mon La Malbaie Personnalité du jour

Joseph Lavoie au delà de la colère

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Joseph Lavoie est natif de La Malbaie, fils de Georges Lavoie et Lucienne Bouchard de Saint-Irénée. Son père est boulanger et ensuite chauffeur de camion et la famille compte 7 enfants, 4 garçons et 3 filles. Un seul est décédé et les parents sont toujours vivants.

Une vie comme les autres

Joseph voit le jour le 12 mais 1965. C’est un beau bébé en pleine forme qui jouit de toutes ses facultés mentales et physiques. Il grandit avec une fermette à la maison avec poules, cochons et autres animaux de ferme pour les besoins de la famille. Ils ne sont pas riche, mais mangent leur trois repas par jour et la vie est belle. Il habite le rang Saint-Charles. Il fait ses études comme tous les jeunes de son âge à La Malbaie. Il fait son professionnel long en menuiserie, mais il n’aime pas le métier. Il se fait donc bûcheron en forêt. Il travaille au Séminaire de Québec, pour la scierie Léo Cauchon et pour Boisaco à Sacré-Coeur, À 23 ans, un drame terrible vient bouleverser sa vie.

Un terrible drame

Il est occupé à son travail derrière une débusqueuse quand un énorme chicot de bouleau tombe directement sur sa tête et son visage. À cause de son casque et de ses écouteurs, il n’entend pas les avertissement de ses collègues de travail. Il est transporté d’urgence à l’hôpital de Chicoutimi le 18 août 1988. On le transfère à Jonquière, mieux équipé pour ce genre de traumatisme, on l’opère d’urgence au niveau du cou, il a les cervicales fracturées. On lui installe 13 vis et on réaligne 3 vertèbres. Cependant le sombre verdict tombe, Il est paralysé du pectoraux aux orteils avec totale absence de sensation. Le médecin croit qu’il a 99,9% des chances de ne jamais remarché. Heureusement, il peut utiliser partiellement ses mains et ses bras. Comme il s’agit d’un accident de travail, il reçoit l’aide de la CSST. Au début, il ne réalise pas ce qui lui arrive et il est persuadé qu’il pourra guérir. À un si jeune âge, on a habituellement toute la vie devant nous avec toutes ses capacités. Joseph devra plutôt aller en réhabilitation pour apprendre à vivre une nouvelle vie avec beaucoup de limitations. Il passe 9 mois au centre François Charron pour réapprendre à poser les gestes du quotidien avec de l’aide. Pendant ce temps, la CSST défraie les coûts de la mise à niveau de la maison de ses parents pour pouvoir accueillir un fauteuil roulant.

Réorganisation

Il bénéficie de l’aide financière de la CSST et il doit organiser lui même ses soins avec l’embauche de ressources privés. À la longue, les personnes qui s’occupent de lui deviennent des amis et ils ont beaucoup de plaisir ensemble.  Sa mère s’est aussi beaucoup occupé de lui. Aujourd’hui octogénaire, elle n’a plus la capacité de continuer. Joseph habite toujours chez ses parents, mais un grand changement se profile dans sa vie puisqu’il sera en appartement autonome à compter de l’été prochain pour la première fois de sa vie.

Joseph traverse une période noire

Ca n’a pas toujours été rose pour Joseph. Il a été longtemps révolté et amer. Il était gêné d’aborder les gens, timide et il faut dire que nous sommes aussi souvent gênés et intimidés d’aborder les personnes handicapées pour on ne sait quelle raison. Les lieux publics et privés de Charlevoix sont très peu adaptés pour les handicapés. Pour calmer cette rage, Joseph tombe dans la boisson et en 2000 il fait une grosse dépression nerveuse. Il refuse de se lever, ne mange plus et perd beaucoup de poids. Il est hospitalisé pendant 3 semaines.

Retour vers la lumière

Commence alors la lente remontée vers la santé mentale. Par chance, il peut conduire une automobile, ça lui permet de se déplacer et d’avoir des activités sociales. Il est même déjà aller à Montréal, aller retour. Il a cessé de boire. En 2002, après avoir refusé longtemps, il devient membre de l’Association des handicapés de Charlevoix. Depuis 4 ans, il en est le président. Il s’est mis à l’informatique et suit présentement des cours au Cégep. Tous les mercredis, les membres de l’association se rencontrent dans l’est et dans l’ouest pour faire des activités. Pour certains handicapés, c’est leur seule sortie de la semaine. Joseph insiste sur les belles valeurs de ces personnes qui ont beaucoup de résilience. Ils doivent accepter leur condition et tenter d’être heureux. Plusieurs y parviennent . Joseph est aussi sur ce chemin.

En terminant, il me demande d’insister sur l’accessibilité aux handicapés, même si ça s’est amélioré, il y a encore beaucoup à faire. Pensons y toujours dans nos rénovations ou aménagements, car ça pourrait être quelqu’un de votre famille.

Si vous passez aux Délicatesse du Pacha à Place Charlevoix, vous avez de bonnes chances d’y croiser Joseph, ne vous gênez pas pour lui piquer une jasette.

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