. En juin 2016, il reçoit un appel de la part d’ex-collègues de Thierry qui souhaite partir une fondation en sa mémoire. Les démarches commencent pour y arriver et le 22 juin 2017 la Fondation Thierry Leroux est lancée. Le but est d’aider les 15 à 25 ans dans les domaines sportifs et académiques ce qui signifie des bourses d’études et des aides diverses aux équipes sportives comme des voyages pour des compétitions.

Hommage à Thierry par le député Ian Lafrenière

Hommage à Thierry par le député Ian Lafrenière

J’ai demandé à Michel comment il faisait pour aider la communauté de laquelle provenait l’assassin de son fils. Il répond que cette communauté est comme toute autre, il y a de bonnes personnes et des personnes qui sont malades ou incapables de se gérer. D’aider les jeunes de cette communauté, c’est de donner une chance à l’avenir et de couper drastiquement avec l’esprit de vengeance dans un esprit de guérison, si important dans les peuples autochtones. Grâce à la fondation, Thierry demeure toujours vivant et sa mémoire continue de faire du bien. Pour Michel et Christine, c’est une façon d’honorer leur fils et de transposer l’action pour l’ensemble des premiers répondants qui tombent au combat, quelle que soit leur attribution (pompiers, ambulanciers, policiers, etc.)
Depuis deux ans, une randonnée cycliste un peu extrême (650KM en 2019) sert à amasser des fonds. Cette année, elle a été faite en mode COVID à partir de 5 endroits différents. Une chose est sûre, à l’aube de la soixantaine, Michel et Christine et même Steffan sont des machines. Être top shape comme ça en tant que sexagénaire est exceptionnel. Cela soutient sûrement leur engagement. Il seront toujours bienvenus dans Charlevoix pour revoir leurs vieux amis.

Michel, Christine et Steffan

Michel, Christine et Steffan