mon Clermont Personnalité du jour

Geneviève Tremblay et Rénald Lepage de Safran Nordique

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Ce matin, nous avons deux personnalités du jour. Il s’agit d’un couple de Clermontois qui s’est lancé en affaires il y a quelques années sous le nom de Safran Nordique.

Elle est RESOLU et active

Geneviève est native de Clermont et c’est la fille de Bertrand Tremblay et Nicole Bergeron. Cette dernière est reconnue comme la pionnière de la récupération dans Charlevoix. Elle a deux frères, un est médecin à Matane et l’autre habite à Gatineau. La famille habite au bord de la rivière Malbaie dans une maison qui a été expropriée pour la construction de la rue de la Rivière. Elle fréquente l’école privée Jésus Marie à Québec pour ses 4 premières années du secondaire et termine son secondaire 5 à La Malbaie. Elle fait des études en bureautique au Collège O’Sullivan. Plus tard, elle complétera un certificat universitaire en ressources humaines. En 2001, elle entre à l’emploi d’Abitibi Consol à l’usine de Clermont où elle travaille toujours. Il y a toujours un coin de l’esprit de Geneviève qui est en mode projet et les idées cheminent dans sa tête. À l’usine, elle est devenue généraliste en ressources humaines et elle rencontre un nouveau venu dans la région qui devient son compagnon de vie en 2006. Il s’agit de Rénald Lepage, un natif de ville La Baie au Saguenay. L’enfance de ce dernier est marquée par l’épreuve alors qu’il a deux frères sur 4 qui sont très malades de même que son père. La tuberculose touche durement la famille. Rénald passera lui-même 3 mois en sanatorium à l’Hôtel Dieu de Roberval à l’âge de 13 ou 14 ans. Il commence des études en électrotechnique au Cégep de Chicoutimi, mais il sent l’appel des Olympiques de 1976 et il monte à Montréal pour se trouver un emploi.

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Leurs destins se croisent dans les pâtes et papier.

Il est embauché par l’armée canadien comme civil pour travailler en cuisine et d’une chose à l’autre il travaille au Cégep Édouard Montpetit à Saint-Hubert et à LG3 pendant un an. Lors de vacances au Saguenay, il fait application à l’usine aujourd’hui démolie. Il est embauché sur la réserve, c’est-à-dire qu’il remplace les réguliers à différents postes. Parallèlement, il fait un retour à l’université en administration. Avec 8 collègues, ils fondent une compagnie d’achat d’immeubles. Mais il y a trop de monde à la messe et il se retrouve presque seul et il vend ses parts. En 2004, l’usine de La Baie ferme et comme il était devenu cadre (surintendant de machine) on lui offre le choix entre Amos et Clermont. Le choix est évident. Il déménage ici et occupe plusieurs postes au moulin, comme on dit. Coordonnateur de la machine 5, assistant surintendant, surintendant sécurité, directeur des pâtes (PTM et parc à bois), directeur de production et directeur d’usine en intérim pendant 4-5 mois. Il est maintenant pré-retraité de l’usine.

Le projet prend forme

Son rêve a toujours été d’avoir sa propre terre et avec Geneviève ils se mettent en quête de l’endroit idéal. Les prix sont très élevés et ils ne trouvent pas jusqu’à et ce que quelqu’un les appelle pour leur parler d’une terre à Clermont. Située tout près de l’aréna de Clermont, propriété de 3 soeurs Larouche, la terre a 19 hectares dont 3 à 4 hectares sont cultivables. Rénald aménage le terrain et repousse plus loin tous les véhicules hors route qui s’en donnent à coeur joie. Nos personnalités se lancent dans une recherche de culture originale pour mettre en valeur leur acquisition et leur procurer une deuxième carrière entrepreneuriale. Au début, ils regardent du côté du sureau, une plante qui peut avoir de nombreux usages, ils changent d’idée à la dernière minute. C’est le frère de Geneviève, Dominique, qui leur parle du safran, car il avait vu un reportage sur le sujet. Cette plante très précieuse est d’abord la plus noble et la plus chère des épices. Cela rejoint particulièrement Rénald, ancien cuisinier et épicurien.  Ils vont suivre une formation de safranier à l’Académie du Safran.

Il font un premier semis de 2000 bulbes des Pays Bas et de France en 2016. Ils récoltent 2 grammes de pistil pour 300 fleurs. Les années suivantes, les quantités augmentent et le nombre de bulbes aussi allant au maximum à 15 000 bulbes et un maximum de récolte de 108 grammes. Cela explique pourquoi le safran est si précieux. Ils en font des produits (épices, sirops etc.) qu’ils écoulent dans les marchés publics de La Malbaie et Baie-Saint-Paul et à celui de Sainte-Foy. Depuis décembre dernier, ils ont une cuisine de production près des champs. Ils sont encouragés par les organismes de développement de la région, Mission Charlevoix et SADC, car ils sont impliqués et sérieux dans leur projet. Ils ont des projets pour valoriser toute la plante et pas seulement le pistil pour varier la gamme de produits. C’est un travail de longue haleine et Geneviève et Rénald ont d’autres projets, car il reste beaucoup de potentiel sur la terre. Notamment, la partie la plus haute offre une très belle vue sur la vallée de la Rivière Malbaie et se prêterait bien à un projet agro-touristique.

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Si vous n’avez jamais fait l’expérience du safran, n’hésitez pas à rencontrer Geneviève dans un marché public. Essayer le sirop de safran dans le mélange à crêpe ou la salade de fruit, vous risquez de devenir accro.

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