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Ghislaine Savard «J’ai toujours aimé aider les autres»

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Par Marc Larouche

À Baie-Saint-Paul, tout le monde connaît Ghislaine Savard. M’avouant son âge vénérable avec plaisir, la dame de 73 ans originaire de Petite-Rivière-Saint-François, ne compte plus les organisations bénévoles pour lesquelles elle oeuvre. Le don de soi, elle l’a développé dès son enfance.

«Je suis la troisième d’une famille de 11 enfants. J’ai commencé très tôt à aider, à être grande. Je regardais mes frères et mes soeurs plus vieux, je m’occupais des plus jeunes. J’ai arrêté l’école pour aider ma mère à la maison. Plus tard, j’ai suivi des cours pour me rattraper», dit-elle.

Moncharlevoix.net a dû réaliser tout un tour de force pour rejoindre Mme Savard, toujours absente de son domicile. «J’ai le même agenda qu’une personne qui travaille à temps plein», blague-t-elle. «C’est une semaine importante avec l’exposition à l’église de Baie-Saint-Paul sur Sainte-Thérèse de Lisieux. Je suis surveillante».

L’homme de sa vie, c’était Marcel Larouche, avec qui elle a longtemps tenu un magasin général. «C’est l’amour de ma vie. Lorsque des gens me proposaient un engagement, il m’encourageait toujours en me disant d’y aller, que j’étais capable. Il me donnait les outils pour y arriver. C’est beaucoup grâce à lui si je suis tellement engagée dans des causes aussi différentes. Je disais qu’à sa mort, je rentrerais chez les Soeurs. Lorsqu’il est décédé, il y a 8 ans, j’y suis allée. Ils m’ont trouvé trop vieille et m’ont dit de continuer mes oeuvres dans la communauté», dit-elle en riant de bon coeur.

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40 ans de bénévolat

Ghislaine Savard pratique le don de soi depuis 1968, il y a 40 ans, au sein de fondations et associations diverses, notamment des Filles d’Isabelle et de l’Église de Baie-St-Paul. Elle siège au comité de liturgie de l’endroit et j’en passe. Depuis 23 ans c’est surtout au Centre d’accueil Pierre Dupré qu’on la retrouve. Elle y est responsable de la pastorale ainsi que du comité de bénévoles qui amène joie et réconfort dans la vie des personnes âgées.

«Mon salaire, ce sont les sourires, la joie dans les visages des résidents qui ont tellement peu de visiteurs. L’an dernier, après des mois de démarches, j’ai pu organiser une activité pour les amener à l’église, même ceux en chaises roulantes. Il fallait voir la joie chez ces gens qui souvent ne sortent jamais. C’est mon salaire. Ils m’offriraient de l’argent pour remplacer le bonheur que ça me fait et je n’en voudrais même pas.»

Ghislaine Savard prend grand soin de ses bénévoles. «Ils sont un bien précieux et sont de plus en plus rares. En quelques années, au centre d’accueil, nous sommes passés de 32 à une vingtaine. Les gens vieillissent, il y a la maladie et tout. Mais surtout, la relève est absente. Il y en a très peu. Quoiqu’hier, j’ai eu un beau cadeau. Une dame dans la soixantaine m’a donné son nom pour être bénévole, de même qu’une jeune fille de 21 ans. Je suis très contente. Je les motive et les remercie en leur organisant des activités sociales.»

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La joie de donner

Quel est son secret ? «J’ai la santé et j’en suis reconnaissante. Tellement de gens sont malades. Lorsque l’on est en santé, je crois qu’on doit redonner. C’est comme un petit retour d’apporter des petits plaisirs et de donner de la joie aux autres autour de soi».

À celles et ceux qui aimeraient donner de leur temps, Ghislaine Savard affirme que ce sera la meilleure décision qu’ils auront prise dans leur vie. «On en retire tellement plus que l’on en donne. Chaque fois que je vais au Centre d’accueil, je vois des sourires. C’est mon cadeau. Si vous avez la santé et une heure à donner, soit pour divertir les personnes âgées, lire les lectures à l’église ou donner la communion, la porte est ouverte. Il y a tellement de besoins et de possibilités», conclut cette grand-mère comblée.

«Déjà, avec mes deux enfants, Luc et Line, c’est le bonheur. Avec mes quatre petits-enfants et mon bénévolat, c’est le bonheur total».