Mon Pointe-au-Pic Personnalité du jour

Carol Tremblay de Pointe-au-Pic, a fabriqué des millions de tonnes de papier

ct1

Au haut de la côte vers Sainte-Mathilde de Cap-à-l’Aigle, en tournant à droite, il y a une maison qui était celle des grands-parents de Carol Tremblay. Même s’il est né à l’hôpital de La Malbaie, le lieu de résidence de la famille est à Montréal, coin Sherbrooke et Bourbonnière. Ses parents sont René Tremblay et Fernande Tremblay, celle-ci originaire de Saint-Irénée. C’est lors de sa première année d’école que la famille revient à Pointe-au-Pic et s’installe à loyer en face de l’église. Il était bien placé pour son premier emploi de servant de messe à dix cents les basses messes et 25 cents pour les grandes messes. Il y avait jusqu’à 4 servants de messe et souvent il y avait jusqu’à 6 à 7 messes par jour. Souvent c’était des prêtres américains qui donnaient le service aux estivants. Il gagne suffisamment d’argent pour s’acheter un ”becique à pédales”. Il raconte une anecdote ou un nommé Nimus avait perdu connaissance en servant la messe en transportant l’encens, car le curé Girard en utilisait de grandes quantités. Monsieur le curé se préoccupait beaucoup de l’encens en feu tombé par terre et beaucoup moins du pauvre Nimus qui peinait à reprendre ses sens.

Pendant son primaire et son secondaire, sa famille s’agrandit avec l’arrivée de Diane, André et Martine. Il fait la dernière année de son primaire dans l’hôtel de ville de Pointe-au-Pic parce qu’on bâtit une nouvelle école qui sera dédiée à Laure Conan. La 8 et 9e année se donnent au Collège, aujourd’hui FX Savard. Suivent 2 années au poulailler, une roulotte sur le site de l’actuelle polyvalente et le secondaire 5 obligeait un déplacement à Québec, plus précisément à Giffard dans le cas de Carol.

Au hockey, Carol était gardien de but, entre autres, pour le Casino de Pointe-au-Pic dans la ligue intermédiaire de Charlevoix. Il est substitut de Pierre Villeneuve et à la dernière saison il est échangé à Saint-Siméon ou il seconde un gardien qui a joué dans du gros calibre du nom de Jean-Jacques Lecavalier.

Comme tous les jeunes de Pointe-au-Pic, l’été, il est caddy au club de golf du Manoir. Il travaille aussi à l’épicerie Guy Warren et à l’épicerie Yvon Morin, qui sont voisins, pendant ces études. Il fait un diplôme professionnel en électricité avec Vilmont Bergeron et Michel Harvey comme enseignants. Il est embauché par les Desgagnés au quai de Pointe-au-Pic comme débardeur sur des bateaux russes qui chargent des poches de 100 livres d’amiante, des marchandises pour le nord et du papier.

Carol insiste sur le rôle qu’a joué le mythique restaurant le Bistro au coeur de Pointe-au-Pic. Il n’y avait pas de maisons de jeunes à l’époque et cet endroit dirigé de main ferme, mais bienveillante par madame Jean-Paul Villeneuve, était une deuxième maison les jeunes du village. C’était un lieu intergénérationnel et de mélange social exceptionnel. Il y a un peu de délinquance, mais il y avait beaucoup d’apprentissages de vie. Quant à 12 ans, tu fais marquer tes hamburgers et que tu dois rembourser, c’est très formateur. La famille du bistro a été importante pour Carol et pour toute une génération de Pointe-au-Picois et ceux et celles qui l’ont vécu ne l’ont pas oublié. C’est une période où arrivent les premiers amours d’adolescent avec les filles du village.

Carol va se chercher un DEC en électromécanique au Cégep de Limoilou. Avec sa base en électricité, il devient très intéressant pour les employeurs.

En 1976, Carol part pour le mont Wright à Fermont comme électricien de mine. Il répare les foreuses et les pelles qui sont électriques. C’est une vie de mineurs, dans des logements à 4 occupants, pas trop meublés à l’exception des lits puisque les repas se prennent à la cafétéria. A la fin, il habite dans le mur rendu célèbre de la série ”La Faille”. C’est une période festive pour notre personnalité, dans le nord ça prend un coup solide à cette époque et les bars du mur sont très fréquentés incluant celui qui présente des spectacles de danses lascives. Il a aussi beaucoup joué au hockey là-bas.

ct3

Une grève a lieu en 1977 et il décide de prendre une pause et il part pendant 3 mois et demi avec un ami pour visiter les États-Unis à partir de Miami vers la Californie et Vancouver. Il revient au Québec avec un statut de chômeur, mais pas pour longtemps.

Il va travailler chez Stelco à Contrecoeur près de Sorel. Il est sur les chiffres et cette fois-ci, son sport est la balle-molle. Il allait visiter certains amis des environs de Montréal pendant ses temps libres comme Laval Tremblay qui travaillait professionnellement dans le monde du golf. Il se rapproche de Charlevoix en se déplaçant chez Domtar à Donnacona, son premier poste du domaine où il fera une belle carrière. Il se fatigue un peu trop en travaillant et étudiant et il souffre d’une mononucléose. Mais en 1981, il reçoit un appel providentiel, Ulric Harvey de Donohue Clermont cherche un électricien. Carol revient chez lui, il s’implique syndicalement avec le regretté Normand Gagnon et il devient contremaître à l’usine de pâte thermo mécanique (PTM) avec Rémi Bouchard, Gaston Riverin, Marc Dalton et le patron André Boulianne. Carol a trouvé la femme de sa vie Louise Deschênes de Cap-à-l’Aigle et un garçon est né.

ct5

Au même moment, Donohue ouvre une usine à Matane, qui finalement, ne fera jamais de papier, mais uniquement de la pâte. Très en demande, il accepte d’aller démarrer une nouvelle usine, ce qu’il voit comme un beau défi. Il s’occupe de définir les procédures, de la formation pour la production, mais l’usine ferme en raison de la faiblesse des marchés. Il venait juste de construire une maison. Il a été témoin de drames humains désolants suite à cette fermeture.

Il se retrouve à Belgo à Shawinigan de 1991 à 1995 comme surintendant de 6 machines à papier et il repart à Matane en 1995, car l’usine reprend du service, il est aux premières lignes de la réouverture avec toutes les connaissances acquises au fil des années. Il est devenu un peu une star dans son domaine et on le sollicite constamment. C’est de nouveau Belgo qui le rappelle pour aller diriger une usine à New Richmond ou Bathurst. Il choisit la Gaspésie comme directeur de la production. C’est une usine de carton intérieur/extérieur pour les boîtes. Peu après, il est nommé directeur de l’usine. Il y reste presque 9 ans. Il déménage à Québec pour se rapprocher de Charlevoix, entre autres, et l’usine ferme à New Richmond après son départ.

ct7

Il est maintenant chez White Birch dans le port de Québec comme directeur de production pour 4 machines et un PTM. Il y a juste l’entretien qui n’est pas sous sa supervision. White Birch achète une usine à Gatineau et devinez à qui ils demandent d’aller en prendre la direction? En 2006, Carol et Louise partent dans une nouvelle ville, cette fois-çi pour 8 ans. L’usine fabrique 700 tonnes de papier journal par jour et Carol s’investit avec des chercheurs dans les biocomposites, le projet n’aboutit pas et il demande à revenir à Québec comme directeur de la cartonnerie. À 66 ans en 2017, l’heure de la retraite a sonné. Il est grand-père de deux petites-filles, Louise qui a toujours été à ses côtés peut profiter de sa présence, d’autant plus qu’il a réalisé le rêve de s’acheter un VR de classe 1 avec lequel ils fuient l’hiver vers les États-Unis et le Mexique. Le prochain voyage post-covid sera en Alaska. Ils viennent toujours dans Charlevoix quand l’occasion se présente. Carol a 2 nouvelles passions qu’il peut pratiquer soient la photographie et la guitare en tant que membre de jejouedelaguitare.com de Mathieu Tremblay.

ct6

Tout un périple que celui de Carole que, nous, de Pointe-au-Pic entendions parler entre les branches. Mais comme le dit l’adage, ”on peut sortir un gars de Pointe-au-Pic, mais on sort pas Pointe-au-Pic du gars”.