mon La Malbaie Personnalité du jour

Entreprendre d’Ouest en Est avec Érick Tremblay

DSC_0101

Érick Tremblay voit le jour à Baie-Saint-Paul en 1978. Son père est opérateur de machinerie lourde et sa mère est cuisinière. Il grandit dans sa ville natale, mais se retrouve bien vite sur le marché du travail. À 13 ans, il est à la plonge au restaurant Mouton Noir. Il est aussi très impliqué dans les cadets de l’armée. Pendant plusieurs années, il fait des camps de cadets durant la période estivale ce qui l’amène jusqu’en Colombie-Britannique.

Au Mouton Noir, il monte les échelons jusqu’à se retrouver serveur à temps plein. Le Mouton Noir ferme ses portes en 1998 et Érick, qui va devenir père, doit absolument se trouver un autre emploi. Il va donc travailler au Saint-Hubert de Beaupré tout en continuant d’habiter Baie-Saint-Paul. Il y travaille pendant 3 ans. Un drame horrible le frappe ainsi que sa conjointe de l’époque. Leur fils Christophe décède à l’âge de 6 mois du syndrome de la mort subite du nourrisson. Heureusement, il a maintenant une grande fille de 18 ans qui poursuit des études à Québec. En 2001, il devient croupier au Casino de Charlevoix, ce sera de courte durée puisqu’après 7 mois il devient chômeur.

Il change complètement de domaine pour devenir représentant chez InfoComm, et ce, sans aucune expérience dans ce domaine. Il continue de travailler 3 soirs par semaine en restauration pour ne pas perdre la main et parce qu’il aime ça. Il fait une série de restaurants comme le 51, l’Auberge Saint-Jean et le Mouton Noir. À l’Auberge Saint-Jean, il devient responsable de l’organisation des mariages dans ce haut lieu de “l’amour charlevoisien”…

Parallèlement, vivant la problématique du manque de main d’oeuvre en restauration, il fonde une agence de placement de serveurs. Il a une banque d’une vingtaine de personnes qui répondent aux besoins urgents des restaurateurs. Les activités diminuent par manque de personnes pour faire les dépannages, car la pénurie frappe à tous les niveaux.

Une étape importante de sa carrière est son poste de directeur de la restauration au Saint-Pub de Baie-Saint-Paul, qu’il occupera pendant six ans. Ce sera un apprentissage important pour celui qui rêve de posséder son propre restaurant. Il emploie jusqu’à 60 employés en haute saison et le restaurant est extrêmement populaire. Il rencontre alors Julie Tremblay, bien connue dans la région, qui devient bientôt sa conjointe. Ayant entendu parler de Belles & Bum à La Malbaie, ils veulent proposer au propriétaire François Dubois de l’aider à faire rouler le restaurant. Ce dernier dit qu’il souhaite vendre et leur propose de regarder l’opportunité. Après études des chiffres et confection d’un plan d’affaires, Érick et Julie décident se lancer, ils achètent le Belles & Bum en 2016. Ils ouvrent le restaurant en huit jours en partant de zéro. Zéro stock, zéro employé, zéro menu. À l’ouverture, ils sont le restaurant officiel du Festi-Drag. Une première collaboration qui sera suivie de multiples autres.

DSC_0099

À la même époque, il continue de travailler un certain temps au Saint-Pub et prends le commandement du corps de cadet 1239 de La Malbaie.

Le Belles & Bum mise sur une équipe polyvalente, formée de jeunes qu’il est possible de former. De nombreux partenariats sont mis en place que ce soit avec le Casino de Charlevoix, l’hôtel Écono Lodge ou le Mont Grand Fonds. Érick reprend à son compte la maxime qui dit : Tout seul on va vite, ensemble on va loin”. Il s’implique dès le départ à la SDC de La Malbaie avec une vision quelque peu critique. Il a vécu l’expérience de Baie-Saint-Paul où les commerçants se serrent les coudes peu importe leur emplacement géographique. Il décèle à La Malbaie une logique de compétition où chaque commerce voit l’autre comme un compétiteur plutôt qu’un partenaire. C’est pourquoi il est aujourd’hui président de la SDC et on peut déjà sentir un changement de mentalité.

Pour sa part, le Belles & Bum contribue à l’animation du ”night life” avec ses soirées impro et danse et surtout son concours d’humoristes en partenariat avec le Casino de Charlevoix. 4 soirées d’humour qui culmine le 15 mai avec un spectacle du gagnant ou de la gagnante du concours en première partie de Dominic et Martin au Casino. Ces soirées ont lieu surtout le vendredi, et ce, à une vingtaine d’occasions. Le restaurant qui a une section-bar peut accueillir environ 75 personnes. Belles & Bum offre aussi des boîtes à lunch pour les travailleurs et prêt-à-manger bavettes et côtes levées. Ils ont aussi l’acquisition d’une remorque pour aller sur les lieux des événements ce qui a été vraiment une bonne décision. Une peintre de la galerie Iris, Cynthia Coulombe Bégin, expose des toiles géantes dans le restaurant scellant ainsi un autre partenariat. 3 mentions d’excellence Trip Advisor, 3 prix de la Chambre de Commerce, membre de la route des Saveurs et d’Aliments du Québec, Belles & Bum a beaucoup d’atouts dans sa manche. Même ses cuisiniers sont en feu… :-)

DSC_0106

Érick s’entoure de Julie, sa mère Rita Dufour et son beau-père électricien au sein de cette entreprise familiale pour aller plus loin ensemble. Dans mes fonctions publiques, j’ai l’occasion de travailler étroitement avec Érick, je découvre un entrepreneur allumé et créatif tout en étant rationnel et sérieux. Passer à l’Est n’est pas toujours facile dans Charlevoix. Érick a abattu nos frontières mentales pour construire une belle entreprise à La Malbaie. Il ne reste plus qu’à l’encourager.

DSC_0100