mon Village Paroles d'Harvey

La parenté est arrivée!

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Dans Charlevoix on est tissé serré.

Très souvent, nous nous trouvons de la parenté avec tel ou telle personne. Il existe une base de familles fondatrices de notre territoire: les Tremblay, Bouchard, Harvey, Desgagnés, Lapointe, Maltais, Savard, Boulianne, Simard, Audet, Bergeron, Lavoie, Filion, Boily, Fortin, Gagnon, Villeneuve, Desbiens, Thibault, Bilodeau, Duchesne, McNicol, Blackburn, Murray et autres ont constitué le socle sur lequel se sont bâtis Charlevoix et le Saguenay Lac-Saint-Jean. De plus, des patronymes sont associés à des localités comme les Simard à Baie-Saint-Paul, les Bouchard à Petite-Rivière, les Tremblay aux Éboulements, les Gauthier à Saint-Irénée, les Savard à Saint Fidèle, les Harvey à l’île aux Coudres, les Warren à Pointe-au-Pic, les Poitras à Baie-Sainte-Catherine. Avec les années, cette trame sociale de base s’est enrichie de nouveaux arrivants avec des noms différents, un peu différent ou exotique comme les Pinochet, les Panaroni, les Lowe, les Long, les Kawina et des centaines d’autres.

Les habitants des villages ont aussi leur appellation comme les Anguilles de Petite-Rivière, les Loups de Baie-Saint-Paul, les Capelans de Saint-Irénée, les Marsouins de l’Ile-aux-Coudres, les Codindes de La Malbaie et les Bas bleus de Saint-Fidèle. Tout ça constitue notre tissus social fondamental que le cinéaste Pierre Perreault a su capter de façon magistrale avec ses films « En revenant de Saint-Hilarion »  et la série coudrienne « Pour la suite du monde ». A mon sens, la société Charlevoisienne mérite de figurer au patrimoine mondial de l’humanité par son histoire fondatrice de deux régions avec la colonisation du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui est en grande partie une extension du Charlevoix primitif. Il est toujours passionnant de regarder Charlevoix d’un œil généalogique et sociologique. Mes ancêtres Harvey se sont d’abord établis à l’Ile-aux-Coudres, mes ancêtres Villeneuve sont d’une famille nombreuse de Pointe-au-Pic, mes ancêtres Duchesne et Bergeron ont quitté Saint-Hilarion pour le rang Terrebonne à La Malbaie. Avec des 14-15 enfants dans chacune de ces familles, imaginez à combien de personnes je suis lié de près ou de loin.

Parfois la filiation peut être double. Madame Anne-Marie Bouchard qui vient de décéder, à plus de 100 ans, était la sœur de mon grand-père maternel, donc ma grand-tante, son mari (RIP) Lorenzo Duchesne était aussi le cousin de ma grand-mère paternelle et beaucoup de familles ont des exemples comme ceux-là. Mais attention, on ne parle pas ici de consanguinité, nos ancêtres étaient intelligents et les demandes de dispense à l’église pour des mariages entre cousins étaient assez rares. Mon père de 83 ans est un expert de ce qu’on appelait les délignées, il est capable de remonter sur 5 générations sur beaucoup de personnes. Il se renseigne dans de vieux livres sur les familles d’un village ou même d’un rang donné comme les Boudreault et les Gagnon de Chiguère ou les Saint-Pierre de Pousse-Pioche. Charlevoix est d’une richesse quasi incomparable et lorsqu’on étudie le tissu social, on voit très vite qu’il existe une seule société et le fait que nous soyons politiquement en deux est une aberration, car les familles fondatrices ont essaimé sur tout le territoire sans tenir compte d’une frontière est-ouest jusqu’à l’épisode funeste du Palais de Justice vers 1870 qui divisera nos familles et consacrera la faille de Saint-Hilarion. Il faut se souvenir d’où on vient pour savoir où on va selon l’adage populaire. Moi, je viens de l’Ile-aux-Coudres, Saint-Hilarion, Petite-Rivière et Pointe-au-Pic, ce qui fait de moi un Charlevoisien pure laine, mais extrêmement ouvert à notre enrichissement par de nouveaux patronymes de tous les pays.