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Jean-François Dumais, restaurateur en temps troublés

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Le père de Jean-François Dumais, Mario, a fait les beaux jours de l’Auberge sur la Côte à Pointe-au-Pic. Avec son épouse, il a opéré un établissement d’hébergement et restauration dont la table avait bonne réputation. Jean-François est né à Québec et à l’âge de 22 ans il s’est établi dans Charlevoix d’abord à la Roche Pleureuse et ensuite Sur la Côte.

Il avait deux passions, la cuisine et l’électronique. Il était installateur de divers types d’équipement électronique (radio d’autos, systèmes de son, intercom etc.). Il a également fait ses apprentissages en restauration à Québec.

Le night life lui convenait bien en tant que DJ au Bambochard pendant 6 ans sous les administrations de Francesca Jean et Suzy Murray. Il a aussi exercé ses talents au Dagobert à Québec, en Beauce et à Chicoutimi. Il a intégré l’entreprise familiale pendant 4 ans à temps plein et par la suite, en 2011, l’auberge a été vendue. Entre-temps, Jean-François a rencontré Annie Guérin de Saint-Siméon qui est devenue sa conjointe et la mère de ses deux garçons aujourd’hui âgées de 14 et 16 ans.

C’était Sébastien Roy qui était propriétaire de l’Allegro à l’époque et le restaurant était à l’époque situé dans les locaux actuels de l’Hebdo Charlevoisien. Il y eut par la suite un déménagement dans l’ancien hôtel de ville de Pointe-au-Pic désaffecté à la suite des fusions. Jean-François aimait beaucoup le concept de ce restaurant qu’il connaissait pour y avoir installé les équipements électroniques. Il a tenté quelques approches auprès de Sébastien Roy, propriétaire de l’époque sans trop savoir s’il était à vendre. De son côté, Jean-François cherchait un projet à l’année, car l’inactivité n’était pas son genre en tant que TDAH. En 2011, il a fait le grand saut et a apporté plusieurs améliorations au restaurant depuis ce temps. Création d’un lounge au deuxième étage, construction d’une terrasse à l’arrière, agrandissement de la cuisine et une deuxième terrasse à l’avant en 2019 pour un restaurant de 170 places souvent complet.

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En haute saison, plus de 40 employés sont en action à l’Allegro. La recette compte 3 ingrédients : Service-bouffe-ambiance. Par exemple, il y a toujours une musique bien audible dans le restaurant pour créer l’ambiance. Le proprio a voulu se créer un créneau exclusif de restaurant italien de pâtes, pizzas et piazzettas en plus des grillades et des burgers. Le dessert, signature de l’établissement est sa crème glacée maison. Le gâteau au fromage et le jarret d’agneau figurent aussi au pinacle des mets offerts. Les recettes sont à 80 % originales et créées en cuisine. Le chef Francis McNicoll est aux fourneaux depuis plusieurs années et reçoit l’appréciation des clients.

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Malheureusement, il est clair que les restaurants souffrent énormément de la pandémie surtout qu’ils sont fermés injustement dans Charlevoix. Le restaurant doit modifier ses horaires, quand il n’est pas carrément fermé. Cela a des impacts à tous les niveaux. La PCU a fait très mal quant à la disponibilité du personnel. Heureusement, Jean-François mentionne que ses employés sont fidèles et qu’un esprit de famille règne dans le restaurant. Ils ont les uniformes fournis, les repas et touchent des bonus quand les affaires sont bonnes. Ces avantages sont des moyens de garder ses employés dans un domaine où la main-d’œuvre est un enjeu constant.

Est-ce que les deux enfants du couple Jean-François/Annie suivront les traces des parents?  Pour le moment, Simon le plus vieux, veut aller voir autre chose et Jean-François ne l’empêche pas de faire ses expériences et ce sera à lui de choisir. Le plus jeune a 14 ans, il commence à travailler un peu aux fonctions de base comme la plonge ou commis débarrasseur, histoire d’acquérir l’expérience du métier.

La renommée de l’Allegro n’est plus à faire. Les rénovations des 10 dernières années en font un des plus beaux restaurants de Charlevoix comme d’autres de La Malbaie et de Baie-Saint-Paul qui ont apporté une petite touche urbaine tout en restant authentiques. Que réserve l’après COVID? Les restaurants de Charlevoix passeront-ils tous au travers ? Surtout ceux qui ne font pas de mets pour apporter. L’Allegro est prêt à accueillir les locaux et les touristes, mais pour le moment la santé publique ne l’autorise pas même si le nombre de cas est très bas dans Charlevoix. Comme ses collègues, cette situation est frustrante pour Jean-François. Il espère pouvoir retrouver son personnel pour la saison d’été où on peut espérer que la pandémie sera maîtrisée.