mon Saint-Hilarion Personnalité du jour

Micheline Tremblay, bénévole en série

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Micheline Tremblay voit le jour à Saint-Hilarion, fille de Christian Tremblay et Maria Pilote, ils sont 3 garçons et 2 filles. Comme tous les enfants, elle fait son primaire à l’école Marie-Reine de Saint-Hilarion et le secondaire à Baie-Saint-Paul. Ses parents ont tenu une fromagerie, une beurrerie et finalement une boulangerie. Elle fait une formation de commis comptable à La Malbaie qui lui permettra d’occuper les deux emplois parallèles à l’école Marie Reine pendant 39 ans et comme secrétaire des Loisirs de Saint-Hilarion pendant 28 ans. C’est à ce titre qu’elle sera très active et l’initiatrice d’un grand nombre d’activités dans sa municipalité la plupart du temps comme bénévole.

Elle est mariée à Claude Dubuc depuis 35 ans, ce dernier a été plusieurs années agent de sécurité au Casino de Charlevoix.

La série organisatrice de Micheline Tremblay débute dans les années, cela se double par la volonté de faire reconnaître le statut de la femme dans la société. À l’école, la liste des élèves tenue par Micheline ne comprend que le nom du père. Pourtant, c’est avec la mère que les contacts doivent être établis. Elle décide d’y ajouter le nom des mères, malheureusement elle se fait rabrouer par son directeur. L’excuse de ce dernier, la feuille 8 X 14 est trop longue pour ses dossiers. “Il aurait pu couper sa feuille”, mais elle a alors corrigé la grandeur de la feuille par une 8.5 x 11, ce qui fut accepté par son directeur. La société n’est pas encore prête. Devant cette situation, Micheline fonde l’AFEAS (Association féminine d’éducation et d’action sociale) de Saint-Hilarion, un premier pas vers l’émancipation de la femme villageoise et rurale. Même si son choix n’a pas été le Cercle des Fermières, elle s’intéresse avec passion au tissage et elle initie des cours de tissage. Les créations seront présentées devant 450 personnes au Carnaval de Saint-Hilarion. Elle suit également des cours universitaires en art à Baie-Saint-Paul. Elle s’implique assidument dans l’organisation du Carnaval annuel, une institution à Saint-Hilarion. Ayant encore un peu de temps, elle prend la relève du mouvement 4H qui avait été fondé par M. Hilarion Bergeron.   Très avant-gardiste, elle y ajoute la récupération du papier et du verre avec la collaboration de la Jeune Chambre et Écologie Sage à Baie-Saint-Paul. Le mouvement s’arrête lorsqu’il devient impossible de récupérer le verre.

La prochaine aventure est celle de la danse traditionnelle avec le folkloriste très connu Jacques Labrecque de Les Éboulements et Jean-Marc Chouinard. Les danses sont exécutées par des enfants. Pendant ce temps, elle démarre des cours de conditionnement physique guidée par Marc Clotuche, d’origine belge et établi à Saint-Hilarion. Cette activité durera 7 ans.

Le Salon des Artisans de Saint-Hilarion qu’elle organisait avec Jean Tremblay est une de ses principales réalisations. C’est l’incontournable du cadeau de Noël charlevoisien. Pendant 7 ans, la fréquentation est très bonne, Micheline se retire et les années subséquentes la formule s’essouffle et finalement le salon cesse ses présentations. La période ou cela a duré a contribué à confirmer Saint-Hilarion comme le centre de Charlevoix, accessible autant par les gens de l’est comme de l’ouest. En ce temps de Noël, les barrières de la clôture sont ouvertes pour laisser passer tous le Charlevoisiens.

En 1995, c’est la présentation de l’exposition Olivar Asselin (journaliste pionnier originaire de Saint-Hilarion) prêtée par la Bibliothèque Nationale du Québec. Installée dans la salle des Loisirs, elle doit la démonter et la remonter chaque semaine en raison des mariages qui se tiennent dans la salle.  Cet événement donne lieu à un concours de journalisme pour les jeunes du secondaire. Elle devient responsable de la Bibliothèque municipale en 2010, poste qu’elle occupe encore aujourd’hui avec affiliation avec le réseau Biblio qui la tient bien occupée. En 2000, elle fonde les sentiers de ski de fond et de raquette dans les champs et les forêts hilarionniens. Cette activité se perpétue toujours avec un bon achalandage. On peut y admirer une magnifique vue sur le Mont Grand Fondé. La veille de la mise en arrêt pandémique, on y avait tenu une randonnée aux flambeaux. En 2008 et 2009, elle met en place le hockey et le soccer pour les élèves du primaire. À l’époque en 1997, il y a 147 enfants à l’école Marie-Reine, ils ne sont plus que 70, c’est plus difficile d’organiser des sports d’équipe.

Micheline a trouvé le temps de voyager en Europe, à Washington et à New York. Dans les années 70 en compagnie de deux amis, elle se retrouve en plein coeur de Harlem qui n’est pas très accueillant à cette époque. Il y a un carnaval où tout le monde est habillé en blanc. Micheline a le coeur à la fête jusqu’au moment ou 2 personnes viennent leur demander de l’argent. Le trio s’exécute et quitte la zone sain et sauf.

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L’implication de Micheline se poursuit de 2007 à 2012 avec des ateliers de TaiChi avec Jean Houle et Chantal Dupuis, des nouveaux arrivants Hilarionniens. Des gens d’autres localités de Charlevoix sont des assidus de ces ateliers. La mode évoluant, en 2012 c’est le zumba qui prend la place.

Micheline Tremblay émet un souhait en conclusion, elle aimerait beaucoup que les élèves du collégial lisent ”Cet été qui chantait” de Gabrielle Roy qu’elle trouve très adapté à ce que nous sommes et ce que nous pouvons devenir. Qui sait, peut-être Nadia Murray, professeur de littérature, lira cet article et sera touchée par la suggestion.

Avec tout ce qu’elle a fait, on pourrait penser que Micheline Tremblay se repose sur les lauriers, pas du tout, elle continue d’être active et dédiée à son village et à ses gens. Ce sont des gens comme elle dans nos municipalités qui nous gardent vivants et dynamiques. Et dans chaque village de Charlevoix, il y a une ou des personnes comme Micheline. Ce sont des trésors régionaux dont on ne peut pas se passer.