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Stoppé en plein vol, la vie continue pour Robert Guay

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Robert Guay est un Malbéen pure laine. Fils d’Antonio Guay, mécanicien et garagiste, et d’Angelina Boies une soeur du bien connu Abbé Joseph Boies. C’est une famille de 4 filles et d’un seul garçon dont est issu notre personnalité Robert Guay. Ses soeurs se nomment Ruth (psychologue), Johanne, Hélène et Carole. Il y avait un autre garçon qui est décédé dans un accident à 6 ans avant la naissance de Robert.

Son père tient des garages à différents endroits à La Malbaie, sur la rue Fraser, dans le sud-ouest et bien connu garage Esso sur la rue Saint-Étienne près de la Pizzéria du Poste. Très jeune Robert est au travail dans l’entreprise familiale en livrant de l’essence ou en ”tankant” les automobiles. La famille habite la maison familiale acquise en 1944 sur la rue Laure Conan. Elle est toujours la propriété de Carole.

Robert l’entrepreneur

Il se souvient de ces années d’école où il y avait une classe dans l’ancien hôtel de ville. Il a aussi fréquenté ”Le Poulailler”, édifice en forme de roulotte précurseur de la Polyvalente du Plateau. Après son secondaire, il rejoint les affaires familiales et il est toujours un entrepreneur aujourd’hui presque 50 ans plus tard. Sa soeur Carole travaille en audiovisuel à l’école secondaire et Robert décèle une opportunité d’affaires dans le domaine de l’électronique. C’est ainsi que le vendredi 18 octobre 1985 naît “Électronique Plus” situé à côté du garage familial. On y vend des radios d’auto, des systèmes de son, des télévisions, des vidéos et autres équipements électroniques. Le commerce change de nom au fil des années, il devien”Selectronic” puis “Stéreo Plus”. Son épouse s’appelle Odette Bergeron et ils ont une fille Marie-Éve qui a travaillé avec son père de nombreuses années. Malheureusement Odette décède d’un cancer en 2015 après un long combat. Robert remercie sa fille pour le soutien qu’ils se sont donnés pour passer au travers de ce deuil.

Passionné d’aviation

Robert a toujours eu une passion pour l’aviation. Parfois le pilote Luc Lachance, décédé dans un écrasement à Saint-Irénée en 1994, l’appelait pour qu’ils se joignent à lui sur certains vols sur les ailes de Air Charlevoix. Ces expériences encouragent Robert à suivre son cours de pilote. Il se dirige vers La Baie (Bagotville) et malgré des longs délais, il finit par pouvoir voler en solo. C’est Serge Bouchard, employé de l’aéroport et excellent pilote aujourd’hui décédé, qui encourage Robert à poursuivre son rêve. Il achète son premier avion en 2007, un ZENAIR CH-300. Pour pouvoir voler avec d’autres personnes, il doit faire l’examen final de Transports Canada, ce qu’il réussit finalement. Et il commence à voler, presque sans arrêt. Avant de travailler le matin, il peut aller déjeuner à Rimouski ou au Saguenay. Il visite tous les aéroports à la ronde. Dans la même journée, avec Serge Bouchard, il se rend à l’Île du Prince Édouard et atterri sur une piste désaffectée couverte de goélands.

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Il survit à l’écrasement de son avion

Puis il fait l’acquisition d’un autre avion pour aller plus vite et plus loin, c’est un VANS-RV9A.  Puis un jour, il part de Saint-Honoré au Saguenay Lac-Saint-Jean avec le ZENAIR. Peu après le décollage, un pièce de ”l’Exaust” se détache et l’essence s’évapore avant d’arriver au carburateur. Il y a de la fumée dans le cockpit, Robert avise la tour de contrôle qu’il fait demi-tour pensant pouvoir retourner à l’aéroport parce que son moteur tourne toujours. Mais le moteur s’arrête, il est à 800 pieds d’altitude. L’écrasement est inévitable. Robert entame les procédures de préparation d’écrasement apprise dans sa formation. Il ne panique pas du tout, sa seule crainte est de tuer ou blesser des gens au sol et il pense à sa femme qui est déjà malade à ce moment. Et il  frappe le sol, d’abord quelques arbres, car par miracle il tombe dans une petite section où il n’y a pas de maison. Il ne perd pas du tout connaissance, mais il ne sent plus ses mains et ses bras, il se dit qu’il aurait préféré mourir que d’être paralysé. Très rapidement, 3 personnes arrivent à son secours et il est dirigé vers l’hôpital. Il devra subir une opération à la colonne et on lui installe des tiges à 5 lombaires. Il souffre encore aujourd’hui et la douleur affecte son sommeil, mais il doit vivre avec cet inconvénient. C’est déjà un miracle qu’il soit encore vivant.

Quelques mois plus tard, il retourne à Saint-Honoré récupéré son VANS qui est resté là. Il est un peu anxieux quant à sa réaction de reprendre les commandes. Il insiste pour reprendre la même piste d’où il a décollé avant de s’écraser. Une fois dans le cockpit il se sent très à l’aide et en contrôle. C’est confirmé il pourra piloter de nouveau en toute confiance. Les probabilités qu’un autre accident du genre arrivent sont très minces.

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Aujourd’hui, Robert pilote toujours, il opère une boutique Bell à La Maladie et il faisait la navette entre le Québec et la Floride. Malheureusement la COVID a ralenti ses activités. Il n’a pas encore volé en 2020 et les voyages en Floride sont sur pause.

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Beaucoup de gens l’appellent Bobby et il est toujours prêt à dire sa phrase préférée ”De que cè ?”