mon Village Paroles d'Harvey

La chasse à l’orignal

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Je ne suis pas anti-chasse, mais je ne suis pas chasseur. J’ai tiré sur un oiseau une fois avec une carabine à plomb et j’ai fait exprès de le manquer. Seul mon grand-père Harvey chassait dans la famille avec monsieur Édouard Villeneuve de Pointe-au-Pic. Daniel Cauchon, conjoint de ma tante Madeleine, était allé chassé le caribou dans le nord. Je suis un grand mangeur de viande rouge et j’aime le caribou et l’orignal dans les rares occasions où je peux en manger. Mais d’année en année je suis plus sensible à la mort de tous ces beaux animaux majestueux. Pourtant je n’ai pas beaucoup de compassion pour les milliers de boeufs, de veaux, de porcs abattus pour me nourrir.

Beaucoup de monde dans le bois

La chasse à l’orignal n’est plus ce qu’elle était. Il y a quelques années, je suis allé dans la ZEC Lac aux sables dans le bout du Lac Jacob. J’ai été assommé. A tous les cents pieds une cache en hauteur et une pancarte Chasseur à l’affut. On irait presque l’autoroute de la capitale des chasseurs. Il semble aussi que le grand gibier est maintenant presque élevé comme des boeufs. Bloc de sel à l’année, caméra qui épie les gestes de la future victime. Rendu à l’automne on le connait aussi bien que notre chien et il reste seulement qu’à le cueillir d’une balle de 303 dans le coeur. Après il faut le sortir du bois et le découper en morceaux en laissant la carcasse en forêt ou dans un conteneur ce qui a beaucoup énervé notre préfet BIX qui est monté sur ses grands chevaux. Mâle, femelle, veau, il semble que cette année, on peut tirer sur tout excepté sur les autres chasseurs en cas de chicane de territoire.

Cette semaine, on commence à voir des orignaux ou des têtes dans les zones villageoises. Je trouve ça triste. On ne promène pas les corps et les têtes des boeufs une fois abattus. On ne cache pas le résultat de ces mises à mort d’un être vivant. Je comprends que la chasse est aussi un moyen de contrôler des cheptels et d’éviter une trop grande prolifération de ces magnifiques bêtes. Mais à voir tant de chasseurs, j’ai toujours peur qu’on ait mal calculé le troupeau et qu’on l’extermine. Je sais aussi que ces bêtes constituent un danger sur les routes ayant moi même éviter une collision avec une grande femelle dans le Parc des Grands Jardins. Heureusement la période de chasse n’est pas très longue ce qui fait qu’on peut réchapper quelques orignaux dans cette période effervescente annuelle.

Une tradition de très longue date

J’essaie juste de comprendre qu’est ce qui motive autant les chasseurs. Je pense qu’il y a beaucoup de père en fils ou fille. Ton paternel chassait, il t’a transmis sa passion. Anciennement c’était l’occasion de prendre une bonne brosse en forêt. Naïvement,  je pense que ce n’est plus le cas. Il y a quelque chose et de très ancien qui s’empare de l’homo sapiens moderne face à la chasse à l’orignal. Un réflexe millénaire qui pousse à faire des réserves automnales pour l’hiver. Il y a aussi probablement le trip de se mesurer à quelque chose d’immense, plus gros que si et de l’abattre.  Beaucoup diront que le fait d’être en forêt les comble en soi et je les crois. Une seule demande, vous n’êtes pas obligés de nous montrer les carcasses. Ne faites pas comme le dentiste tueur de lions en Afrique du Sud. Je serais bien preneur d’un steak ou de viande à fondu, mais ça me dérange pas de ne pas voir la tête de la victime. La mode des Hoods de Char est pas mal passée et c’est une bonne chose. Ne lâchez pas continuez de chasser en respectant les règles. Je suis trop moumoune pour voir un orignal mourir encore moins si je suis le chasseur. Je suis convaincu que je me mettrais à pleurer et que je culpabiliserais pendant des mois. Vous êtes chanceux de ne pas être comme ça.

 

Suivez ce lien sur un excellent documentaire sociologique de Pierre Perreault sur la chasse à l’orignal ICI