mon Baie-Saint-Paul Personnalité du jour

Michel Simard, 50 ans de cordonnerie à Baie-Saint-Paul.

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Quand il était jeune, Michel Simard était fasciné par le travail d’un de leur voisin, monsieur Adrien Bergeron. Il allait le voir travailler et en revenant à la maison, il jouait au cordonnier dans le garage. Son père était marchand de bois et il commence par travailler avec son père dans le commerce et dans une scierie. Il avait déjà parlé à Monsieur Bergeron de son intérêt pour la cordonnerie, car il pensait avoir la vocation pour ce métier qui l’intéressait. Michel Simard en parle à son père qui lui donne sa bénédiction. Il va rencontrer le cordonnier Louis-Phillipe Morin qui exerce le métier depuis 50 ans. Ce dernier accepte de le prendre à l’essai pour 15 jours. L’horaire d’un cordonnier, c’est du lundi matin au samedi soir. A la fin des deux semaines, monsieur Morin laisse partir Michel sans rien dire. Il en conclut qu’il a passé le test et il est de retour à la cordonnerie le lundi suivant, il est officiellement engagé. Au printemps suivant, monsieur Morin fait un infarctus durant la fin de semaine. Le lundi, Michel ouvre la boutique et son patron ne se présente pas. Il se rend chez lui et on lui annonce la maladie du cordonnier Morin. Ce dernier donne le feu vert à Michel pour tenir la cordonnerie seul jusqu’à son retour. Au bout de 3 mois, il lui offre de lui vendre la cordonnerie. Ce qui est fait le 2 juin 1970, Michel Simard devient le seul propriétaire de son entreprise de cordonnerie. Monsieur Morin continue pendant presqu’un an de se rendre à la cordonnerie en après-midi. Le loyer est de 12$ par mois derrière le bureau du notaire Simard.

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La cordonnerie déménage au 130 Saint-Jean-Baptiste à Baie-Saint-Paul, en plein coeur de l’activité touristique. S’ajoute la vente de souliers et de bottes de travail. À l’époque, la livraison n’est pas comme aujourd’hui. Les commandes sont livrées par le train, ce qui pouvait prendre jusqu’à un mois. Un an après la création de la cordonnerie Simard, Jean-Pierre Côté ouvre une autre cordonnerie sur la rue Saint-Joseph. Les deux hommes ne se sont jamais vus comme en compétition et  sont de très bons amis. La première année du commerce a été la plus difficile, il a fallu vaincre les mauvaises langues  et les ragots qui colportaient des faussetés. Au bout de plusieurs clients satisfaits, les mauvaises langues n’avaient plus rien à dire. Les clients corporatifs commencent à venir comme les Petites Franciscaines de Marie, la Congrégation Notre-Dame et les Frères Maristes. Dieu était bon envers Michel Simard parce qu’il travaillait bien.

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Michel Simard et Mariette Perron ont eu 3 fils : Jean-Philippe, Louis et Dominic. Le deuxième est celui qui s’est le plus intéressé à la cordonnerie et il commence à travailler avec son père à un jeune âge après avoir suivi une formation professionnelle en cordonnerie. Louis commence par travailler l’été pendant les vacances scolaires, mais il est à plein temps pendant 4 ou 5 ans. Le travail étant moins important l’hiver, Louis travaille à la quincaillerie de Gilles Jean. Il continue cependant de donner un coup de main à son père les soirs et les fins de semaine depuis 1997. Quant à Michel, il  a travaillé longtemps souvent jusqu’à 23h les soirs de semaine, mais il a diminué un peu la cadence aujourd’ui ne gardant le que le vendredi jusqu’à 21h.

Une cordonnerie ne serait pas une cordonnerie sans ses chouenneux et la cordonnerie Michel Simard ne fait pas exception. Tous les jours, les habitués fumeurs de pipes et de cigarettes viennent enfumer l’atelier et commenter l’actualité baie-saint-pauloise et peut-être même charlevoisienne. Il y avait peut-être plus de scoops à cet endroit que dans les médias. Michel Simard dit avoir appris beaucoup de ces aînés.

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Pas beaucoup de vacances pour Michel et Mariette dans les premières années, il réparait les tentes du Cirque du Soleil, dépannait le soulier de l’épouse de Robert Bourassa, recollait des talons, posait des fermetures éclair, recollait les semelles décollées. Il vaut toujours mieux faire réparer ses bottes à 350$ ou changer un fermoir de manteaux. Michel se tient à la page de la mode grâce à ses fournisseurs. Il travaille aussi énormément pour les touristes qui sont nombreux à Baie-Saint-Paul. La machinerie des cordonniers évolue mais la base reste la même avec de très bonnes machines à coudre le cuir, appelées machines à pièces. Avec les ans, Michel Simard s’est très bien équipé et offre la ligne ROYER pour les bottes de travail et ACTON pour les bottes de caoutchouc. Sa clientèle est principalement composée de femmes qui apprécient sa minutie et son sens de la perfection.

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Michel et Mariette ont deux petites-filles, Frédérique et Mathilde, les enfants de Jean-Philippe. En plus de Louis qui est à Baie-Saint-Paul, Dominic habite à Québec et Jean-Phillipe à Gatineau. Mariette Perron a toujours tenu le fort familial avec un mari qui travaille beaucoup, mais elle est fière de cette entreprise familiale qui atteint le cap exceptionnel de 50 ans. Lors de l’entrevue, la complicité entre les deux était perceptible. Ils ont vécu heureux avec ce qu’ils avaient et il n’est pas question pour Michel Simard d’arrêter pour le moment. L’entreprise a arrêté 2 mois et demi en raison de la COVID, mais Michel Simard a su s’occuper Il est aussi un bénévole comme président de la Garde Paroissiale et Chevalier de Colomb.

Je suis convaincu que toute la population charlevoisienne se joint à MonCharlevoix.net pour rendre hommage à Cordonnerie Michel Simard de Baie-Saint-Paul pour ses 50 ans d’existence. Des gens comme eux, ce sont nos héros du quotidien.

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