mon La Malbaie Personnalité du jour

Marc Dufour un grand sage en devenir

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Plusieurs personnes de Charlevoix vous diront sans hésiter que la meilleure pizza et la plus constante depuis 35 ans est celle de la Pizzéria du Poste à La Malbaie. Elle est unique avec un goût bien à elle et reconnaissable, juteuse en bouche et un dosage de sel juste comme il faut. Pour Marc Dufour, le copropriétaire du restaurant avec sa soeur Réjeanne, il n’y a pas de secret, il y a plusieurs secrets. Une pâte entièrement faite à la main, une sauce maison et des ingrédients de qualité. À l’ouverture le restaurant était situé 100 mètres à l’ouest de sa localisation actuelle dans un local pas du tout fait pour ça. Parti sur le coin d’une table par François, le frère de Marc qui avait du flair, ils sont restés là 7 ans avant d’acheter le bâtiment de l’ancienne imprimerie Bouchard. Marc et Réjeanne ont pris les rênes du restaurant 6 mois après son ouverture. Si vous vous demandez pourquoi ça s’appelle Pizzéria du Poste, c’est qu’à l’époque le restaurant était situé entre deux postes de police. Ils ont parfois pensé changer de nom par la suite, mais ils ne l’ont jamais fait ne voyant pas vraiment les avantages.

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Marc Dufour n’était pas nécessairement destiné à devenir restaurateur. Il est né à Cap-à-l’Aigle sur la ferme familiale de Noël Dufour. Juste à côté de la famille d’Adolphe Dufour, ce qui fait au total 15 enfants dans les environs. Certains aidaient aux travaux des champs et de la ferme, mais ils avaient aussi beaucoup de plaisir en jouant de tous les jeux possibles d’enfants qui jouaient toujours dehors. La balle-molle était un sport populaire à Cap-à-l’Aigle, le drapeau aussi. Le volley-ball a été un sport de prédilection pour Marc qui a beaucoup joué avec la gang de Cap-à-l’Aigle, 3 gars, 3 filles par équipe. D’excellents joueurs procuraient un très bon calibre à ces équipes, formées de copains et de copines. Des tournois s’organisaient spontanément et ils pratiquaient le sport sur une base régulière.

Côté travail, il a fait un cours de service aux tables à La Malbaie et a travaillé un an et demi à l’Auberge des Sources, un genre d’initiation au monde la restauration. Il était aussi au casse-croûte de la bâtisse des Loisirs de Cap-à-l’Aigle lors des légendaires tournois de hockey-mousse où il y avait des partys comme on en voit plus aujourd’hui. Sans fausse modestie, il a touché l’aide sociale et fait beaucoup de bénévolat, car avoir un emploi dans la jeune vingtaine à cette époque était vraiment un privilège.

Il  s’est retrouvé au Cégep Limoilou, après son secondaire où il s’intéressait plus particulièrement à la philosophie. Il était distrait, car un de ses frères connaissait d’assez grandes difficultés et cela l’inquiétait beaucoup surtout pour sa mère qui devait gérer la situation. Il est donc rentré à Cap-à-l’Aigle après une session à l’université. Mais une chose très importante est entrée dans sa vie à ce moment-là et ce fut la musique. Il a pris des cours de guitare à Sherbrooke et il était si absorbé qu’il pouvait pratiquer 10 heures par jour. Ce n’était que la première étape dans le développement de sa passion. À la même époque, il a rencontré Linda sa conjointe et la guitare a pris le bord de l’étui pendant 10 ans pour se consacrer à sa famille (il a eu 2 enfants) et à son entreprise qui avait débuté ses opérations en 1985.

C’est Linda qui a ramené Marc à la musique. Elle voulait un piano et tant qu’à faire pourquoi pas suivre des cours pour être capable d’en jouer. Pendant 5 ans, chaque semaine Marc s’est assis avec madame Nicole Rochefort pour apprivoiser l’instrument. Assez qu’il a décidé de se joindre à un groupe de musique et c’est une petite annonce passée par Sylvain Néron (Mother), Denis Potvin, Jasmin Bergeron et Stéphane Tremblay qui cherchait un claviériste, qui l’a propulsé dans les fêtes populaires charlevoisiennes à jouer les succès du hit-parade. Marc était toujours en exploration.  Après la guitare et les claviers, voilà qu’il voulait apprendre à jouer la base électrique pour jouer sans partition. Il a changé de registre pour aller vers le jazz avec Claude Turcotte à la trompette, André Boies et Jean Tremblay à la flûte. Ce projet a duré une année.  Marc a continué en saison estivale avec Claude Turcotte pour jouer à l’extérieur dans des événements sociaux. Il est à noter que la base de Marc avait 5 cordes ce qui n’est pas nécessairement courant pour cet instrument. Est-ce pour cela qu’il s’est mis au saxophone ? Probablement pas. Il est devenu assez bon sur ce nouvel instrument, mais il trouvait ça trop bruyant à son oreille. Il a alors décidé d’explorer un autre médium artistique. Pendant un an, il s’est mis à la peinture, mais il dit que le résultat fut non concluant, la musique était toujours son intérêt premier. Et là, il est allé pour du costaud, il s’est acheté un instrument assez cher et particulier, un violoncelle.  Il s’est formé en ligne pour cet instrument massif et riche en sonorité. Il s’est aussi mis à la musique classique qu’il a continué de pratiquer jusqu’à la pandémie avec Michel Grenier et Jean Tremblay (97 ans).

Marc se définit davantage par la musique que par son métier de restaurateur qu’il apprécie par ailleurs, car il a toujours amélioré la Pizzéria du Poste. On peut dire qu’il est guitariste, pianiste, bassiste, saxophoniste et violoncelliste. Il est aussi parfois chansonnier avec Daniel Potvin.

C’est aussi un amateur de golf, il a beaucoup joué avec son fils Maxim. Il s’agit pour lui d’une détente et d’une façon de prendre l’air en été. Marc a aussi une approche spirituelle de la vie. Pendant plus de 30 ans, il s’est inspiré du mode de vie des 12 étapes non pas que lui-même ait eu un problème de consommation, mais simplement parce que cette philosophie peut s’appliquer à toute personne qui veut des outils pour faire face aux aléas de la vie. À 40 ans, à la suite d’une vidéo prêtée par sa cousine Odette, il s’est mis au yoga et il y est allé à fond jusqu’à suivre des stages de fin de semaine aussi loin que Sherbrooke.

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Marc est un être aux multiples facettes, un vrai passionné, mais pas un énervé. Il équilibre très bien les différents aspects de sa vie, le mental (golf), le physique (yoga) et le spirituel (yoga, 12 étapes) et il est présent pour sa famille. Les employés de son restaurant sont aussi sa famille. En allant voir Marc, je pensais parler pizza, mais je me suis vraiment trompé je me suis retrouvé devant un grand sage en devenir.