Personnalité du jour

Guylaine Fournier : saisir les opportunités

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Très jeune, Guylaine côtoie l’entrepreneuriat, car son père, Georges Fournier, est photographe professionnel et opère une boutique de décoration. Les oncles et tantes sont nombreux son père ayant 12 frères et soeurs et sa mère 4. Donc, en plus d’être souvent au magasin, elle a de nombreux amis pour pouvoir s’amuser.

À 17 ans, elle quitte Charlevoix pour étudier à l’THQ (Institut de tourisme et d’hôtellerie de Montréal à la suggestion d’un conseiller d’orientation. Elle complète une technique en administration hôtelière. Le programme est très chargé allant jusqu’à 44 heures de cours par semaine.Elle fait ses stages dans Charlevoix à l’Auberge des Peupliers et à l’Auberge chez le Français (Chez Serre) de M. Louis Serre que le père de Guylaine possédera également.  Elle commence à travailler à Québec à l’Auberge des Gouverneurs comme auditeur de nuit, les emplois étant assez rares à l’époque où le taux de chômage avoisinait les 20% dans Charlevoix.

M. Hughes Démerly de l’Auberge des Sources l’embauche gérante, il y restera 2 ans. Elle se lance alors dans une grande aventure, à 22 ans elle devient co-propriétaire de l’Auberge La Rose au Bois avec la juriste Anne Warren. C’est une auberge de 9 chambres et 65 places en salle à manger  près de l’emplacement actuel du Petit Manoir du Casino. C’était une ancienne maison de villégiateur. De son côté, M. Fournier opère un hôtel en Guadeloupe. Guylaine va porter main forte à son père et y rencontre son  destin qui porte le nom de Pilou. Pascal Thiéfin est un beau jeune homme blond un peu aventurier et joueur de soccer émérite. Guylaine est séduite et elle séduit le jeune homme originaire de Champagne et ça se termine par un mariage. Pilou et Guylaine s’installent à la Rose au Bois. Pilou se fait de nombreux amis dans Charlevoix et Guylaine donne naissance à son fils Loïck (1988) qui porte un nom de marin puisqu’à l’époque, un groupe de Charlevoisiens autour de Pilou s’intéresse beaucoup à la voile et possède des bateaux.

Guylaine achète les parts d’Anne Warren et devient seule propriétaire de l’Auberge. L’aventure dure 7 ans où elle prend une expérience en affaire qu’elle mettra à profit plusieurs fois par la suite. Elle rejoint son père au Manoir Charlevoix dont il s’est porté acquéreur comme directrice de la réception et de la restauration avant de repartir pour la Guadeloupe ou elle travaille comme commerciale, comme on appelle les vendeurs en France. Elle n’aime pas beaucoup l’île pourtant paradisiaque. Les Français de la métropole ne sont pas appréciés par les Guadeloupéens de souche et tout est extrêmement long. Ca prend une éternité pour réaliser la moindre démarche. Lorsque Loïc a 5 ans, après 2 ans là-bas, elle revient au Québec sans Pilou.

Elle rejoint son père encore une fois, mais à l’hôtel Chez Georges à Baie-Saint-Paul. Elle y vit avec son fils et seconde son père dans son entreprise. Guylaine est une vendeuse née et elle adore la vente pour le contact humain qu’elle procure par le biais d’une relation commerciale. À cette époque, elle est représentante pour les produits sanitaires Choisy. Elle a comme client le Manoir Richelieu et on lui offre un poste de chef de service salle à manger et bar, elle accepte pour un autre cycle de 2 ans. Mais elle n’aime pas beaucoup les gros hôtels et elle ne peut s’épanouir dans son style d’entrepreneur.

Son prochain emploi dure 17 ans. Elle est l’amie du regretté Charles Warren qui vient de démarrer un nouveau journal l’hebdo Charlevoisien, il a besoin de vendeurs de publicité. Charles lui donne un défi de réalisation publicitaire en 2 semaines. Elle le fait en 3 jours. Elle dit avoir travaillé fort dans cet emploi qui lui a donné une connaissance intime du monde des affaires de Charlevoix et d’ailleurs. Elle a été un pivot déterminant de la réussite de l’Hebdo qui se battait alors contre le Plein Jour sur Charlevoix. Mais  son parcours prend un tournant définitif.

Le peintre Christian Bergeron de Clermont ouvre une galerie sur la rue Saint-Jean-Baptiste. En 2005, Guylaine devient la propriétaire. Elle a alors 42 ans.  Son expansion n’a pas cessé depuis. En 2014, elle ouvre une deuxième galerie sur la même rue pour donner la chance à d’autres artistes qu’elle ne peut placer dans la galerie principale. Avec l’accord du propriétaire du bâtiment, Donald Duchesne, elle aménage le sous-sol en salle d’exposition ce qui prend 8 mois à temps plein à 4 hommes. Cette galerie est aujourd’hui la plus grande de Baie-Saint-Paul.

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Elle possède aussi une galerie à Saint-Sauveur dans les Laurentides pendant 4 ans. Comme elle y va toutes les fins de semaine, cela devient éreintant à la longue et elle met fin à l’aventure. Elle rapatrie toutes ses activités à la Galerie Guylaine Fournier de Baie-Saint-Paul. Elle rencontre son nouveau conjoint Pierre Pellerin et ils prennent la décision de racheter le 500 rue Richelieu et une maison appartenant à son père dans le but de faire un centre d’art et une galerie. Les travaux ont débuté et se sont réalisés en pleine COVID. La nouvelle galerie le 500 a ouvert ses portes il y a quelques semaines et est opérée par Guylaine et Pierre puisque Guylaine est en fonction 4 jours semaine à sa galerie de Baie-Saint-Paul qui a connu un été record. Les débuts à Pointe-au-Pic sont de bon augure malgré que la pandémie ait rendu impossible une ouverture officielle.

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Pour le choix des tableaux offerts au client, elle fonctionne par coups de coeur, elle fait quelques symposiums. La chimie avec l’artiste est capitale. Ses deux galeries offrent des artistes différents, tous québécois. Elle présente 25 sculpteurs et peintres à Baie-Saint-Paul et 17 à Pointe-au-Pic. Sa clientèle se constitue de monsieur et madame tout le monde. Les tableaux qu’elle vend sont soit abordables ou très élevés, très peu entre les deux. Contrairement à d’autres galeristes, elle ne vend pas beaucoup sur internet, elle préfère le contact avec le public.

Elle trouve quand même le temps de jardiner (probablement la nuit). Si vous passez devant le 500 Richelieu, n’hésitez pas à arrêter, il n’y a aucune obligation d’achat, mais un bain de beauté garanti, car les artistes qui y sont exposés sont vraiment talentueux et originaux et c’est la même chose à Baie-Saint-Paul.