Paroles d'Harvey

Charlevoix et le Covid19

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Ce matin, il n’y a plus de lait ni de papier toilette au marché Métro Bolduc de La Malbaie. À mon café favori, on a mis une affiche ”réservé” à toutes les deux tables pour distancier les clients. Demain, l’hôtel de ville de La Malbaie sera totalement fermé et désert. De plus en plus d’annonces de fermeture se succèdent. De mémoire de bonhomme de 60 ans, je n’ai jamais vu ça. J’ai visionné des heures de séries catastrophes décrivant des épidémies meurtrières. On dirait bien que la réalité rejoint la fiction.

Et tout cela s’est fait à la vitesse de l’éclair. Dans Charlevoix, par notre aspect campagnard, nous sommes habitués à être épargnés par les grandes catastrophes. Le danger le plus réel qui nous pend au bout du nez depuis des siècles est la possibilité d’un tremblement de terre de forte magnitude. Mais là nous sommes dans le même bateau que le Québec, le Canada et la planète. J’ai des amis qui sont partis en République dominicaine vendredi dernier, la première journée des mesures contraignantes, je peux vous dire que je pense à eux plusieurs fois par jour. J’ai eu une rencontre avec une personne qui revenait d’Espagne. Heureusement, sa période de 14 jours est passée et elle n’a pas de symptômes. J’ai des gens fragiles dans mon entourage, ma famille, des proches sont asthmatiques. J’ai une petite-fille et je ne voudrais pas qu’elle contracte la maladie. Hier, j’ai vu plusieurs personnes de plus de 70 ans à l’épicerie ou au restaurant. Sans vouloir être impitoyable, j’avoue que je me suis demandé ce qu’ils faisaient là. Il y a danger de stigmatisation sociale. Il semble qu’il y ait eu des bagarres dans les épiceries à Baie-Saint-Paul et La Malbaie.

Vous êtes tous un peu comme moi. On a tous des raisons de s’inquiéter pour une raison ou une autre. Même si le taux de mortalité est moins élevé que dans d’autres maladies contagieuses, c’est toujours trop élevé. Je ne m’aventurerai pas à commenter ou juger les mesures mises en place, car à ce stade-çi, j’aime mieux m’en remettre aux cellules de crise qui prennent les décisions. Le stress social dans Charlevoix est sûrement très élevé, des personnes peuvent être en détresse. A-t-on prévu quelque chose pour les aider ? Plus la situation empirera plus ce niveau d’anxiété grimpera. Ce qu’il faut espérer et je suis optimiste c’est que dans deux semaines tout rentrera dans l’ordre que les écoles ouvriront, que les réunions reprendront et que nous pourrons reprendre la vie normale. Je crois que c’est ce qui va arriver au Québec parce que le gouvernement a agi vite. En attendant, profitons-en pour communiquer paisiblement plutôt que de s’engueuler sur les réseaux sociaux. On a plus besoin que jamais de solidarité.