Personnalité du jour

L’autre Charlevoix de Benoît Provencher

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J’aime les aventuriers.  Ce sont des gens qui ne font pas les choses comme les autres, ce qui leur permet de réaliser des  rêves, qui au départ, pourraient sembler inatteignables. C’est le cas de Benoît Provencher. D’abord maître en psychologie, il fait le tour du globe à vélo pour enfin devenir pilote et propriétaire d’hélicoptère et en faire son gagne pain. Mais débutons par le commencement.

Benoît est originaire de Plessisville dans les Bois Francs dans une famille de 8 enfants, son père est mécanicien dans une usine.  Au secondaire, il est dans les cadets de l’armée. Il a l’occasion de faire un vol en hélicoptère avec des militaires. C’est un vol tactique dans les collines du centre du Québec. La majorité des jeunes passagers sont malades à cause des manoeuvres sauf Benoît et deux de ses amis. Il a la piqûre de l’hélico à partir de ce moment. Il est aussi un grand amateur de vélo, il dit qu’il était toujours sur son vélo, un autre moyen de transport plus terre à terre, mais parfois aussi grisant. Il fait son cégep au campus Notre Dame de Foy à Cap-Rouge. Après une session en sciences pure comme beaucoup d’autres jeunes, il bifurque vers les sciences humaines jusqu’à la maîtrise en psychologie.  Durant ses études, il occupe toutes sortes d’emploi comme aide agricole, concierge d’hôtel au Concorde ou libraire.

Il commence sa carrière comme psychologue et son deuxième emploi l’amène à Baie-Saint-Paul auprès de la clientèle en déficience intellectuelle, poste qu’il occupera pendant 6 ans. Par la suite, il est chef de service pendant 3 ans, jusqu’à ce qu’il décide de réaliser ses rêves avant d’être trop vieux. Son projet est de faire le tour du monde à vélo par étapes. Il commence par le Canada et la côte ouest américaine. Il visite également 16 pays d’Europe sur ses deux roues. Il voyage avec un couple d’Australiens rencontré sur la route et il demeure en contact via Facebook. Il fait aussi l’Amérique centrale et du sud. Il voyage hors des sentiers battus fuyant les touristes. Son expérience la plus mémorable est d’avoir été vraiment perdu dans les Andes suite aux indication de villageois et de se retrouver tout à coup dans un village qui recevait cette journée là, l’alimentation électrique. Les habitants ont vu l’arrivée de blancs comme un signe des dieux et ils ont été reçus comme des rois et des reines.  Un moment de bonheur inoubliable. Il y a une rencontre durant ce périple avec des gens qui n’avaient jamais vu de touristes.

Le tour du globe est écourté parce que Benoît caresse toujours le rêve d’être pilote d’hélicoptère. De retour à Baie-Saint-Paul, il joint la liste de rappel de l’hôpital, car il est revenu de voyage sans le sou. Il travaille comme un fou pour se renflouer.  Il fonce et prend son cour de pilote chez Hélicoptère canadien à Québec. Il est au début de la trentaine et en 7-8 mois, il réalise son rêve de devenir pilote en 2001. Il accumule alors des heures en travaillant comme pilote pour des compagnies.

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Il a souvent l’occasion de survoler Charlevoix et il est toujours ébahi par la beauté du paysage. Un projet commence à germer dans son esprit pour allier la vocation touristique de la région à un produit de visites du haut des air. Il monte seul son plan d’affaires n’ayant aucune idée des aides qu’il peut recevoir. Lorsqu’il s’adresse au CLD et autres banques et organismes, son projet est solide et bien documenté. En 2008, il fait le grand saut. Il commence avec un hélicoptère loué, mais il prend vite conscience qu’il doit posséder le sien. Il reçoit  l’aide de monsieur André-Marie Simard qui croît à son projet et il se porte acquéreur d’un premier hélicoptère.

Hélicoptère 2020

Hélicoptère 2020

Il offre des produits 4 saisons.  Les vols touristiques sont la principale activité. Il y a des vols de différentes longueurs de kilomètres et de temps, parfois jumelés à des activités récréatives comme un repas de produits du terroir au sommet d’une montagne ou encore près d’un phare du Saint-Laurent. Un saut aux Vergers Pednault de l’Isle aux Coudres est aussi très possible. Comme son engin vole à 200 Km/h on peut aller assez loin en peu de temps. J’ai moi même fait un vol de 12 minutes et j’ai eu un très bon aperçu de l’arrière pays de Baie-Saint-Paul en passant par Saint-Placide, les terres du séminaire et les montagnes des Laurentides avec en prime, une visibilité très claire du cratère météoritique de Charlevoix.

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L’hélicoptère sert aussi de taxi pour les randonneurs pour entrer ou sortir de leur périple. Finalement, d’autres usages comme des tournages, des photos, des travailleurs ou transport de touristes constituent une partie moindre des activités. Héli Charlevoix oscille entre 3 et 5 employés dont 3 pilotes. En 19 ans de pilotage, Benoît n’a expérimenté aucun incident. Selon lui, l’hélicoptère est beaucoup plus sécuritaire que l’automobile. Il en est maintenant à son deuxième hélicoptère et il est très rigoureux sur les procédures de sécurité ainsi que ses pilotes. Depuis deux ans il a de nouvelles installations flambant neuves dans la côte Saint-Antoine à un kilomètre du centre de Baie-Saint-Paul. Malgré ses craintes du départ, il connaît une bonne saison. L’hélicoptère est désinfecté entre chaque vol et chacun porte un masque à bord. Benoît conclu en disant que sa formation de psychologue lui sert dans son rôle de pilote, notamment quand il a des clients craintifs de prendre les airs. Cela lui a aussi donné le sens de l’altruisme, le goût de prendre soin de l’autre. Ses clients sont ses invités et il les traite aux petits oignons. Il a des projets de développement pour l’avenir et son emplacement actuel va lui permettre.

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Finalement, il est aussi un parent d’un garçon et d’une fille de 10 et 12 ans.  Benoit Provencher a fait sa place dans Charlevoix, il est curieux, impliqué et dynamique. Il est aussi fort sympathique. Allez faire un tour d’hélicoptère, ne serait-ce que 6 ou 12 minutes vous ne serez pas déçu. Personnellement, ça m’a fait l’impression d’être en apesanteur. Pas besoin de payer 30 millions comme Guy Laliberté