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Myriam Phiro de La Malbaie à Manhattan sur un air de jazz

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Myriam Philion Roberge est arrivée à La Malbaie à l’âge de 12 ans. Sa mère Louise Philion partait du Château Frontenac pour prendre le poste de directrice des ressources humaines du Manoir Richelieu. Jeune fille extrêmement timide elle arrive dans un nouveau milieu et une nouvelle école secondaire où elle ne connaît personne. Dans les années précédentes, elle avait déjà commencé à explorer sa fibre artistique en prenant des leçons de piano classique. À la Polyvalente du Plateau, elle rencontre sur son chemin, l’enseignant de musique Clément Rondeau qui l’initie au chant choral. Pour sa part, Monique Brassard lui a fait connaître le théâtre. Ce fut une véritable révélation pour Myriam qui put sortir de sa coquille en utilisant l’expression artistique. Elle tient à remercier profondément ses enseignants et enseignantes de la polyvalente car sans eux elle n’aurait pas eu le cheminement qui l’a conduit sur la scène internationale. Elle s’est aussi adonnée au volley-ball avec ses amies mais de son propre aveu elle n’était pas à son meilleur.

À la fin de son secondaire, elle put avoir un aperçu de son futur lors d’un voyage scolaire à New York. D’ailleurs il circule une histoire à l’époque de quelques jeunes Charlevoisiennes perdues en soirée à New York sans moyens de rejoindre leur groupe qui logeait dans le New Jersey. Heureusement cela s’est bien terminé.

Après son secondaire, elle a étudié au CECC en sciences humaines et elle a participé à Cegep en spectacle à deux reprises. Une fois en quatuor basse-alto-ténor-soprano et la seconde fois dans un numéro de théâtre et poésie. Son chemin était dès lors tracé et sa mère savait déjà dans sa petite enfance qu’elle avait une artiste dans la famille.

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S’en est suivi 3 ans de va-et-vient entre l’Europe et le Québec au gré des occasions artistiques et des communautés de créateurs. Elle a particulièrement travaillé en Irlande où elle fut sélectionnée dans un projet de théâtre ou une tournée l’a amené entre autres au Festival d’Edimbourg en Écosse. Pendant ce temps, elle perfectionnait son anglais, entre autres, en suivant des cours de diction. Elle a aussi fait des bouts de chemin à Londres et en France où elle devait faire les vendanges mais s’est contentée de boire un peu de vin, trop occupée à découvrir la fébrilité des communautés artistiques européennes.

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Ses premiers contacts avec le jazz se sont faits par le biais de la danse swing qu’elle a commencé à pratiquer. Elle a même fait de la compétition dans cette discipline musicale.

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Il était maintenant temps qu’elle intègre une école d’art de la scène pour lui permettre de bâtir sa carrière sur des bases solides. Elle a fait des auditions à Paris, Londres, Montréal et New York. Elle a accepté à plus d’un endroit mais son choix s’est porté sur The American musical and dramatic Academy situé en plein coeur de Manhattan sur la 61e rue à deux pas du Julliard School, une des écoles artistiques les plus renommées des États-Unis. L’école où étudiait Myriam forme la plupart des grandes vedettes des comédies musicales de Broadway et d’ailleurs. Dans la cohorte ils étaient 275 académiciens triés sur le volet. Comme elle a dû subir une opération au genou, au bout de 2 ans et demie elle obtenait son diplôme. Et la valse des auditions commençait.

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Pendant un certain temps, elle a joué au théâtre et a fait plusieurs tournées et aussi du théâtre musical. Mais ça demeurait parfois difficile et instable. Elle a alors décidé de se lancer et de prendre avantage de sa francophonie pour monter des spectacles jazz intégrant de la chanson française et de proposer cette création dans différents lieux allant du restaurant, au club de jazz, dans des congrès ou des salles de spectacle. Cette proposition l’a amené à Los Angeles, Chicago, Montréal, Philadelphie en plus d’une tournée en Europe. Voici ce qu’on dit sur son site web:

MYRIAM PHIRO is an internationally-recognized French-Canadian actress, jazz singer, dancer and cabaret chanteuse who has performed on stages and in theaters worldwide. Her performing endeavors brought her to collaborate and share the stage with renowned artists such as Harry Connick Jr, Janis Siegel, Nicki Parrott, Marilyn Maye, Frank Vignola and Vince Giordano.

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Des spectacles comme Phiro chante Piaf et Phirocious swing orchestra ont fait le bonheur des francophiles américains, qui sont nombreux et des amateurs de jazz. Même si elle continue d’être basée à Manhattan depuis 10 ans, elle a toujours sa nationalité canadienne et a un agent à Montréal où elle adore toujours y revenir. Je suis certain qu’elle garde Charlevoix dans son coeur et a beaucoup de gratitude pour les années passées ici qui ont participé à façonner l’artiste internationale qu’elle est aujourd’hui.

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La petite fille gênée de La Malbaie a bien grandie mais elle demeure d’une simplicité et d’un naturel presque désarmant. La dernière année de COVID a été une horreur selon ses dires comme pour la grande majorité des artistes au Canada comme aux États-Unis. Elle a les pieds dans les blocs pour redémarrer une carrière menée avec beaucoup de détermination et de vision.

https://youtu.be/7y9hIjH_7do

Si vous passez par New York après la pandémie, consultez le site de Myriam Phiro (Phillion Roberge) pour voir si vous pouvez aller la saluer, je suis convaincu qu’elle serait contente de jaser avec des Charlevoisiens.

https://myriamphiro.com/