mon Saint-Urbain Personnalité du jour

Se souvenir de : Daniel Bradet

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Image : Assemblée Nationale

Il est des gens dont on se souvient pour un seul aspect de leur vie. Daniel Bradet est de ceux-là. C’est principalement en raison de ses deux mandats comme député provincial de Charlevoix qu’une majorité de Charlevoisiens ont souvenir de lui. Les 35 ans et moins n’en ont probablement jamais entendu parler. Moncharlevoix.net veut rappeler à votre souvenir cet homme qui fut vraiment au coeur de notre histoire récente.

Né à Saint-Urbain, le 31 mai 1946, fils d’Ovila Bradet, entrepreneur, et de Clara Saulnier.

Étudia à l’Externat classique de Baie-Saint-Paul de 1959 à 1964, au Séminaire de Québec jusqu’en 1968 et à l’École normale Laval de Québec en 1969. Titulaire d’un baccalauréat en arts depuis 1968 et d’un baccalauréat en pédagogie, option sciences humaines, de l’Université Laval depuis 1969.

Enseignant à la Commission scolaire de Saint-Urbain de 1969 à 1973 et à la Commission scolaire régionale de Charlevoix de 1974 à 1985. Chroniqueur de chasse et pêche au journal Plein jour sur Charlevoix de 1980 à 1983. Directeur de la section régionale de la Fédération québécoise de la faune en 1981 et en 1982. Président fondateur de l’Association de conservation de la vallée du Gouffre de 1979 à 1985. Instructeur du programme d’enseignement et de sécurité dans le maniement d’armes à feu de 1970 à 1985. Président de la section locale 778 des artisans Coop-Vie de 1970 à 1972.

Président des loisirs municipaux de Saint-Urbain de 1971 à 1975. Membre des Chevaliers de Colomb et de la Jeune Chambre.

Récipiendaire du prix François-de-B.-Gourdeau en 1984. Maire de Saint-Urbain de 1981 à 1985. Élu député libéral dans Charlevoix en 1985. Réélu en 1989. Défait en 1994.

Enseigna l’histoire au Centre Saint-Aubin de Baie-St-Paul de 1994 à 2004, année où il prit sa retraite.

Bénévole auprès d’organismes communautaires de son milieu.

Décédé à Baie-Saint-Paul, le 16 novembre 2010, à l’âge de 64 ans et 5 mois. Inhumé dans le cimetière de Saint-Urbain, le 20 novembre 2010.

Source: Assemblée Nationale du Québec

Pour accéder à la candidature pour le Parti libéral, Daniel Bradet a remporté une investiture très convoitée le mettant aux prises avec Danièle Ménard, alors présidente de la Chambre de Commerce de Charlevoix-Ouest et Marc Tremblay de Clermont. Bien organisé, il remporte la victoire.

J’étais jeune journaliste lors des mandats de Daniel Bradet comme député. Il s’était fait connaître par ses activités à la rivière du Gouffre où il faisait figure de pionnier. Nous regardions avec un petit sourire en coin sa passion pour la fabrication de mouches ce qui, dans nos jeunes esprits idéalistes, ne cadrait pas avec la fonction de député. Je me souviens de la visite de Robert Bourassa à son local de campagne à Baie-Saint-Paul. L’endroit était plein à ras bord et les journalistes très nombreux. Dès le début de son mandat, il est projeté en pleine tourmente au milieu du conflit du Manoir Richelieu. Les grévistes pèsent de tout leur poids sur le gouvernement et ils accusent le député Bradet d’être absent. Comme simple député, il n’a cependant aucune prise sur la situation, particulièrement après la mort de Gaston Harvey le 26 octobre 1986, où le dossier est d’ordre national. Son début de mandat est très difficile. Le 28 août 1987, il fait une annonce importante d’une contribution de 200 000$ de son gouvernement au centre Monseigneur Savard de Saint-Joseph-de-la-Rive aujourd’hui la Papeterie Saint-Gilles.

Réélu en 1989, son deuxième mandat n’est pas plus facile. Deux grands dossiers marquent ce quinquennat soient: le Casino de Charlevoix et le Cégep. Dans les deux cas, il y a une grande mobilisation populaire et dans le cas du Cégep, une trop rare alliance est-ouest. Pour les deux dossiers, les Charlevoisiens manifestent à La Malbaie, Baie-Saint-Paul et sur la colline Parlementaire. Il y a énormément de pression sur le député et son gouvernement. Pris entre l’arbre et l’écorce, Daniel Bradet se range du côté de son gouvernement, car Daniel Johnson, président du Conseil du Trésor s’oppose farouchement à un cégep dans Charlevoix. Pierre Asselin, président de la Commission scolaire va jusqu’à occuper le bureau de Daniel Bradet. Il dit: je ne sortirai pas d’ici tant que le Cégep ne sera pas acquis. Le député Bradet organise une rencontre avec Lucienne Robillard, ministre de l’Éducation. Le 5 mai 1993, en conférence de presse, elle annonce l’implantation d’un centre d’études affilié au Cégep de Jonquière pour l’automne 1994. Ironie du sort, Daniel Bradet est battu par Rosaire Bertrand et c’est le nouveau ministre de l’Éducation, le péquiste Jean Garon qui inaugure le CECC. Le 7 novembre 1993, on annonce également l’octroi d’un casino à Charlevoix. Le ciel s’éclaircit pour le député pêcheur qui a invité une mouche exclusive à la rivière du Gouffre.

Il retourne à l’enseignement pendant 10 ans. Et il décède à un âge relativement jeune de 64 ans. L’homme de nature, le bénévole a appris à la dure l’implication politique, il a été député dans une période effervescente et difficile. Il a tout de même réussi à faire deux mandats. L’association de mise en valeur de la rivière du Gouffre lui a survécu et maintenant sous la présidence d’un autre natif de Saint-Urbain, Benoît Bouchard. Les pêcheurs utilisent peut-être encore la mouche créée par Daniel Bradet. Dans l’histoire de Charlevoix il aura été celui dont le gouvernement a octroyer à Charlevoix deux atouts majeurs de son développement soit : Le Casino et le Cégep (CECC)