Personnalité du jour

Il n’a pas pris une Reid

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Denis Reid voit le jour à Edmonton en Alberta. Très jeune, il est adopté par un couple dont l’homme est médecin.  Récemment, avec la nouvelle loi, il a pu retrouver ses parents biologiques. Par un hasard exceptionnel, sa mère est originaire de Saint-Siméon. Tout à coup, il retrouve un frère et une soeur et des ancêtres Pilote et Mailloux. Comme il le dit, il est un Charlevoisien pure laine.

Avec sa famille adoptive, il habite à Val D’or en Abitibi, à Joliette et finalement à Laval et Montréal. Un jour, son père le docteur Reid le retrouve éploré dans sa chambre; il lui demande ce qui le rend si triste. Il dit à celui qui l’a élevé qu’il ne sera pas en mesure de perpétuer la lignée de médecins de la famille Reid et qu’il a extrêmement peur de le décevoir. Le bon docteur le rassure bien vite en lui disant qu’il sait que son fils est un artiste et que ce sera là son chemin. Il a aussi un oncle et une tante bien connus dans Charlevoix en les personnes de Jean Leblond et Catherine Reid de Saint-Joseph de la Rive. L’été Denis commence jeune à venir dans Charlevoix où il donne un coup de main à la ferme avec le vague projet de venir s’installer un jour.

Il fait son cégep au Mont Saint-Louis en arts et son Bac en arts plastiques à l’UQAM. Un jour qu’il est derrière un bar de la rue Saint-Denis, il a en tête des projets charlevoisiens et pense à un certain Marc Thibault qui pourrait lui donner un coup de main. Quelques minutes et le dit Marc Thibault fait son entrée, comme quoi il n’y a pas de hasard. Ce dernier conseille à Denis de contacter le Mouton Noir qui cherche du personnel.  Il est en entrevue le vendredi suivant à 17h. À 18h, il commence à servir des clients, il a 24 ans et il s’installe à Baie-Saint-Paul. Les 8 années suivantes, il les passe comme serveur au Mouton Noir. Il poursuit sa démarche artistique. Il opère des galeries d’art en groupe ou seul, il ouvre des brocantes dans des garages dont un avec essence à Saint-Joseph de La Rive. Il participe au bouillonnement culturel de Baie-Saint-Paul avec les Pierre-Gilles Martin , Roger Turcotte, Humberto Pinochet et Guy Paquet, entre autres.

Une occasion très spéciale se présente à lui. Paul Desmarais a commandé au peintre émérite Claude LeSauteur une série de grands tableaux pour la collection de Power Corporation. Le peintre a besoin d’un assistant pendant un an pour faire le projet, il offre l’emploi à Denis Reid qui saute sur l’occasion de travailler auprès de ce géant de l’art pictural. M. LeSauteur lui dit je vais t’apprendre à peindre comme moi et cela commence par la façon de tenir le pinceau. Denis travaille très fort sur ces oeuvres, parfois seul pendant de longues périodes et il apprend beaucoup. L’atelier était situé au Cercles des Fermières des Éboulements. Il a un petit pincement au coeur lorsque le maître oublie de mentionner son travail lors du dévoilement des oeuvres.

Comme il ne fait rien comme les autres, il se retrouve comme butler pour une famille de l’aristocratie new-yorkaise, chez M. Harold Prince, à Long Island, New-York. Il s’occupe de la maison de campagne de la famille qui est immense avec ses 25 chambres. Les Princes y viennent les fins de semaine pour s’éloigner un peu de la 5ème avenue. Or, il appert que Madame n’aime pas la maison parce qu’elle ”sent”. L’aventure se termine là-dessus avec une enveloppe de dédommagement donné en mains propres par M. Prince. Denis a amplement d’argent pour revenir au Québec.

Côté voyage, il fait deux séjours de 6 mois en Europe, surtout en France et en Espagne.

Au retour, comme il dit, il commence à jouer avec les ordinateurs avec un diplôme en infographie du Cégep Sainte-Foy. Il vient de se donner un outil qui lui donnera un gagne pain tout en continuant à créer comme artiste. Il s’adonne au pastel, à l’huile, au pastel sec et même à la menuiserie grâce à un base en dessin technique.  Son atelier a un côté peinture et un côté menuiserie. Il expose ses oeuvres régulièrement comme présentement au carrefour Paul Médéric.

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C’est un vrai touche à tout, c’est quasi impossible de mentionner tout ce qu’il a fait. À titre d’exemple, la carte du guide touristique de Baie-Saint-Paul est de lui, il a créé des audioguides touristiques, il a été caricaturiste dans Le Journal de Charlevoix et l’Hebdo pendant 4 ans. Il a réalisé un livre à colorier pour enfants. Il a illustré la trousse pédagogique La Course aux Trésors financée par M. Francis Cabot.  Il a été animateur pendant deux ans sur le train de Charlevoix. Et ce n’est là qu’un aperçu de ses activités. Il a plusieurs cordes à son arc. Il a encore des aventures à vivre et il restera toujours un artiste. Un touche à tout créateur qui est représentatif du caractère particulier de Baie-Saint-Paul. Comme il veut aussi s’investir dans l’humain, il a fait du bénévolat en soins palliatifs, une expérience marquant pour lui.

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Souriant et sympathique, Denis fait partie de cette génération partie de la ville pour s’installer à Baie-Saint-Paul comme des dizaines d’autres comme lui. On sait que cela a donné naissance au désormais failli Cirque du Soleil, mais ces jeunes devenus quasi aînés ont contribué à la ”vibe” de Baie-Saint-Paul qui en font aujourd’hui la ville d’art par excellence au Canada sinon en Amérique du Nord.