mon La Malbaie mon Village Paroles d'Harvey

LES JEUX SONT FAITS. Bon 25è anniversaire pour le Casino

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Juste un mot pour revenir sur mon dernier article, plusieurs  personnes m’ont félicité ou remercié au point ou j’en ai été surpris. Si j’ai pu aider quelqu’un, j’en suis très heureux.

 

Dans un mois, le Casino aura 25 ans. En 1994, je fus le premier employé engagé comme directeur général adjoint, mon numéro d’employé était le #1.  Je vous raconte une anecdote; lorsqu’on  m’offre l’emploi, je ne dis pas oui tout de suite car je n’étais pas sûr que ça correspondait à mes valeurs. Je décide en plein dimanche d’aller voir mon psychologue, Mire-O pour ceux qui l’ont connu. J’arrive chez lui à Cap-l’aigle et c’est Lise, son épouse qui me répond. Je demande à voir Mire-O, elle me dit: “il n’est pas ici, il est parti à. …….Las Vegas”.

J’ai considéré que j’avais ma réponse. Le printemps 1994 sera consacré à préparer l’ouverture du Casino pour le 24 juin. Une gang de jeunes n’ayant pas beaucoup de connaissances du monde des casinos se donnent à fond dans une formation donnée par des gens du Casino de Montréal ouvert depuis quelques mois seulement. Les premiers mois d’exploitation sont un peu décourageants surtout aux tables de jeux. Lentement mais sûrement l’achalandage augmente dans un casino plus petit qu’aujourd’hui. 7000 clients se présentent aux portes certaines fins de semaine.

Quelques anecdotes à La Malbaie, un soir 3 ou 4 Hell’s Angels de Sherbrooke débarquent en pleine guerre des motards. Ils jouent un peu aux machines à sous et repartent aussi vite qu’ils sont venus. Une autre fois, Frank Cotroni prend un verre au bar bien tranquillement, il est considéré comme un monsieur par les policiers. Comme les casinos sont un endroit de tentation, il est arrivé que des employés veuillent se remplir les poches en développant des trucs audacieux et en finissant par se faire attraper.

Pour ma part, je suis transféré à Montréal comme directeur du service à la clientèle où l’action du Casino de Charlevoix est multipliée par 10. Par exemple, un monsieur décédé aujourd’hui jouait à la machine à sous à 500$ toute la journée.  Une journée, un employé en profite pour se remplir les poches en lui changeant ses jetons de 500$. Son train de vie éveille l’intérêt de la sécurité qui déjoue son stratagème. Des prêteurs usuraires connus étaient à l’œuvre dans le Casino. On a trouvé une balle d’arme de poing dans le salon VIP. Il y a aussi de belles choses,  ainsi une dame VIP Juive originaire de Casablanca qui m’envoie des cartes de Noël.

À deux reprises, je paie des gratuités à des gros clients comme un Château Pétrus 1972 (1400$) ou du cognac Louis XIII à 140$ l’once. Faut dire que ces clients jouent 1000$ aux 5 minutes.

Revenons dans Charlevoix, le Casino est un tel succès qu’il faut l’agrandir, à ma grande peine on choisit de sacrifier l’ancienne piscine du Manoir; dommage. Je quitte le Casino pour le cégep en 1999. Quand j’y vais aujourd’hui, je vois que les choses ont changé, pas toujours à mon goût en tant que partisan des casinos à l’ancienne. J’aime pas les nouvelles machines électroniques, j’aime pas que l’alcool soit servi sur les aires de jeux, mais j’aime le Saint-Hubert.

Même si je ne reconnais plus beaucoup de monde, le Casino est encore chaud à mon cœur, je suis heureux de voir tous ces jeunes et moins jeunes bien gagner leurs vies et les milliers de touristes venir dans Charlevoix.

Bon 25 ème anniversaire et longue vie.