Gens de chez-nous mon Baie-Saint-Paul

Francine Thibeault, le pouvoir de la persévérance !

Francine, décorée de l'Ordre du Canada (membre) reçoit la Médaille de la Reine en 2014 par le Gouverneur général du Québec, l'Honorable Pierre Duchesne

Portrait de Marc Larouche

Baie-Saint-Paul – Francine Thibeault consacre sa vie à l’amélioration des conditions de vie de ses semblables par l’adoption de saines habitudes de vie. Après avoir traversé plusieurs embûches, la fondatrice du Club bon cœur des cardiaques de Charlevoix, devenu le « Club Bon Cœur », est fière du travail accompli.

« J’ai eu l’idée de m’engager plus à fond dans ce domaine lorsque mon père a fait une crise de cœur à 57 ans. Son cardiologue, Guy Tremblay, alors président de l’Agence de santé (l’ancêtre des CIUSSS) m’avait dit qu’aux États-Unis, des gens comme mon père pouvaient être aidés par la prévention. Ça m’avait marquée ».  Elle aurait aimé être décoratrice d’intérieur, mais cette circonstance l’incite plutôt à soutenir sa famille. Elle a alors opté pour la profession d’infirmière. En 1975, année de l’obtention de son diplôme, elle rencontre Jean-Pierre Anctil, celui qui partage sa vie depuis 40 ans.

Seule contre le système

Francine Thibeault a décidé de travailler en amont. « Je me suis battue contre le système. Je nageais à contre-courant. Imaginez que je parlais de prévenir et non de guérir. Heureusement, des gens ont été mis sur ma route pour m’épauler. Je pense à Jacques Tremblay de La Malbaie, alors directeur de l’hôpital et aussi un certain André Larouche. La prière et l’amitié ont certainement aidé ».

Le dernier paragraphe, c’est l’histoire courte. En réalité, la route fut longue et difficile.

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(L’activité Midi-Santé au centre Coeur à Tous)

« La folle au tapis roulant »

« Lorsque  j’ai  commencé  mon projet,  j’étais  imbibée par ma profession d’infirmière : diagnostic – traitement.  Or, les cardiologues qui venaient dans Charlevoix ne disposaient d’aucun équipement pour évaluer l’état de santé des gens, qui devaient alors se rendre à l’hôpital de l’Enfant Jésus de Québec pour passer l’examen. »

L’appareil essentiel, c’était un tapis roulant. Beaucoup d’efforts ont été déployés et il a fallu une grande persévérance afin d’atteindre le but. « Grâce à une campagne de financement sous la présidence de feu M. Origène Dufour et la participation des Petites Franciscaines de Marie ainsi que des gens de Charlevoix, nous avons amassé l’argent nécessaire pour acheter le tapis roulant… mais pour l’installer il a fallu attendre environ 5 ans. Pour des bénévoles, c’est long. »

Ensuite, grâce aux précieux conseils de Paul Talbot, cardiologue, Francine a présenté le projet sur deux volets : diagnostic et prévention. « J’ai subi de l`incompréhension voire même de l’intimidation. Mais j’étais convaincue, par les nouvelles études, des bienfaits d’une meilleure alimentation, de l’activité physique et de la gestion du stress négatif. »

Améliorer la santé

Le Club Bon Cœur, c’est sa réalisation. Il a vu le jour en 1984. La mission du club est de soutenir toute démarche individuelle, de groupe ou d’établissement désirant préserver sa santé en général, en particulier du cœur. Quelques années auparavant, à titre bénévole au Centre communautaire Pro-santé, Francine Thibeault participait aux collectes pour les campagnes de collecte de fonds de la Fondation des Maladies du Cœur de Québec. « Marcel Gagnon et Luc Simard m’ont aidée beaucoup pour la création du club. Marcel en a été le président durant 15 ans. »

L‘implication de Francine Thibeault envers le club est multiple : directrice  générale depuis 1987; élaboration des programmations, des services et activités; représentation politique et bien d’autres. C’est seulement en 1992 que le club obtient  une  première  subvention  au  montant  de  2500 $.  Aujourd`hui, c’est 65 000 $. Il lui a fallu être tenace, convaincante et avoir des arguments solides, car dans ces  années-là,  on  ne  subventionnait  pas  les organismes en santé physique.

Le projet était noble, mais le peu de collaboration et l’idée jugée trop novatrice rendaient la tâche ardue. « Avec le soutien des membres du conseil d’administration et à la lueur des données scientifiques, nous avons réfléchi et statué afin de prendre une autre avenue. » : il fallait « démédicaliser » la santé.

« Nous avons emménagé sur la rue Racine. Nous y sommes toujours avec une programmation spéciale qui a été mise en place en regard de l’image renouvelée de l’organisme. »

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(Une activité de marche au Genevrier avec les membres du CLUB de marche Bon coeur de Baie-Saint-Paul)

Charlevoisienne pure laine

Née le 6 juin 1948 au Cap-aux-Corbeaux, Francine Thibeault a passé son enfance  entre  fleuve et montagne « dans une quiétude et une liberté fantastique ». Sixième d’une famille de sept enfants, sa mère, première coiffeuse à s’établir sur la rue Saint-Jean-Baptiste à Baie-Saint-Paul, alors que son père, Antoine Thibeault, avait hérité de la terre familiale.

« Mon père regrettait de ne pas avoir fait de grandes études, mais son intelligence vive et son charisme ont compensé. Ma mère, une artiste dans l’âme, nous a inculqué le goût du beau et aussi du service, puisqu’elle a pris soin de mon père durant sa longue maladie. »

En 2008, c’est elle qui a été mise à l’épreuve par la maladie. Avec la volonté qu’on lui connaît, Francine combat un grave cancer. Avec l’aide d’une équipe médicale compétente et la force de la prière à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, elle s’en sort et surprend le monde médical et son entourage.

Les épreuves que  Francine a traversées, jumelées aux responsabilités qu’elle a dû assumer très jeune, ont certainement forgé son caractère, sa volonté d’aller toujours plus loin. Une trentaine d’années plus tard, le travail de prévention qu’elle a réussi à inculquer avec le Club Bon Cœur lui donne raison :

« Aujourd’hui, nous avons les Pierre Lavoie et autres qui font la promotion des saines habitudes de vie. Il y a 30 ans, lorsque l’on parlait de prévention, c’est comme si nous venions d’une autre planète. »

 

L’avenir dans le domaine de la prévention

Les mentalités ont changé, heureusement. Les connaissances acquises sur les effets positifs de saines habitudes de vie, incluant une alimentation équilibrée et une bonne gestion du stress, donnent raison à Francine Thibeault. Le Club Bon Cœur évolue aussi en ce sens. « Je désirais quelqu’un qui comprendrait davantage le but que je m’étais fixé. Quelqu’un qui voudrait prévenir et comprendrait pourquoi. Il y a 5 ans, j’ai lancé un cri du cœur à l’Université de Sherbrooke. Nous avons obtenu un stagiaire kinésiologue et cela a ouvert la porte à d’autres postulants. Mais il ne suffisait pas d’avoir un cours universitaire pour répondre à notre mission. Nos critères étaient bien arrêtés. L’an dernier, Monsieur Alexandre Henry a été embauché. Après six mois, nous avons eu la certitude que nous avions fait le bon choix. » Kinésiologue certifié et respectueux des objectifs de l’organisme, la combinaison était gagnante.

« Nos programmes et nos activités ont été mis à jour et nous avons les compétences pour affronter l’avenir. De plus, nous avons entamé une complicité avec la Ville de Baie-Saint-Paul pour mettre en place notre volet d’interprétation sur la santé dans les locaux des PFM. J’invite la population à consulter notre site pour adhérer au Club Bon Cœur. Notre programmation s’adresse à une clientèle des 30 ans et plus. Nos membres sont impliqués et heureux de notre façon de faire. »

Une campagne de financement est en cours  sous la présidence de M. Ibrahim Sako, directeur de la succursale de la Banque Nationale de Baie-Saint-Paul et des fidèles bénévoles Jean-Pierre Anctil, Luc Goudreau, Karine Chouinard et Serge Bouchard. Francine vous invite à y contribuer généreusement.

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Prêcher par l’exemple

Durant les années où son projet du Club Bon Cœur faisait du sur place, Francine Thibeault a continué à créer. C’est ainsi qu’en 1988, constatant que sa région n’offrait aucune démarche en relaxation et en soins alternatifs, elle a fondé sa propre entreprise : le Centre Santé-Beauté Francine Thibeault. Depuis 12 ans, elle travaille avec sa fille, Marie-Hélène. « C’est un privilège; notre entreprise évolue avec une équipe de spécialistes. Mettre des organisations en place et voir leur implantation dans son milieu, c’est une chance et un cadeau. Je suis reconnaissante pour toute la confiance de mon entourage et la fidélité de la population. »

Que dire de plus, sinon ce beau message que Francine Thibeault tient à partager. « L’éducation passe par l’apprentissage et l’acquisition de connaissances pour mieux apprivoiser son savoir et autogérer sa vie. Ce sont ces valeurs que je désire léguer à nos générations futures », conclut celle qui est maintenant grand-mère. Le petit Elliot est âgé de 8 ans. Son vœu le plus cher est de lui laisser cet héritage du mieux-être.