Gens de chez-nous

Nos meilleurs golfeurs

Images Fairmount

Charlevoix, particulièrement La Malbaie, fait partie de l’histoire du golf en sol nord-américain. Le Murray golf club a débuté ses activités en 1876, ce qui en fait le plus vieux club de golf en Amérique au même endroit, devancé seulement par le Royal Montréal qui a changé de site.

Les terres qui bordaient la rivière Mailloux et plus tard le ruisseau Théodore fournissaient des espaces propices à développer des allées et des verts avec des obstacles d’eau en prime. J’ai eu la chance dans ma jeunesse de manipuler des bâtons de golf en bois utilisés au début du 20è siècle. Mon grand-père, Gérard Harvey, gardait ces artéfacts de même que des skis de la même époque dans son garage du 99 Côte Bellevue, donc très près du golf du Manoir. Le golf pratiqué au début du Murray Bay était plutôt rudimentaire. Propulsés par les Écossais de La Malbaie, les villégiateurs en faisaient une activité sportive et mondaine. À cette époque, pas question de femmes sur le terrain. Ne dit-on pas que Golf signifierait Gentleman Only, Ladies Forgotten.

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le chalet est inauguré en 1905, le tennis et le croquet ont suivi; le premier trou est répertorié en 1897; le terrain est reconnu par la “Canadian Golf Association” en 1925; les vaches disparaissent en 1928, les systèmes d’arrosage juste après la Première Guerre mondiale et la piscine au milieu des années soixante.

Site du club de golf Murray Bay

En 1929, ce fut l’ouverture du Nouveau Manoir Richelieu comme haut lieu de villégiature et on a profité pour aménager sur les hauteurs de Bellevue un tout nouveau 18 trous.Le parcours de golf du Fairmont Le Manoir Richelieu a connu lui aussi une histoire captivante. Il fut inauguré officiellement le 18 juin 1925 en présence de l’honorable William H. Taft, ancien président des États-Unis et résidant de Pointe-au-Pic pendant la saison estivale.

Site de Chronogolf

À cette époque les Charlevoisiens n’étaient admis sur les terrains autrement que comme caddies. C’était d’ailleurs un petit boulot très populaire pour au moins deux générations de Malbéens et Pointe-au-Picois. Au cours des ans, un caddy partant avec ”son bonhomme” pouvait espérer recevoir 75 cents au début et 5$ à la fin vers 1975. L’arrivée des carts électriques et à gaz a tué le métier de caddy. Mais c’est de cette façon que des dizaines de flos se sont initiés au golf en allant ”pirater” sur les allées après 17h en espérant ne pas se faire attraper.

Lentement, mais les verts les villégiateurs ont commencé à ouvrir aux locaux au tournant des années 60. Le championnat du club Murray dont tous les gagnants hommes et femmes sont affichés sur de très beaux tableaux a commencé à couronner des gagnants de Charlevoix. Au Manoir Richelieu, il est devenu possible d’avoir des passes de membres dans les années 70. Le golf se démocratisait enfin. Et les pirates ont envahi les allées. Pour la suite je vais souligner quelques Charlevoisiens qui ont fait leur marque au cours des années. Il est évident que je vais en oublier, car je ne fais appel qu’à ma mémoire. Peut-être voudrez en ajouter en commentaires.

Laurent Forgues

Multichampion du Murray Bay. Habitant de Rivière Mailloux, il a grandi sur le terrain de golf.

Jacques Rochette

Issu d’une famille très connue de notables locaux, plutôt petit et vif, il survolait le terrain pour gagner des championnats.

Claude Bergeron

Longtemps détenteur des records de meilleur pointage avec un 63 au Manoir Richelieu, il était un joueur méthodique et puissant.

Michel Murray

Longtemps membre au Manoir Richelieu avec Claude Bergeron, il était toujours un fier compétiteur sur le terrain, notamment lors du Match-Play annuel.

Marc Desbiens

Issu d’une famille dont le père Lucien était très actif au Murray Bay, il fait partie de la 3e génération des très bons joueurs de La Malbaie.

Marlène Desbiens

Une véritable légende, elle a tout gagné incluant des compétitions où elles affrontaient des hommes. Il s’est aussi illustré sur la scène nationale. Avec de meilleures circonstances, elle aurait sûrement pu jouer aux États-Unis dans la LPGA. Elle continue toujours de dominer les tournois importants au Murray Bay et le tableau des gagnantes du championnat est tapissé mur à mur par son nom.

Image Québec blue golf

Image Québec blue golf

Réal Tremblay

Un gars de Saint-Fidèle capable de frapper une balle très loin, mais qui est malheureusement décédé trop jeune.

Autres bons golfeurs

Walter Leblond un gros cogneur, Jean-François Marier, Pierrette Villeneuve, Craig Clow.

Nouvelle génération

Des golfeurs que je connais moins comme Martin Dassylva, Michael Couturier sont maintenant à l’avant-plan et ce sont eux qui réalisent les exploits. Sans oublier William Boudreault qui était déjà redoutable à 15 ans.

Club de Baie-Saint-Paul

En 1972, un nouveau terrain de 9 trous a fait son apparition dans Charlevoix à Baie-Saint-Paul. Aujourd’hui appelé Le Loup et comptant 18 trous, il a permis à des joueurs de Charlevoix-Ouest de se développer sur un terrain qui comporte son lot de difficultés.

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Claude Mailloux

Le fils du regretté Raymond Mailloux compétitionne  régulièrement avec les meilleurs joueurs du Murray Bay.

Rémi Couture

Tombé dedans  à Lévis dans sa jeunesse, ses habilités sont revenues et en font un des bons joueurs du terrain de Baie-Saint-Paul.

Lucille Vandal

Une golfeuse capable de rivaliser avec les meilleures de Charlevoix.

Mon ami Dave Kidd grand golfeur devant l’éternel me mentionne également les joueurs suivants: Robin Audet, Claude Gauthier, Rosaire Rochefort, Pierre Larue et Éric Lavoie. Je ne sais pas pour quelle raison mais il ne s’est pas nommé lui même mais je le sais capable de bonnes performances.

Bien sûr, la liste des bons joueurs est incomplète. Même si j’ai travaillé au club de golf du Manoir Richelieu de 1979 à 1984, bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis ce temps. Mais l’avenir du golf au Québec n’est pas si rose. La relève se fait rare. Les tournois sociaux sont devenus le pain et le beurre des très nombreux terrains qui n’opèrent que 6 mois par année. Le développement de nouveaux compétiteurs passe beaucoup par les universités américaines ce qui veut dire qu’ils quittent leur patelin d’origine sans nécessairement y revenir. Les professionnels de club ne sont plus une obligation et les parcours sont de plus en plus gérés par des administrateurs. La COVID a fait de 2020 une année de pertes pour la plupart des clubs. C’est aussi un sport qui peut être dispendieux surtout à cause des coûts pour un bon équipement et des balles de bonne qualité. Certaines balles se vendent à 12$ l’unité, vaut mieux ne pas aller trop souvent dans le bois.

Avec 3 terrains, Charlevoix est particulièrement bien doté en infrastructures. Les maintenir est coûteux, les baby-boomers qui sont la clientèle principale vieillissent. On invente de nouveaux usages comme le golf Frisbee. Est-ce que ce sera suffisant, probablement pas, mais il faut continuer à se creuser les méninges. Le retour des tournois sociaux est essentiel. Personnellement je suis le pire des piocheurs, je n’ai jamais su jouer comme du monde, mais le golf fait partie de mon ADN. Je suis pratiquement né sur un terrain. C’est un des plus beaux sports au monde de multiples façons. Nous devons tout faire pour que Charlevoix demeure le paradis du golf au Canada.