mon Baie-Sainte-Catherine Personnalité du jour

Donald Kenny entre histoire et paysages.

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Aujourd’hui je vais faire un peu différent pour cette personnalité qu’est Donald Kenny, maire de Baie-Ste-Catherine. Je vais y aller en deux volets, soit le volet historique de la «Pointe-aux-Alouettes» dont M. Kenny m’a fièrement raconté l’histoire à l’intérieur même des murs de la chapelle et quelques détails sur lui-même ainsi que sur Baie-Sainte-Catherine.

Nous sommes en 1603, avant la colonisation de Québec. Samuel de Champlain débarque sur les rives de Baie-Sainte-Catherine et désire coloniser le territoire. D’un autre côté, nous avons les Montagnais qui sont en guerre ouverte avec les Iroquoiens. En échange de terres à peupler, les Montagnais obtiennent une alliance militaire. Un traité est signé entre les nations, ce qui donne naissance à «La Grande Alliance» signée à la Pointe aux Alouettes. La citation de Samuel de Champlain suivante vient de Wikipédia, mais bon 😉 : quand cette grande maison sera faite, alors nos garçons se marieront à vos filles, & nous ne ferons plus qu’un peuple.» Et c’est ainsi qu’à débuter l’histoire de Samuel de Champlain ici, soit 5 ans avant la fondation de la Ville de Québec en 1608. Au départ l’endroit s’appelait «La Pointe à Mathieu» pour ensuite se faire donner le nom de «Pointe-aux-Alouettes». Au début du siècle, il y a eu le «Moulin des Presses» à Baie-Sainte-Catherine et c’est à ce moment qu’une première chapelle est bâtie. Ensuite, quelques autres bâtisses ont suivi le pas entre 1865 et 1906: des maisons, un cimetière et un dernier couvent qui y a été construit par des familles souches comme les Boulianne et des Ouellet dont les enfants peuplent encore le village aujourd’hui. «C’est un lieu qui a été déclaré patrimonial et nous voulons le joindre à l’UNESCO. Ce que nous voulons c’est faire de la publicité pour faire connaître ce bijou d’ici. D’ailleurs il y a un projet pour un film sur Maria Chapdelaine qui serait en partie tourné à cet endroit.»

Quel est votre créneau ici? « C’est sûr que ce sont les croisières aux baleines. Mais je veux développer autre chose parce qu’avec le réchauffement climatique, qui nous dit que les baleines vont rester ici? En tant que pêcheur de truite de mer, j’ai remarqué une différence au niveau des poissons. Je ne dis pas que c’est ce qui va se passer, mais j’aimerais développer autre chose au cas où, pour diversifier notre économie. Le projet est embryonnaire, mais ça s’en vient».

«Il y a un autre beau projet qui s’en vient « Fleuve & Fjord» un endroit devant la place du village qui sera un endroit rassembleur pour les citoyens pour des activités et des événements. Ensuite, il y a un 15 kilomètres de sentiers pédestres déjà accessible pour tous les types d’efforts serpentant le territoire et qui offrent des points de vue extraordinaires».

Et vous, en tant qu’homme qui êtes-vous? « Moi j’ai travaillé 45 ans en soudure et dans les charpentes d’acier sur la construction, mon père était ingénieur et il voulait en faire un avec moi; je ne voulais pas. Ma famille a déménagé ici, mais moi je suis resté chez un de mes oncles. D’une famille de 13, j’étais le plus vieux et mon oncle qui ne pouvait pas avoir d’enfant a dit «Laissez-moi celui-là ici». Je ne connaissais donc pas beaucoup Baie-Saint-Catherine en tant que résident. J’ai aussi été chanceux, j’ai connu une bonne femme, elle était faite pour moi. À ma retraite, mon frère m’a donné une terre pour que je me construise un chalet. À la place, je me suis construit une petite résidence habitable à l’année. Quand on venait à la chasse, à la pêche ça faisait bien. Nous on restait à Notre-Dame-des-Laurentides. J’ai aussi travaillé en Afrique, en Antarctique, en Algérie, dans les Maritimes, etc.

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En 2015, il se présente à la mairie contre un autre candidat. Il est élu, mais aucun de ses conseillers ne l’est. Il se retrouve donc avec les membres de l’autre équipe, ce qui ne fonctionne que très peu. Il démissionne. Deux ans plus tard, il se représente et passe haut la main. « J’ai toujours aimé la politique, ma femme m’a dit vas-y. J’ai dit go!» Et voilà où j’en suis aujourd’hui.» J’aime ça ici, oui les défis sont grands, mais la vie est bonne, y’a pas de stress, les paysages sont beaux».

Après ma rencontre avec M. Kenny, ma conjointe et moi avons profité de notre passage à Baie-Sainte-Catherine pour faire notre 9e excursion aux baleines et je dois dire que je le voyage en a valu la peine et cela nous a encore montré que Charlevoix regorge de beauté et de joyaux cachés qui ne cherchent qu’à se faire découvrir.

 

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Texte et photos: Jean Berg