mon La Malbaie Personnalité du jour

Henri Chaperon professeur, sportif et humoriste

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Même si ce n’est pas un nom de famille courant, les Chaperon sont enracinés à La Malbaie depuis plusieurs générations. Le grand-père d’Henri  (notre personnalité) et sa grand-mère étaient les gardiens de la prison de La Malbaie avant l’arrivée au pouvoir de Maurice Duplessis qui a placé un nouveau gardien appelé Tancrède Simard. Drôle de hasard, c’était le cousin de la mère d’Henri. Toutes ces personnes vivaient dans la Comporté à l’emplacement du Pétro Canada actuel en 1929 lorsque Henri Chaperon est venu au monde. Il y avait des Simard et Antonio Larouche, le père d’André et le grand-père de Marc. Pas besoin de jeux vidéo pour passer le temps, les ribambelles vivaient leurs aventures à l’extérieur au bord de la rivière Malbaie. Il y avait, semble-t-il une grande rivalité entre la Comporté et le village et les jeunes étaient au coeur de ces échafourrés. Henri a une seule soeur, Jocelyne. Elle est née 17 ans après lui, ce qui faisait une bonne différence d’âge entre les deux relèves de la famille Chaperon.

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Malgré une famille peu argentée, Henri a eu la chance de faire deux ans de maternelle payante chez les religieuses pour ensuite poursuite chez les Frères Maristes. Ce fut des années un peu bousculées en raison de l’incendie du collège de La Malbaie. Ainsi, il a fait sa onzième à Rivière Mailloux et sa douzième au 2è étage du chalet des Loisirs. Ne pas oublier qu’il faisait le trajet 2 fois par jour, 5 jours pas semaine à partir de La Comporté.

Son père et son oncle ont tenu pendant 31 ans la mercerie Chaperon et Frères dans les locaux de Joe Couturier. L’été, il allait aider au magasin mais surtout, il a travaillé au mesurage au Ministère des Transports, un emploi qu’il a beaucoup aimé. Il allait à Cap-à-l’Aigle, Sainte-Madeleine et Grand Fonds où il n’y avait pas de routes asphaltées. D’ailleurs, il a développé une habilité particulière, celle de changer les pneus des autos de l’époque avec des tripes à l’intérieur. Sa force lui aidait beaucoup et les ingénieurs juniors du ministère étaient bien contents.

Les talents sportifs se révélaient alors dans le hockey où les frères maristes arrangeaient des équipes avec les jeunes Malbéens. Un jour, sans préparation les Frères lui demandent de garder les buts pour La Malbaie. Mal leur en pris car il arrête toutes les rondelles avec une aisance naturelle. Il avait l’ambition de devenir ingénieur forestier, il est allé faire une treizième année à Chicoutimi pour faire les examens pour être admis à Polytechnique à Montréal. N’étant pas riche, il est allé faire les examens d’entrée à l’Université Laval qu’il a échoué parce que ce n’étaient pas ceux pour lesquels il s’était préparé. S’en est suivi une année sabbatique où il a poursuivi un rêve de jeunesse quand ses oncles menaçaient de jeter son père à l’eau. Il s’était dit que ça ne lui arriverait pas. Le culturisme était donc une voie qui le mettrait à l’abri des méchants.

Finalement, c’est à l’école normale à Québec qu’il est allé pour devenir enseignant. Lorsqu’il est sorti de l’école, le seul poste disponible était à Portneuf-sur-mer sur la haute côte nord. On lui a donné la charge d’une classe réunissant des 7,8 et 9ième année. Toute une entrée dans la profession. Cet emploi le payait 2000$ par année, un salaire respectable au début des années 50. Il est revenu voir la famille à Noël en snowmobile. Le snowmobile public étant plein d’hommes des chantiers il croyait qu’il devrait passer Noël là-bas. Sauf que celui du Nettoyeur Moderne faisait sa tournée et il a pu y avoir une place sur un trajet de deux jours pour arriver à La Malbaie. À l’époque, le traversier était une goélette du capitaine Georges Gagnon qui ne pouvait embarquer que 4 snowmobiles. L’année précédente, un snowmobile était tombé à l’eau avec une femme à l’intérieur.Son épouse Julienne a terminé son cours d’infirmière en 1953 et elle a décroché un emploi à La Malbaie. D’ailleurs, toute une génération a connu Garde Chaperon.

Henri et Julienne

Henri et Julienne

Henri était donc très heureux d’avoir une classe de septième année à La Malbaie et de faire son entrée à la Commission Scolaire. Quelques années plus tard, la réforme a divisé les apprentissages en discipline plutôt qu’en classes. Henri avait toujours le goût d’apprendre et il était toujours un adepte du sport et du culturisme. Il a donc choisi de faire un Bac en éducation physique. Pendant 3 étés, il allait à Ottawa pour suivre les cours de cette discipline, des cours de l’école normale lui étant reconnu. Un de leurs terrains d’apprentissage était au lac petit poisson dans l’Outaouais où j’imagine, la pêche n’était pas miraculeuse. La commission scolaire de Charlesbourg aurait bien aimé l’avoir sous la recommandation de ses professeurs d’Ottawa, mais sa maison, c’est La Malbaie, et sa famille de 4 enfants y a grandi. Michelle, Danielle, Pierre et Alain qui constituaient le noyau familial. D’ailleurs, il a transmis sa fibre artistique à ses enfants puisqu’il a complété un certificat universitaire en théâtre et a monté plusieurs pièces de théâtre avec des aînés de La Malbaie au fil des ans.

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Comme premier enseignant d’éducation physique, Henri s’est constitué une équipe pour couvrir tout Charlevoix. Gaston Lavoie, Jean-Marc Tremblay, Nicole Lefrançois et Réal Tremblay, ce fut le premier contingent de professeurs d’éducation physique dans Charlevoix.

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Les cours se donnaient, entre autres, au sous-sol d’église de Baie-Saint-Paul et de Clermont autant au primaire qu’au secondaire. Les polyvalentes sont arrivées par la suite avec leurs gymnases et toutes les facilités nécessaires. La première année du Plateau, avec les secondaires 5 de Baie-Saint-Paul, il y avait 2300 élèves. Henri a décidé de se porter candidat à un poste de direction qu’il a obtenu. Il s’est aperçu que c’était un emploi difficile parc que les élèves qu’il voyait étaient toujours ceux qui avaient ou qui créaient des problèmes. Au bout d’un an, il est retourné à l’enseignement. Il possédait ses classes en natation, sport qu’il aime encore beaucoup et il a commencé à donner des cours à la piscine municipale au Centre Culturel de La Malbaie.

Il a pris sa retraite en 1984, il y a 37 ans et il a enseigné 34 ans. Il ne s’est jamais ennuyé à la retraite, car le sport et l’entraînement sont demeurés dans sa vie. Il a continué de donner des cours de natation jusqu’à aujourd’hui à 92 ans.

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Il a la fierté d’avoir permis à Rodolphe Lamoureux qui était âgé de plus de 60 ans à l’époque de devenir un maniaque de natation sous l’impulsion d’Henri. Un incident malheureux a failli tourner au drame quand un enfant s’est retrouvé inerte au fond de la piscine. Henri a appliqué ses techniques de secourisme et l’enfant a été réanimé au bout de longues minutes très stressantes. Pour lui qui est très croyant, c’est grâce à Dieu qu’il a pu y arriver.

Il a parcouru les sentiers chez Cabot à la course des centaines de fois. Il s’est entraîné au marathon avec Claude Asselin et Réal Simard. En 2000, il a souffert d’un cancer de la prostate qui a été guéri sans chimiothérapie par la curie thérapie où on injecte des implants radioactifs pour tuer les cellules cancéreuses. En 2005, il s’est fracturé le tibia et le péroné ce qui l’a forcé à une période d’inactivité. Il a voyagé en Amérique avec Jean-Paul Bergeron et leurs épouses en VR. Les États-Unis et des événements au Québec les ramenaient sur la route chaque été. Il a pris l’avion seulement pour aller voir sa fille Michelle à Toronto. Lui et son épouse sont au Bâtisseurs à La Malbaie depuis octobre 2020. Tous ses enfants ont bien réussi et deux d’entre eux sont des romanciers dont Alain dont nous avons fait le portrait sur MonCharlevoix.net.

Henri Chaperon est un véritablement boute-en-train sur Facebook, un véritable humoriste de talent à 92 ans. Il nous entraîne dans des romans d’aventure mettant en scène des gens de La Malbaie ou retrouve des évêques, le Pape, des juges, des avocats et des bandits. Dans le prochain épisode, nous apprendrons que Denis Bilodeau et André Larouche sont rejetés du jury, ce dernier étant trop religieux. C’est vraiment de la joie qu’il nous met au coeur lorsqu’au matin, on voit un nouvel épisode des aventures épiscopales. Il nous rappelle aussi souvent les anniversaires de saints qu’on ne connaît pas ni d’Ève ni d’Adam. Monsieur Chaperon c’est tout un phénomène, un homme de 92 ans qui semble en avoir 12 de moins et un humour incomparable. Il a marqué comme beaucoup d’enseignants, beaucoup de jeunes de la région. Il a fait connaître le culturisme et appris à nager à beaucoup de monde.

Citation d’Henri Chaperon :

Julienne m’a traité de concombre quand elle a vu que j’avais acheté du blé d’inde