mon La Malbaie Personnalité du jour

Noreddine Kassimi, citoyen de La Malbaie

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Le Maroc est un beau et grand pays que j’ai visité plusieurs fois. Je m’y suis fait des amis et des connaissances que je continue à côtoyer depuis 15 ans. Les Marocains et les Marocaines sont en immense majorité des gens chaleureux et sympathiques avec qui il est facile de se lier. Je crois qu’ils aiment aussi beaucoup les Canadiens et les Québécois qui ne sont pas identifiés comme des colonisateurs. Cependant ça ne veut pas dire que les Français sont mal accueillis au Maroc. Mais ils font presque partie du paysage, notamment dans les villes touristiques comme Agadir et Marrakech.

Norredine fait partie de ce peuple qu’on appelle les Amazighs, qui ne sont pas arabes d’origine, et qu’on retrouve dans tous les pays du Maghreb. Ses deux parents Abedelah et Fatima sont tous deux issus de ce peuple reconnu par l’État marocain. Ils en parlent couramment la langue. Nourredine comprend la langue le tamazight et la parle un peu, mais comme tout l’enseignement se donne en arabe, cela devient la langue quotidienne comme le français qui est encore couramment parlé.

Il voit le jour dans la ville de Goulmima, au coeur d’une oasis aux 100 000 palmiers du Moyen Atlas, les montagnes de l’arrière-pays marocain. On trouve de tout, de l’eau par une rivière, de l’agriculture et aussi de la neige. Son père travaille en France à un certain moment puis il rentre au Maroc pour devenir commerçant d’objets liés aux différentes fêtes religieuses. Norredine a un petit frère Morad, qui habite aujourd’hui à Baie-Saint-Paul.

La famille déménage à Azrou, une ville plus grande de 82 000 habitants près de la ville impériale de Fès. On peut y trouver des macaques de Barbarie en liberté. Notre personnalité y fait ses études primaires et secondaires. Il joue au basket-ball dans une équipe qui participe à des compétitions. Il commence jeune à faire des petits boulots par gagner un peu de dirhams.

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Il entre à l’Université de Fès en droit, il y reste 2 ans, mais les études sont coûteuses et il a de la difficulté à avoir les fonds nécessaires. Il se tourne donc vers l’hôtellerie et la restauration à l’Institut d’hôtellerie. Les programmes d’hôtellerie au Maroc, comme en France, sont différents des nôtres. Les étudiants voient toutes les fonctions de travail d’un établissement touristique. Ce n’est qu’en deuxième année qu’il touche à la cuisine. Cela lui permet de faire des stages payés dans plusieurs grands hôtels comme le Sangho à Marrakech et le Beach Club à Agadir. Il travaille aussi chez un traiteur qui fait des repas en entreprise. Il travaille aussi beaucoup en service aux tables. À Kenitra, il est affecté à la cafétéria de l’université. Il habite sur le campus et apprécie l’atmosphère de travail. Il fait la même chose à Ifrane et Marrakech.

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Il a un collègue qui vient de Casablanca, et un jour, il le visite dans la plus grande ville du Maroc. Il fait la connaissance d’une jolie voisine qui deviendra sa femme. Ils se marient un peu plus tard à Casablanca dans un mariage tranquille selon les critères marocains, mais qui se termine quand même à 7 heures du matin.

Son frère a suivi le même chemin que lui 2 ans plus tard à l’Institut hôtelier et il se trouve un emploi au Restaurant Mike’s de Baie-Saint-Paul. De fil en aiguille, Norredine s’intéresse presque par hasard à un travail au Canada. C’est le Mikes de La Malbaie qui lui offrira un travail. Après un an de démarches, il débarque avec son épouse en août dernier en pleine pandémie. Depuis ce temps, il découvre son nouveau chez soi. Il participe aux activités organisées par le SANA et il trouve La Malbaie très belle. Malheureusement, il ne travaille pas à l’heure actuelle à cause de la fermeture des restaurants et sa femme a un emploi d’une vingtaine d’heures au McDonald, c’est bien peu pour survivre dans un nouveau pays. Les Marocains sont résilients et débrouillards et ce sont de formidables commerçants, espérons que ces nouveaux arrivants sauront trouver une mesure qui va les aider à traverser cette période difficile.

En attendant, comme il est habitué à la neige, Norredine n’a pas trop froid et il est encore à prendre connaissance de nos us et coutumes. Il se dit croyant en islam et pratiquant. Il aimerait avoir un lieu pour prier, mais il se débrouille quand même pour faire ses prières. La religion rythme toute la vie des gens au Maroc et ailleurs. En région, c’est une adaptation à faire pour les musulmans. Et c’est aussi une adaptation de comprendre et de respecter la foi des autres, comme nous devons le faire pour nos propres concitoyens qui sont toujours pratiquants dans la foi catholique. En région, c’est un défi collectif.