Desjardins mon Saint-Irénée Personnalité du jour

Guy, Léon et Lilly

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Guy Rousset voit le jour en région parisienne dans une fratrie de 4 enfants. Son père est marbrier funéraire, c’est à dire qu’il fabrique et vend les imposantes stèles que l’on retrouve dans les cimetières en France. Si vous vous promenez au Père Lachaise à Paris, pour voir la tombe de Jim Morrison par exemple, vous verrez souvent la marque Buy inscrite sur les monuments. C’est le nom du grand-père maternel de notre personnalité. Les cimetières sont aussi un lieu de rencontre puisqu’il y a quelques années Guy y a rencontré par hasard le président de la France, François Hollande, qui allait se recueillir sur la sépulture d’un de ses proches. Cela a donné lieu à une conversation privée sans tout le cérémonial propre aux Français. 

Il fréquente l’école privée catholique Saint-Michel dans le 17è arrondissement près de Montmartre. En partant de chez lui, il voyage dans 7 stations de métro pour se rendre et revenir de l’école. On appelle les petits Parisiens, les titis, ce que fut Guy Rousset. Il obtient son BAC (DES au Québec) avec une excellente moyenne de 16 sur 20. Dès ce moment son destin est tracé, il se destine à l’hôtellerie à l’école Jean Férandy de Paris, une des 10 meilleurs au monde et aujourd’hui la meilleure. 

Il est passionné de cuisine depuis toujours. Dès son jeune âge, il fait des recettes pour la famille avec un taux de succès relatif. Il explore tous les côtés de la profession dont particulièrement la pâtisserie qui, comme dans une science exacte, tout est précis et mesuré. Dans les écoles hôtelières françaises les étudiants touchent à tout soit la cuisine, le service et la réception. Très bon élève il finit 3è de sa promotion. Il doit faire un choix de stage et il opte pour les Bermudes dans un hôtel qui est aujourd’hui un Fairmount. Il fait un an à la réception et il perfectionne son anglais, il passe aussi 2 ans en cuisine. Il doit rentrer en France pour faire son service militaire qu’il qualifie de forcé, car c’était une obligation pour tous. Il qualifie cette période de traumatisante à cause des conditions d’exercice propres à l’armée où le but est de vous faire rentrer dans le rang. Il entre au niveau universitaire et quitte la France pour atterrir à l’Université de Moncton en diététique. Il est un peu surpris de se retrouver avec des cours de couture et de planning familial car ce domaine fait partie des Sciences familiales. Il était le seul garçon au programme. Il ne fait qu’une session et se retrouve quelques années plus tard avec une maîtrise en économie de la Sorbonne qui est reconnue comme équivalente par l’Université Laval. 

C’est alors qu’il fait la connaissance de Gilles Baril, figure bien connue du Parti Québécois. Ils deviennent très amis. Guy participe à sa campagne électorale dans le comté d’Abitibi Témiscamingue. Il participe aussi à l’ouverture d’un restaurant dans le petit village d’Eugène pour un oncle de Gilles Baril. C’est alors qu’il reçoit la visite d’agents de la GRC qui lui signifient un ordre d’expulsion du Canada, car il n’a pas de visa de travail. Il passe devant un juge à Ville-Marie et hop! dans l’avion, destination Paris. Il fait des démarches pour obtenir un visa permanent et il est de retour en 1979. 

Il travaille au Concorde comme sous-chef exécutif. Il reprend son implication politique auprès de son ami Gilles Baril dans Rouyn Noranda ou le PQ l’emporte sur le célèbre Camil Samson. La piqûre de la politique faisant son effet, il se retrouve à animer un débats des chefs et à interviewer Jean Chrétien à CKRL à Québec dans le cadre d’un débât passionné ou les indépendantistes s’opposent aux fédéralistes. Il a été présenté à Parizeau qui donne une leçon de politique à ce jeune Français énervé. Il lui explique qu’il n’a rien à gagner à débattre avec un inconnu et que c’est plutôt lui qui bénéficiera du prestige de Monsieur. 

Guy est dans actif dans les organismes communautaires de jeunes à Québec. En 1982 René Lévesque fonde le Secrétariat à la Jeunesse relevant du Conseil Éxécutif. Guy organise une rencontre de consultation où le Premier Ministre lui-même est présent, il est très impressionné de l’organisation de l’événement et lui offre le poste de DG du Secrétariat à la Jeunesse avec une fonction de sous-ministre à l’âge de 28 ans. Il occupera ce poste de 1982 à 1985 qui est l’année internationale de la Jeunesse. Il se souvient d’avoir remis un chèque de 500 000$ à Guy Laliberté en aide gouvernementale pour les débuts du Cirque du Soleil. À l’arrivée de Robert Bourassa au pouvoir, il rencontre Guy et lui permet de compléter son contrat en juin 1985. Il fera un voyage mémorable à New York où il aura l’occasion de rencontrer Xavier Perez de Cuellar, secrétaire général de l’ONU. Après toutes ces péripéties il se retrouve comme DG de l’Auberge des Gouverneurs de Matane jusqu’en 1989. Il est alors en couple avec Nadia Jacob et sa fille unique, Julia, s’était pointée le bout du nez. 

Il est ”découvert” par Alain Malenfant, le fils de Raymond qui le recommande chaudement pour diriger le Manoir Richelieu. Déjà à ce moment, l’ère Malenfant tirait à sa fin, une requête de faillite était déposée et Guy devait assurer les opérations pour le compte du syndic. L’objectif était de sauver l’hôtel. Un groupe de Saint-Hyacinthe se porte acquéreur du Manoir et Guy rencontre plusieurs fois Michel Crête, PDG de Loto-Québec pour des négociations. 

Il se retrouve ensuite PDG des hôtels et croisière Dufour en 1996. Le groupe est propriétaire du Cap-aux-Pierres, de l’Hôtel Tadoussac, Hôtel Mont-Saint-Anne, la Pignoronde le Clarendon à Québec et le Motel Le Vacancier à Baie-Sainte-Catherine et ajoutez-y les bateaux de croisières. En tout, cela fait 800 employés. Il occupe cet emploi pendant 10 ans jusqu’en 2006. Il passe au privé comme actionnaire chez Desjardins marketing et associés. Il oeuvre principalement en France de 2006 à 2013. C’est le retour du titi. Il démarre aussi une entreprise de construction avec un de ses frères. Il partage son temps entre le Québec et la France. Il est aussi maître de conférence à la Sorbonne sur le tourisme durable, ce qui lui prend 3 semaines à l’automne et 3 semaines au printemps. 

En 1999, survient une réalisation importante. Il est approché par le club des plus belles baies du monde. Il s’agit de 44 baies à travers le monde, dont la Baie des Chaleurs, qui se mettent en réseau pour échanger sur les meilleures pratiques en matière de tourisme. Cela a amené Guy à voyagé en Turquie et récemment au Japon et aux Philippines pour des congrès et des visites à de futurs membres. Il est président de l’organisme de 1999 à 2006. 

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Il dit que son projet le plus important est celui qu’il mène actuellement avec sa fille Julia soit celui d’un dépanneur et d’une biscuiterie artisanale. Julia, tout comme son père, est passionnée de pâtisserie. Le village de Saint-Irénée était privé de commerce de proximité depuis quelques temps. Lorsque Guy et Julia sont allés présenter leur projet au conseil devant une salle comble qui n’était pas venue pour eux, ils ont eu droit a une ovation debout. Ils achètent le bâtiment qui abritait l’ancien dépanneur en 2018 et il font des améliorations locatives. Depuis ce temps, à certains moments les fins de semaine, Guy se retrouve derrière le comptoir pour servir le client. Il demeure aussi très près de l’hôtel Cap-aux-Pierres en contact avec le directeur général Marc-André Bergeron. L’an dernier, le propriétaire de l’Auberge des Trois Canards, Pierre Marchand, demande à Guy de l’aide pour la gestion de son auberge étant donné qu’il était malade et que sa fille qui doit prendre le relais est en congé de maternité. Il accepte l’offre et trois mois plus tard monsieur Marchand décède. Le rôle de Guy s’amplifie dans l’entreprise jusqu’au retour de congé d’Hélène Marchand. Avec son bagage impressionnant et la bonne santé qu’il possède, il a encore de l’énergie pour s’impliquer à différents niveaux. 

Mais c’est son rôle de Papi Li (tiré de Sissi l’impératrice) qui le comble, lr plus de bonheur. Grand père de Léon et Lilly, ils ont nommé leur commerce en leur honneur. Pappi Li va moins souvent en France et d’autres pays pour être plus près de ses petits-enfants. Toute la famille s’implique au dépanneur et biscuiterie et ce projet familial est appelé a grandir surtout sur le volet biscuiterie. Papi Li va-t-il couler des jours tranquilles après un parcours si impressionnant ? Lui seul le sait.