Gens de chez-nous Nos Charlevoisiens Personnalité du jour

Sur la colline avec Alain Laforest

alain

Photos courtoisie

Comme Obélix, il tombe dans la marmite

Né à Québec d’un père arpenteur pour le Ministère des Transports et d’une mère de descendance acadienne, Alain Laforest tombe dans la marmite des médias à un âge très précoce. Lorsqu’il est en cinquième année, la famille, dont Alain sera l’enfant unique, déménage à La Malbaie. Quelques mois plus tard, entre un homme très important dans sa vie qui influencera profondément son destin. Réjean Tremblay est son professeur et le président de la télévision communautaire Vents et Marées. Il recrute Isabelle Desmeules, Claude Néron et Alain pour animer l’émission culte ”Papillonnage d’enfants” probablement la première émission de télé animée par des enfants de 11 ans. Alain y est responsable des sports, ce qui l’amènera éventuellement à rencontrer René Lecavalier sur la passerelle de presse au Forum de Montréal. Sa première entrevue à la télé a été réalisée avec le gardien des Castors de Saint-Fidèle qui devait être Dominique Tremblay à l’époque.

alain3

Pendant son secondaire 3, toujours sous l’impulsion de Réjean et de Paul Lefrançois, naît “Info Poly” avec Richard Bergeron et Jean-Pierre Lapointe. Notre trio sèche les cours pour réaliser cette émission. La participation à “Info Poly” deviendra un cours en soi 2 ans plus tard.  Alain s’implique également à la radio et à la télé étudiantes. Il était déjà tombé dans le fond du chaudron de la soupe des médias. Fait à signaler, plusieurs années plus tard, il participera à une émission de Claire Lamarche où il rendra un hommage vibrant à son premier mentor Réjean Tremblay.

Je me souviens d’Alain, un léger duvet sur la lèvre supérieure (14-15 ans) qui fait une entrevue avec le Premier Ministre du Québec Robert Bourassa qu’il réussit à faire sortir légèrement de ses gonds. Il suit déjà quelques bonnes formations à la TVC-VM, notamment en scénarisation avec le réalisateur Jean-Pierre Morin de Radio-Québec, très renommé à l’époque.

Vers l’infini et plus loin encore

Il part pour le Cégep Limoilou en communications. Il étudie avec André Robitaille, Marc Larouche et André Gagné de La Malbaie. Il est de nouveau impliqué dans la télé du Cégep et a un emploi pour les Nordiques de Québec comme vendeur de souvenirs au Colisée. Il fait son cégep en 3 ans (trop de café Snouk?) et se dirige à l’Université Laval pour un BAC en sciences politiques. Même si ses parents sont revenus à Québec, il revient travailler à La Malbaie après ses études. Bien sûr, il est à TVC-VM et aussi au Manoir Charlevoix jusqu’à ce qu’il reçoive un appel de son ami André Gagné. Il y a un poste de libre en télé à Rouyn-Noranda. Alain envoie son essai vidéo et il est embauché. Il devient lecteur de nouvelles sur les principales chaînes de télé diffusées là-bas. Le plus gros dossier qu’il ait à couvrir est celui de la contamination au plomb d’une partie de la population.

Comme il est difficile de séparer les amis, Mario B. Tremblay arrive en Abitibi alors qu’Alain part pour Sherbrooke retrouver Paul Lefrançois et Richard Bergeron qui sont à 4 saisons. Il travaille alors pour TVA Estrie comme chef de pupitre puis lecteur de nouvelles.  En 1996, il est dépêché au Saguenay pour un reportage sur l’inondation, il y restera 22 jours à travailler 15 heures par jour pour couvrir les événements. Il continue de venir à La Malbaie en vacances et pour le téléthon de TVC-VM chaque année dont il est un des principaux animateurs. Il reste 7 ans à Sherbrooke et y rencontre son épouse, Hélène Brochu. Il anime aussi un téléthon en Estrie au profit du centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Il reste 7 ans dans cette région.

Les ligues majeures

Alain va vivre ensuite un nouveau changement, et un très important alors qu’il se retrouve à Montréal dans les ligues majeures. Il est d’abord Chef de pupitre à Salut Bonjour. Puis il intègre l’émission JE avec Jocelyne Cazin et Gaétan Girouard. Il traite des dossiers très délicats et il a l’impression d’aider les gens qui se font abuser par des escrocs. On l’a beaucoup vu travailler sur le cas Norbourg et Vincent Lacroix. Il l’attrapait partout où il pouvait jusque dans sa maison de transition. Et le plus remarquable, c’est que Lacroix parlait à Alain et répondait à ses questions. Ce n’était pas banal. Dans la plupart des cas de fraude, les condamnés fuient les journalistes. Lacroix ne fuyait pas Alain et ce dernier n’avait aucune complaisance envers lui, il lui posait les questions qui tuent. Alain voulait lui mettre de la pression pour que les gens floués retrouvent leur argent. Il a couvert un procès civil et un criminel dans le cas de Lacroix.

Malgré qu’il reçoit parfois des menaces, il ne se laisse pas déstabiliser. Par contre, le suicide de Gaétan Girouard a l’effet d’une bombe atomique sur lui et ses collègues de travail. Pour oublier un peu ce triste événement, on lui offre d’aller à Ottawa sur la Colline Parlementaire à l’époque de Jean Chrétien et de Stockwell Day. Ses 2 enfants Marie-Chantale et William et son épouse Hélène suivent Papa au gré de ses affectations. Pour avoir une bonne interaction avec Jean Chrétien, il fallait faire preuve d’humour. Il entrait plus facilement en contact avec les gens décontractés, car il est lui-même doté d’un bon sens de l’humour. Alain n’a jamais eu de problèmes avec les politiciens de toute sa carrière. Il les a toujours respectés et réciproquement.

alain4

Un événement dramatique

Le 11 septembre 2001, une petite bombe éclate dans la vie de la famille Laforest. Ils reviennent dans la ville de Québec. Alain se joint à l’équipe de TQS comme lecteur de nouvelles, midi et soir. Il remplace également à l’occasion sur les lignes ouvertes. Il fait un passage éclair au FM 93 où le retour de Robert Gilet rend beaucoup de personnes mal à l’aise. Il anime le matin et aussi le midi. Mais la télé lui manque et il retourne à Montréal chez TVA en 2005. Il participe aux premiers balbutiements du bureau d’enquête où il est particulièrement affecté à la couverture d’Hydro-Québec. Il est aussi chef de pupitre pour Claude Poirier et rédacteur à Salut Bonjour. On peut dire qu’il est très polyvalent probablement en raison de ses années de télévision communautaire.

De retour sur la colline à Québec depuis 10 ans

Alexis Deschênes de TVA quitte la colline parlementaire à Québec il y a 10 ans. Back to the future pour les Laforêt. Depuis ce temps, les journées d’Alain commencent par les lectures de journaux et s’enchaînent les conférences de presse, la tribune de presse à l’Assemblée nationale pour terminer le tout par des directs avec Pierre Bruneau à 18h.

2b4a72c1-5978-47e0-8167-350270184040_tvan_small

Il a suivi deux (2) campagnes électorales fédérales (PLC,NPD) et trois (3) provinciales (2 PQ, 1 CAQ). Il était au Métropolis lors de l’attentat raté contre Pauline Marois qui a fait un mort innocent. C’est-à-dire qu’il part 40 jours en avion ou autobus et qu’il suit les chefs partout jusqu’au jour du vote. Une tâche éreintante. Il a aussi animé pendant 4 ans une émission d’affaires publiques appelée Caucus sur MATV qui était diffusée une fois par semaine où le côté humain des politiciens était mis de l’avant. Il a beaucoup voyagé pour son travail : Londres, France, Bruxelles, Édimbourg (référendum écossais), Congo et Erevan (Arménie), Monaco, etc.

alain5

Aujourd’hui, son épouse est agente de voyage, ils habitent au Lac Delage où ils manquent régulièrement d’électricité :-) Alain a toujours le feu sacré. Il est devenu une figure majeure des médias québécois comme d’autres Charlevoisiens et Charlevoisiennes. Il reste attaché au coin de pays où il a grandi et y revient de temps à autre. Une chose, le Alain du secondaire et celui d’aujourd’hui se ressemble pas mal. Il n’a surtout pas la tête enflée, il reste encore en lui beaucoup du petit Laforêt du Plateau qui fréquentait la polyvalente. Il a eu une carrière exemplaire, mais il est resté simple et plein d’humour. Merci pour ces belles années de télé que tu nous a données et que tu nous donnes encore.