mon Saint-Hilarion Personnalité du jour

Une Charlevoisienne dans les Forces

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Brigitte Audet, 64 ans, est native du cinquième rang de Saint-Hilarion au sein d’une famille de huit enfants. Sa mère est Laurence Chouinard et son père Uldéric Audet. Elle ne fait pas de très longues études et se retrouve jeune à travailler dans des restaurants de Baie-Saint-Paul comme serveuse. Elle cherche un moyen de se bâtir une carrière et les Forces Armées lui semblent un choix intéressant où elle pourrait poursuivre ses études et acquérir un métier. À sa première tentative, son père s’oppose à son projet pensant que dans l’armée les femmes jouent un rôle de second plan. Plus tard, il reconnaîtra son erreur et sera fier de sa fille. Brigitte retourne en recrutement trois mois plus tard et elle s’enrôle à vingt-deux ans.

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Comme tout le monde, elle prend le chemin de Saint-Jean sur Richelieu dans un contingent de 40 femmes et 50 hommes. Elle part un dimanche soir en autobus vers cette destination dont elle n’a aucune idée. Elle qualifie ces onze semaines de véritable enfer à une époque où les droits de la personne et les chartes de droits et libertés n’étaient pas existantes. Les aspirants militaires devaient passer par cette étape destinée à évaluer leur caractère et leur résilience. Brigitte réussit sa formation.

Elle poursuit sa formation en anglais à Saint-Jean et elle exercera le métier de technicienne en approvisionnement qu’elle apprendra à Borden en Ontario. Elle aurait aussi voulu être chauffeur, mais sa vision ne lui permettait pas. Elle est dès lors basée à la base de Longue Pointe dans l’est de Montréal. Elle y rencontre son futur époux, également militaire originaire de Sainte-Anne des Beaupré. Elle l’appelle alors ”son p’tit miracle”. Lors d’une changement d’affectation de ce dernier, ils se marient au Palais de Justice de Montréal pour pouvoir être mutés ensemble. C’est à cette époque que Brigitte Audet connaît des ennuis de santé et qu’elle perd un rein. Après quatre ans à Bagotville, ils sont transférés à Borden. Elle suit son mari malgré beaucoup de réticence, son anglais n’étant pas à son maximum. Après deux ans, elle se sépare et demande immédiatement un transfert à son gérant de carrière. Son ancien patron de Bagotville lui avait dit qu’il la reprendrait immédiatement si elle voulait revenir et c’est ce qui se produit. Elle devient spécialiste en approvisionnement de l’aviation et fait de nombreux voyages. Elle se rend en Allemagne, au Danmark, en Turquie, en Caroline du Sud, à Goose Bay, à Edmonton, Cold Lake (Alberta) et Greenwood (Nouvelle-Écosse). Elle accompagne des chargements qui valent souvent un million de dollars au bas mot. Car chaque avion doit apporter ses pièces de rechange en cas de pépins. Elle est choquée par la Turquie parce que les femmes sont au champ pendant que les hommes boivent du thé.

Elle est maintenant Caporal Chef avec 14 ou 15 employés sous ses ordres. Elle termine sa carrière militaire à cinquante-six ans. Dans l’intervalle, elle est passée de l’armée régulière à la réserve, mais elle mentionne que c’est un simple changement d’uniforme.

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Elle revient dans son Saint-Hilarion natal, mais la maladie commence à l’affecter. Elle déménage à Baie-Saint-Paul, car elle doit recevoir des transfusion de sang chaque semaine. Il va sans dire qu’elle n’est pas Témoins de Jéhova. Il lui reste encore trois frères et trois soeurs. Elle conduit toujours son véhicule et habite aux Bâtisseurs. Elle est fière de sa carrière militaire comme pionnière chez les femmes au sein des forces armées.

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