mon Saint-Urbain Personnalité du jour

Claudette Simard, ma mairesse coup de coeur.

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Mme Claudette Simard aura été la seule femme que j’aurai rencontrée chez les élus de Charlevoix. Je me permets de dire post-entrevu qu’il devrait y avoir plus de femmes en politique. Pourquoi? Laissons la mairesse répondre: «Les femmes en politique ne sont pas là pour le pouvoir, elles sont là pour le devoir».

Mme Simard est une femme de famille. Lorsqu’elle a voulu avoir des enfants, elle a quitté son travail et a passé les dix années suivantes à la maison pour remplir son rôle matriarcal. Après cette décennie, elle a été l’une des premières femmes à être chauffeur d’autobus, et ce fut un choix bien éclairé pour elle « Je voulais être disponible pour mes enfants; quand tu es chauffeur d’autobus, tu as des vacances l’été, à Noël, entre les circuits tu es à la maison, etc. Et de plus, ça me permettait de continuer comme conseillère municipale».

Son arrivée en politique municipale s’est faite il y a 31 ans où elle y entra en tant que conseillère. À cette époque-là, elle était la seule femme à siéger. Maintenant, elle est fière de dire qu’il y a parité hommes/femmes sur le conseil. Ce qui l’a motivé au départ c’était l’obtention d’un gymnase digne de ce nom pour sa localité: «Je trouvais ça aberrant de ne pas avoir de vrai gymnase pour nos jeunes». Étant déjà impliquée dans des comités comme pour le Carnaval et un comité de loisirs, elle était proche des gens. Ensuite vint un siège vacant à la municipalité et dans son cas ce sont les citoyens qui lui ont demandé de se présenter. C’est donc de cette façon qu’elle débuta sa carrière politique avec en tête des idées de changements pour améliorer la qualité de vie de ses concitoyens. La suite, comme mairesse, se fera en 2009 et son chapeau de préfète de la MRC de Charlevoix, elle le porte depuis les six dernières années. «Je ne pensais pas rester si longtemps, c’est vraiment l’amour de la municipalité, le respect et la confiance des citoyens et citoyennes qui m’ont amené à continuer».

J’ai une grande fierté à représenter la population de Saint-Urbain.

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Votre retraite est prévue pour dans 2 ans, la redoutez-vous? « Ce que je redoute c’est de quitter l’ensemble de mes consœurs et confrères de travail. J’ai la chance d’avoir un conseil avec qui nous avons la même vision et que l’on avance ensemble vers le même endroit. Vous savez le côté humain est très important pour moi et j’ai toujours été entourée des bonnes personnes. C’est vraiment un bonheur de participer à cela, je suis comblée. Je suis très sereine de ce qui s’est fait avec le conseil municipal durant toutes ces années ».

Comment voyez-vous votre environnement de vie? « Pour moi Charlevoix c’est un bonheur d’y vivre. Malgré les défis majeurs à relever, j’ai confiance en l’avenir. Je rêve de développer le vélo de montagne dans l’arrière-pays, de maximiser La Route des Montagnes et de consolider l’agroalimentaire déjà bien présent chez nous. Je veux aussi contrer la perte de la démographie, je rêve de classes ouvertes sur la nature et d’avoir cette particularité-là pour attirer les jeunes famille dans Charlevoix. Parfois j’ai l’impression de rêver éveillée, avec le parc industriel, avec l’agroalimentaire que l’on a développé, je me dis: est-ce que c’est bien vrai que c’est chez nous tout ça?»

Y a-t-il une chose qui vous inquiète pour votre milieu de vie? «Une des choses qui me préoccupe, et qui est un enjeu majeur, c’est au niveau éducatif. L’avenir des jeunes me préoccupe. On parle beaucoup de réussite scolaire, mais on parle très peu de décrochage scolaire. Pour moi c’est un enjeu majeur. D’ailleurs chaque année à Saint-Urbain, et on est la seule municipalité à le faire, on convoque des entrepreneurs qui ont des emplois à offrir et on fait venir des jeunes de 4e et 5e secondaire pour leur montrer qu’est-ce qu’ils peuvent retrouver ici à Saint-Urbain et aux alentours pour leur avenir. Cela porte fruit et on le voit».

J’ai eu envie de poser une question que je n’avais pas encore posée à aucun élu: est-ce qu’attirer des touristes incessamment peut causer des problèmes aux résidents, est-ce que cela ne vient-il pas brimer cette fameuse quiétude qui est tant appréciée? «C’est une question de trouver l’équilibre, prenons l’exemple de Petite-Rivière, on le voit avec les maisons de villégiature. Vous savez, quand on fait des développements à outrance et qu’on ne fait pas attention à nos gens, cela peut être problématique. Il faut bien informer les citoyens de ce qui s’en vient et que l’on soit à leur écoute dans ces situations-là. J’aime le tourisme, mais je crois qu’il y a des règles à respecter».

Pouvez-vous me parler de Claudette Simard; la femme? « Et bien moi, j’ai trois filles exceptionnelles qui ont bien réussi leurs vies dont une notaire et deux policières. Mon mari aussi était policier, maintenant retraité. C’est sûr qu’en dehors de ma vie politique, je n’ai pas beaucoup de temps pour faire autre chose. Je suis une femme de famille et j’ai un beau cercle d’amis. J’aime m’entourer de gens que j’aime et qui me font du bien. Le matin j’ai besoin de me dire «bon, qu’est-ce qui va m’arriver de bon aujourd’hui». Il y a tellement de choses tristes qui arrivent, je veux du bien dans ma vie. Et pour moi, c’est voir mes filles heureuses et les voir faire ce qu’elles aiment. Des fois je parle avec mon chum avec qui je suis mariée depuis 45 ans et on se dit « On a bien réussi notre vie». D’ailleurs, il est en partie le pourquoi j’ai bien réussi ma vie; j’ai toujours été appuyée par mon conjoint. Il m’a toujours dit: «vas-y, fais ce que tu veux». Je ne sais pas ce que je peux souhaiter de plus sinon que ma municipalité soit bien et qu’on continu à avoir cette qualité de vie».

Vous quitterez la politique dans deux ans et je suis convaincu que vous manquerez à vos collègues et concitoyens. Vous me semblez être une femme solide avec une noble vision de ce qui vous entoure et de ce que vous chérissez. Parler avec vous m’a allumé plusieurs lumières sur ma propre vie. Je suis content que l’on ait pu aborder le sujet de conversation dont il n’est pas question dans cet article. Vous m’avez répondu en tant que femme et citoyenne et non pas comme une politicienne; j’ai apprécié votre transparence et votre honnêteté.

Encore une fois, il devrait y avoir plus de femmes en politique (et sûrement dans bien d’autres domaines 😉 )

 

Texte et photos: Jean Berg