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L’homme derrière la nouvelle

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Mon ami Larouche vous a déjà parlé d’André Gagné sur MonCharlevoix.net. J’ai décidé d’aborder son parcours d’une façon plus complète et chronologique, ce qui permet de voir comment plusieurs Charlevoisiens d’origine font leur chemin dans les grands médias nationaux.

André est le fils de Gérard Gagné et Lucille Dufour, tous deux décédés. M. Gagné a travaillé toute sa vie dans la guenille comme il le disait lui-même, mais il a honorablement subvenu aux besoins familiaux en travaillant au Roi de l’Habit et à la Mercerie JR Bergeron. Plus tard avec son épouse, ils ont racheté le Salon Vendôme de madame Yvette Bilodeau. Gérard Gagné a également fait deux mandats comme conseiller municipal à la Ville de La Malbaie.

André a aussi un frère Michel et les deux sont de grands sportifs. Pendant son secondaire, André est toujours dans les gymnases à pratiquer le badminton, le handball ou le volleyball. Il décroche un premier emploi aux terrains de tennis de La Malbaie avec Yvon Bergeron. Il était aussi caddie au Murray Bay, ce qui lui donnait l’occasion de jouer en pirate ou autrement. Comme bien d’autres, il a subi l’influence de Réjean Tremblay son prof de 6è année qui lui ouvre les portes du monde de l’image et du son. Pour Noël, Réjean conseille à ses parents de lui acheter un magnétophone. Tout au long du secondaire, il passe chercher le Journal de Québec au dépanneur chez Otis et le garde avec lui toute la journée pour lire les nouvelles. En plus, ils sont abonnés au Soleil à la maison ce qui lui permet de se renseigner davantage.

Il s’inscrit au Cégep de Limoilou en communication dans le but de poursuivre à l’université dans le même domaine. Mais avant de terminrr secondaire avec Michel Mailloux, Daniel Chaperon et Annie Simardcoachés par Gilles Tremblay, enseignant, il participe à Génies en Herbe à la télé de Radio-Canada animé par Jean Pagé (RIP). Il fait aussi un échange étudiant avec la Colombie-Britannique, il était sur le comité organisateur avec l’enseignant, André Boies. Une rencontre des participants en 2016 a réuni Daniel Belley dit Apache, Lise Bélanger, Sonia Tremblay et autres.

Il s’initie au curling à 14 ans en parascolaire et il attrape la piqûre de ce sport qu’il pratique toujours assidûment, il est aussi en charge des communications du Challenge Casino depuis plusieurs années.

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Au Cégep de Limoilou, il sort du coton ouaté charlevoisien comme il décrit sa jeunesse pour tomber face au marxisme-léninisme, à la lutte des classes, aux manifestations, une autre facette de la société. Cela produit une prise de conscience de son côté. Alors qu’il voulait devenir journaliste sportif, il se dirige dorénavant vers le général. Il rencontre sa conjointe à cette époque et trouve son premier emploi en télévision à CFER TVA à Rimouski. Il est dans l’émission du matin Café Show. L’émission quitte les ondes deux ans plus tard et c’est le retour à La Malbaie. Il arrive dans un moment particulier de l’histoire de la région au paroxysme du conflit du Manoir Richelieu lors du décès de Gaston Harvey en pleine manifestation. En pleine nuit à 4h du matin, il quitte le bar du Castel pour se rendre au poste de la SQ. Il couvre en direct l’événement toute la matinée du lendemain avec Réjean Tremblay. Il assiste quotidiennement à l’enquête du coroner Robert Sansfaçon sur les événements. Il dispose de 20 minutes chaque soir pour faire le résumé de la journée. Comme il est interdit de filmer à la cour, le caméraman de TVC-VM Donald Gravel devient dessinateur de croquis des témoins à la barre.

Sa profession l’amène ensuite à Val D’Or pour l’ouverture de TQS dans cette ville. Il est lecteur de nouvelles, on est en 1987 et il restera en Abitibi un an et demi. D’autres Charlevoisiens le suivront au même endroit comme Mario Bernard Tremblay qui le remplace et Alain Laforest à Rouyn Noranda. Martine Biron de Radio Canada et François Dallaire de La Facture sont aussi là à cette époque glorieuse.

La prochaine étape est à Trois-Rivières comme journaliste pendant deux ans pour Cogeco Radio-Canada. Son ascension se produit jusqu’à la salle des nouvelles de TQS Montréal où il passe 8 ans comme journaliste et chef de pupitre. Au bout de ces années, il a le goût de changement et il passe à NTR Presse canadienne comme journaliste radio, un poste qu’il a beaucoup apprécié pendant 6 ans. Ses enfants Rémi et Camille sont arrivés et il s’installe à Longueuil où il réside encore aujourd’hui.

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Comme il a étudié l’économie à l’université, lors de la création du canal Argent il se retourne dans l’équipe qui fait rouler cette station destinée au monde des affaires. Il y est chef de pupitre et lecteur de nouvelles pendant près de 5 ans. Même si les audiences ne se calculent pas en millions, la passion qui l’anime avec ses collègues est perceptible en ondes.

Les fins de semaine, en famille, ils se rendent à Saint-Côme dans Lanaudière dans un condo au pied des centres de ski. Les enfants font de la compétition à de bons niveaux. Après 11 ans et demi, le Canal Argent cesse ses diffusions, mais comme André jouit d’un statut de syndiqué à TVA il peut se relocaliser. Il se retrouve chef de pupitre au bulletin de 22h avec Sophie Thibault puis un an plus tard adjoint au pupitre du 18h de Pierre Bruneau le bulletin le plus écouté au Québec.

Le travail du chef de pupitre adjoint est de voir à l’organisation du bulletin de nouvelles. S’assurer que les reportages entre à temps, rédaction de nouvelles, planifier les directs, prévoir les bandeaux écrits en bas d’écran, etc. Tout doit bien se passer, sans erreur. Si un imprévu arrive, il faut un plan B. Il s’agit d’une des 5 émissions les plus regardées de la télévision québécoise. André continue de remplir ces tâches quotidiennement, mais la retraite commence à pointer le bout du nez. C’est à suivre.

Ses deux enfants sont devenus adultes. Rémi est informaticien et passionné de médiéval et de GN pour ceux qui connaissent ça. Camille travaille en ressources humaines et en recrutement de personnel.

André est un grand sportif. Vélo, course, il a fait un marathon en 2013. Presque chaque année il participe au triathlon de Charlevoix avec son frère Michel. Il joue à la balle-molle et avec sa gang ils vont jouer un tournoi tous les 2 ans en République dominicaine comme des ressortissants de ce pays. Mais sa passion actuelle est le curling. Il joue à un niveau élevé de compétition chez les séniors 50 ans et plus. Attaché au club de Boucherville, il pratique 4 fois par semaine entre autres, en vue du championnat provincial.

À gauche André À droite son frère Michel

À gauche André
À droite son frère Michel

Finalement depuis deux ans, il siège au conseil d’administration de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec à un moment où il y a beaucoup d’incertitude, notamment en ce qui a trait au futur de la presse écrite.

À la Place Tien An Men à Bejing en 2017

À la Place Tien An Men à Bejing en 2017

Il a une nouvelle conjointe qui joue aussi au curling ce qui leur permet de passer du temps social ensemble. En terminant, il a un peu de regret qu’à son époque, il n’y ait pas eu d’organisation de sports d’élite dans Charlevoix, car il aurait peut-être pu faire une carrière dans un des sports qu’il pratiquait. Il est heureux que ça ait changé aujourd’hui et que les jeunes de Charlevoix puissent atteindre d’excellents niveaux jusqu’aux Olympiques. Je vais conclure avec la même conclusion que Marc Larouche faisait dans son portrait de notre personnalité. Si jamais vous le croisez à Saint-Aimé, au Mont Grand Fonds ou au Curling de Clermont ne vous gênez pas lui piquer une jasette, il est d’un naturel abordable.