mon La Malbaie Paroles d'Harvey

Est-ce la fin des églises paroissiales?

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J’ai rencontré Gaétan Audet de l’équipe d’animation locale liée à l’église de La Malbaie. Cette équipe a comme fonction d’animer la vie spirituelle et religieuse. Je le connais bien puisqu’il était directeur de mon école primaire à Pointe-au-Pic lorsque j’étais enfant. Ça devait être un jeune directeur puisqu’il n’a pas beaucoup changé depuis 50 ans.

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L’automne dernier, j’avais déjà assisté à une rencontre concernant toutes les églises de la paroisse Saint-Laurent, c’est-à-dire toutes les églises de Charlevoix-Est. Les églises de Charlevoix Ouest sont réunies au nom de la Paroisse Saint-François d’Assise. Il y a eu plusieurs changements au cours des dernières années. Les fabriques se sont régionalisées sous les nouvelles dénominations paroissiales. Elles s’occupent de payer les prêtres et leurs frais de déplacement ainsi que les sacristains. L’argent provient de chacune des anciennes paroisses. Les anciennes paroisses et leurs églises, les stationnements et les cimetières sont sous la responsabilité des CCOL (comité de consultation et d’organisation locale). D’ici 5 ans, les comités locaux devraient disparaître et tout devrait être géré au niveau de la Fabrique.

Le diocèse a demandé aux CCOL de produire des plans directeurs immobiliers pour les églises, autrement dit de proposer des solutions pour les sauver de l’abandon ou de la fermeture totale avant 10 ans prédit monsieur Audet. Déjà certaines communautés chrétiennes ont pris des initiatives. À Saint-Fidèle, l’église est fermée l’hiver et la messe se passe dans la salle paroissiale, à Grand Fonds, la chapelle est fermée jusqu’en avril. À Baie-Sainte-Catherine, on fait comme à Saint-Fidèle. À l’Isle aux Coudres, les paroissiens ont sauvé peut-être temporairement l’église Saint-Louis. À Pointe-au-Pic, on fait plusieurs activités de financement tout comme à La Malbaie. À Clermont, on a fait de la place à d’autres activités. Mais c’est un peu comme le chat qui court après sa queue, le nombre de fidèles diminue inexorablement. Ceux qui partent ne sont pas remplacés.

Des activités pastorales tentent de viser les jeunes familles, ça fonctionne assez bien pour le baptême, mais c’est devenu plus un rite de passage qu’un sacrement religieux. L’automne dernier, les responsables des églises de la paroisse Saint-Laurent étaient très frileux face aux exigences du diocèse. Or, La Malbaie va respecter l’échéancier du 15 février. Depuis 2016 que la réflexion est débutée, comme à Baie-Saint-Paul le stationnement est maintenant payant. Une première après ceux du casino. À La Malbaie on recueille environ 50 000$ en capitation et 50 000$ des quêtes dominicales et autres sources. Ce qui suffit pour le moment à assumer les dépenses avec un petit surplus de 4000 $. Mais le péril est inéluctable. Une mobilisation des milieux qui amènerait plus de gens à payer leur capitation, ne serait-ce que comme geste de solidarité pour préserver ces bâtiments qui ont la plupart une valeur patrimoniale. Il serait surprenant que le gouvernement investisse de grosses sommes dans ce dossier, car cela risquerait d’être un gouffre sans fond à l’échelle provinciale. L’immigration n’est pas assez présente dans Charlevoix pour dynamiser les communautés, ce qui est plus perceptible en ville. Quant à la possibilité de concentrer la vie chrétienne dans un seul église, on est loin d’être rendu là. Il y a un attachement émotif et spirituel des gens qui ont pratiqué toute leur vie pour leur église de village. Ils sont prêts à se battre à mort pour leur lieu de culte, mais ils n’ont pas beaucoup d’outils. C’est comme un train qui est rendu au bout de la ligne de chemin de fer et ne s’arrête pas. Posons les vraies questions :

Pourquoi deux églises à l’île aux Coudres ?

Pourquoi ne pas réunir Saint-Aimé des Lacs, Saint-Agnès et Notre-Dame-des-Monts ?

Saint-Irénée et Les Éboulements ? (encore un problème Est-Ouest)

La Malbaie et Pointe-au-Pic ?

Saint-Fidèle, Sagard et Saint-Siméon?

Au moins, on aurait moins de temples à chauffer pendant l’hiver. Je sais que d’aborder le dossier de cette façon m’expose à me faire lancer des roches. Il ne s’agit pas de démolir les églises, mais de baisser les coûts et peut-être leur trouver d’autres utilités comme à Saint-Pacôme où l’église est devenue un lieu de culture de légumes à la verticale. Certaines églises sont assez belles pour devenir des lieux de visites touristiques. Toujours est-il que l’équipe d’animation locale de La Malbaie et le CCOL invitent la population croyante ou non, jeune ou vieille , malbéenne ou non à venir à une rencontre de discussion sur l’avenir de ce temps bâti dans les années 50 qui compte entre un Christ aérien sculpté par Léonce Émond et de magnifiques vitraux. Ce qui se dira à La Malbaie pourra sûrement trouvé écho pour les autres églises. Gaétan Audet est la recherche de quelques idées en provenance de visionnaires, d’entrepreneurs ou de citoyens pour aider à compléter le plan directeur immobilier. Même si l’on ne pratique pas ou même si l’on est athées,  on est tous concernés par la sauvegarde du coeur de nos municipalités. Qu’on le veuille ou non, une partie de notre histoire est liée à ces édifices. Tout comme les Grecs ont préservé les monuments de l’Antiquité, nous avons un devoir de mémoire. Mettez vos idées et votre imagination au service de la collectivité le 27 janvier à 19h00 au sous-sol de l’Église. Vraiment tout le monde est bienvenu.