mon La Malbaie Personnalité du jour

David Huot un randonneur entrepreneur

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David Huot , 35 ans, est aujourd’hui le propriétaire de l’Auberge de Jeunesse de La Malbaie établie depuis 2011. Un long chemin parfois semé d’embûches et de retournements soudains l’a mené a devenir un aubergiste pas comme les autres.

Il voit le jour à Saint-Jérôme, au nord de Montréal, le 3 août 1984. Son grand-père est le plus grand exproprié de Mirabel lors de la construction de cet aéroport à l’époque de Pierre-Elliot Trudeau. Son père a possédé plusieurs résidences pour personnes âgées, ce qui lui a donné une certaine aisance financière qui lui permettra de seconder David un peu plus tard.

Mais il doit d’abord faire ses preuves et ses classes. Il quitte la maison familiale à l’âge de 14 ans et demi avec son frère aîné pour aller étudier en anglais à Vankleek Hill en Ontario. En trois mois, il devient bilingue, car il n’a pas le choix s’il veut réussir son année scolaire. Comme ce n’est pas si loin, lui et son frère retournent à Saint-Jérôme les fins de semaine. David était un premier de classe, il apprend vite et cela se répercutera dans ses études supérieures. Dès l’adolescence, il s’initie au plein air et en deviendra un véritable passionné. À l’âge de 10 ans, il travaille dans le business familial, il entretient les terrains, aime et aide les personnes âgées à se déménagé et autres travaux. Il est aussi emballeur au Métro de sa ville ontarienne. Il est aussi un grand sportif. Hockey, basketball et surtout baseball, sport qu’il pratique pendant 14 ans. Au sortir de son secondaire, comme il était en Ontario, il est accepté directement à l’Université d’Ottawa. En quatre ans, il fait une spécialisation en sciences du loisir en lien avec sa passion du plein air et une concentration en histoire. Donc, il fait l’équivalent de 7 ans d’études en 4 ans. Comme il maintenait une très forte moyenne, les coûts d’inscription à ses cours d’histoire étaient crédités, ce qui lui a fait sauver quelques milliers de dollars. Il écrit et lit beaucoup, ses autres passions sont l’histoire et la géographie.

À 15 ans, il fait le tour de la Gaspésie à vélo avec son frère sans équipement adapté autre que des vélos Canadian Tire et une tente. Suivent quelques voyages pour former la jeunesse dont un 6 mois au Mexique pour apprendre l’espagnol en tant que serveur dans un café à Saltillo. Également un 5 mois à Calgary, histoire d’explorer les Rocheuses. Il revient chez ses parents et sent le besoin de se reconnecter à la réalité de la vie. Il travaille pendant 9 mois de nuit dans une boulangerie industrielle. Dans sa tête, il a le projet de faire une maîtrise à l’étranger. Il part à Lyon en France pour une maîtrise en tourisme durable, la seule existante dans le monde francophone, car le tourisme compte maintenant parmi ses passions et il poursuit un rêve qui l’amènera d’ailleurs dans Charlevoix, mais nous en reparlerons.

Il se trouve un emploi à Lyon pour gagner son pain. À l’arrivée dans la deuxième ville de France, il se rend directement à l’auberge de jeunesse et il a un coup de cœur pour les gens et pour la formule. Il est à ce jour le seul Québécois avec une maîtrise en tourisme durable. Il travaille aussi sur des projets de recherche au Chili avec ses professeurs. Un temps, le monde de la recherche le séduit, mais il déchante lorsqu’il est témoin de chicanes d’égo entre les chercheurs qui se tirent les cheveux pour des puérilités.

Il réalise un des “must” du plein air en faisant “l’Appalachian trail” seul avec son chien Huskie, 5 mois de marche  de la Georgie au Maine sur 3250 km.

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Il caresse le projet d’écrire un livre, il débute le travail, mais il perd tout son manuscrit dans un crash informatique. Ce revers de fortune va l’amener chez nous. Il veut créer un camp forestier de plein air où des jeunes en difficulté viendraient se ressourcer. Il pense d’abord à le faire à l’étranger, mais après réflexion, il se dit que pour le plein air, deux régions s’imposent: la Gaspésie et Charlevoix. Sur l’invitation d’une amie, il fait un séjour exploratoire de Place aux Jeunes Abitibi-Témiscamingue. Il connaît la Traversée de Charlevoix et identifie une pourvoirie qui se trouve sur le sentier et commence des négociations pour l’acheter. Mais ses proches lui font comprendre qu’il court à sa perte financière. Il poursuit ses recherches et l’expérience lyonnaise de l’auberge de jeunesse est toujours présente. Il change son fusil d’épaule et au lieu d’amener la ville vers le plein air, il veut maintenant amener le plein air à la ville et être ouvert à l’année. Il cherche d’abord un terrain et tombe sur cette immense maison de la rue Saint-Étienne qui a déjà appartenu au docteur Arthur Leclerc, le grand-père de Jean Leloup. Le zonage lui permet seulement d’y ouvrir une auberge de jeunesse. Ce qu’il fait le 16 novembre 2012. Avec l’aide de son père, il se lance et beaucoup de difficultés bureaucratiques, plus tard il offre maintenant un service complet aux voyageurs qui veulent un hébergement à bon prix. Avec 4 étoiles, l’auberge est très bien classée dans son réseau. Pour avoir un permis de bar, David a dû ouvrir un restaurant en 2 mois avec aucune expérience. Un ami Breton est avec lui durant la première année, mais des problèmes de visa l’oblige à retourner en Europe. La table de l’auberge très abordable est aujourd’hui très appréciée des jeunes et des moins jeunes. Avec 80 variétés de bières et 80 spectacles gratuits par année, il est un joueur majeur de la vie malbéenne. Il est fier d’avoir gagné le prix de l’entreprise écoresponsable de la Chambre de Commerce. Il dit que l’auberge est une extension de sa personnalité.

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À la fin de l’entrevue alors que je quitte, David me dit tout bonnement, je pars pour Hawaii cette semaine pour aller faire du trek à travers les volcans. David Huot a encore beaucoup de projets, il a définitivement les gênes d’un entrepreneur. Comme certains jeunes le font à Baie-Saint-Paul, il apporte beaucoup de dynamisme à La Malbaie. Il est la preuve vivante que quand on ose, on peut réussir. Souhaitons-lui de continuer sa randonnée dans la vie comme celle qu’il fait dans le monde du plein air.