Mon Pointe-au-Pic Personnalité du jour

Hugues Villeneuve: À jamais Charlevoisien et globe trotter

hv1

Des Villeneuve à Pointe-au-Pic il en pleuvait, un peu comme les Warren. Ma propre grand-mère, Léda, décédée à 28 ans était une Villeneuve. La plupart des gens qui portaient ce patronyme étaient concentrés au nord du village près de la frontière avec La Malbaie. Pourtant, les familles n’avaient pas tous de liens de parenté si on ne fouillait pas trop loin dans l’arbre généalogique. Aujourd’hui nous sommes allés à la rencontre d’Hugues Villeneuve, fils de Julien Villeneuve, ferblantier et Mariette Fortin, originaire de Saint-Irénée. Hugues avait une soeur, Josée, qui est malheureusement décédée il y a deux ans d’un cancer foudroyant. Le jeune Hugues, comme tout bon Pointe-au-Picois a fréquenté l’école primaire Laure Conan et la Polyvalente du Plateau. Il aimait le hockey et le baseball et il se souvient que les équipes de Pointe-au-Pic ont été absorbées par celles de La Malbaie, dû au commencement de la dénatalité dans nos villes et villages.

hv4

Il était également skieur et faisait partie de la patrouille à chaque fin de semaine. Ses amis de l’époque étaient non exhaustivement Guy Simard, Yves Bergeron (RIP), Mario Tremblay (Lionel), Josée Tremblay, Nathalie Boulianne et Marc Villeneuve (Isidore).

Il y avait quelque chose chez les Villeneuve, son père était le cousin de Joël Denis et ce dernier venait souvent les visiter alors qu’il était au faîte de sa popularité,  cela créait de l’agitation lorsqu’il s’amenait avec sa famille d’autant plus que Pierre Marcotte n’était souvent pas très loin. Le petit Hugues était impressionné de ces événements hors du commun. D’ailleurs le fantaisiste maintenant octogénaire a encore de la famille dans Charlevoix.

En 1981, il a commencé à étudier au Cégep de Limoilou en Soins Infirmiers, il a reçu son accréditation en 1985. Les deux premières années de sa pratique, il les a passés à l’Hôtel-Dieu en urgence et en soins intensifs. Puis après, il a commencé sa carrière de globe-trotter qui l’a amené un peu partout dans le monde. La première fut la Suisse, où plusieurs professionnels québécois allaient travailler. Il est basé à la Chaux de Fond dans le canton de Neufchâtel à 1000 mètres d’altitude. Après un bref retour à l’hôtel-Dieu à Québec, il est reparti en Asie dans un voyage sac à dos de 6 mois qui l’a mené d’abord au nord de la Chine, au Tibet et jusqu’au sud de la Malaisie et en Thaïlande. Il est habité par la passion du voyage et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé à Anvers en Belgique pour étudier à l’institut de médecine tropicale. Une des meilleures expériences de sa vie fut son séjour en République démocratique du Congo pour réaliser un projet de santé auprès des 0-5 ans souffrant de diarrhée chronique, il y est resté 8 mois à aider ses enfants à se soigner de cette maladie endémique. Durant cette période, il a fait connaissance d’une Suisse italienne ce qui l’a ramené à la Chaux de Fonds au même hôpital où il avait déjà travaillé. Au bout d’un an, il est reparti sur la route avec sa copine qui fait partie de Médecins sans frontières. De nouveau la Chine, puis l’Indonésie, le Vietnam et la Thaïlande furent ses dernières destinations avant de se poser.

Et c’est un retour aux études au cégep en sciences de la nature alors qu’il est près de la trentaine. Il a trouvé cela difficile après 10 ans d’arrêt de reprendre le rythme avec des collègues étudiants(es) de 10 ans plus jeunes. Parallèlement, il a eu l’occasion de faire de la tournée américaine avec le Cirque du Soleil comme chef placier. C’était pour le spectacle Saltimbanco.

Il a enchaîné les emplois entre celui d’infirmier et les tournées du cirque. Cette fois-ci, c’était à l’hôpital Maisonneuve et les spectacles montréalais Quidam et Allegria. Il a suivi la troupe à Québec et à Toronto.

En 1996, il avait de la difficulté à tenir en place et il est parti aux Indes et au Népal. Cette fois-là il s’est équipé d’un petit van aménagé qui lui donnait l’impression de voyager avec sa maison ce qui permet beaucoup plus de liberté. Lors de ce voyage de 4-5 mois, il a rencontré un homme d’affaires allemand qui a inventé une plate-forme hydraulique qui permet de déplacer les ouvriers sur les ouvrages de génie civil pour y faire des travaux. Il ne commercialisait pas encore son produit en Amérique du Nord. Ils ont envisagé qu’Hugues soit le représentant au Canada. Il est parti en Allemagne et l’homme d’affaires lui a dit ”tu passes une semaine avec moi et à la fin je te dis si on peut faire affaire”. Hugues a passé le test et le voilà représentant en machinerie lourde. Il a suivi des cours de conduite de machinerie pour manipuler la plate-forme et faire des démonstrations. Avec un ami, ils ont fondé une compagnie pour commercialiser ce produit. On lui a même offert une direction d’usine en Virginie mais il a refusé. Finalement il s’est départi de ses actions dans la compagnie et est parti au Mexique, il devait revenir au Cirque du Soleil, mais une erreur administrative a fait qu’ils ont engagé quelqu’un d’autre à sa place. Son destin se tenait tout près en la personne d’une jolie Danoise. C’est à la même époque où son père est décédé ce qui l’a ramené dans Charlevoix. Après la période de familiarisation, il est déménagé à Copenhague pour retrouver sa nouvelle amie, il y est resté 2 ans dans un pays où il ne parle pas la langue même si heureusement l’anglais est assez bien compris. Il a ressenti un certain isolement linguistique, mais au lieu de se retirer il a travaillé dans des cafés et des bars et a appris les rudiments de la langue. La société danoise est sociale-démocrate, les taxes sont élevées, mais il y a beaucoup de services gratuits, il y a une très grande classe moyenne. Comme on est au sud de la Scandinave, il y a très peu de neige, mais beaucoup de pluie.

Il est revenu au Québec parce que sa mère était malade et elle est finalement décédée. Il a dû s’occuper des formalités et de la vente de la maison, Il est d’ailleurs très triste que l’acheteur l’ait démoli. S’il avait su qu’elle subirait ce sort, il ne l’aurait pas vendu. Il s’est marié et deux enfants sont nés en 2003 et en 2007, Viktor et Klara. L’épouse d’Hugues est traductrice entre autres pour le géant Netflix. À la maison, ils parlent danois et français.

 

 

 

hv3

Quant à Hugues, il est retourné dans le monde de la santé, d’abord aux urgences à McGill et chez Transplant Québec pendant 12 ans. Aujourd’hui il travaille à l’Institut de cardiologie de Montréal comme coordonnateur du programme patients-partenaires. Tous les ans, la famille en tout ou en partie se rend au Danemark visiter la parenté.

Hugues et Viktor

Hugues et Viktor

Hugues vient moins souvent dans Charlevoix n’ayant plus d’attaches familiales, mais quoiqu’il ait parcouru le monde, son identité première demeure à Pointe-au-Pic. Il ne dit jamais qu’il est de Montréal même s’il y habite. Ses deux identités sont Charlevoisien et citoyen du monde. Il est heureux que cet article serve à donner de ses nouvelles à ses amis d’adolescence, partie de la vie où justement on construit son identité. Cela démontre que le territoire qu’on habite est plus dans notre tête et nos souvenirs que dans le lieu géographique où on est situé.