Gens de chez-nous mon Baie-Saint-Paul

Bibianne Tremblay, une femme avec le cœur sur la main !

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Un texte de Marc Larouche

L’humain, c’est ce qui a guidé Bibianne Tremblay durant toute sa carrière.

Cette infirmière de formation a travaillé 35 ans à l’hôpital de Baie-Saint-Paul, dont plus de 20 ans à titre d’infirmière pivot au sein de l’équipe de soins palliatif.

«Je voulais comprendre ce que les gens vivaient, autant les personnes en fin de vie que leur famille et leur entourage. Ce poste m’a permis de faire un grand travail d’introspections. On apprend nos limites, on se rend compte que l’on est aussi vulnérable, même avec la formation d’infirmière», dit la résidente de Baie-Saint-Paul, native de Les Éboulements.

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Cette empathie, elle dit l’avoir héritée de l’une de ses tantes ainsi que de sa grand-mère paternelle. «Elles ont été de beaux exemples pour moi». C’est ainsi qu’après avoir complété sa formation d’infirmière, elle décide de suivre durant 3 ans celle en soins palliatifs dispensée par l’Université Laval, suivie d’un stage de 6 mois à la Maison Michel Sarrazin de Québec.

«Le modèle de soins que l’on y a développé a inspiré plusieurs hôpitaux, dont celui de Baie-Saint-Paul, dans l’implantation de leurs services en soins palliatifs», dit-elle. Celui-ci est basé sur le bien-être des personnes en fin de vie.

«Il faut être près d’eux, des familles, favoriser un environnement rempli d’humanisme, d’empathie, d’amour, tout en laissant les gens vivre le quotidien du malade au gré de la maladie.» Travailleurs sociaux, médecins, psychologues, aumôniers, ergothérapeutes et physiothérapeutes prêtent leurs connaissances au besoin. «Toute l’importance va à la personne en fin de vie. Il faut répondre à ses besoins dans un soulagement optimal des symptômes.»

Mourir seuls

Les gens ont souvent peur de mourir seuls, de souffrir. «Il y a les symptômes physiques, mais aussi psychologiques. Ils se confient, nous livrent des messages, se vident le cœur. Nous sommes leurs confidents. Ils se permettent de dire des choses qu’ils ont enfouies toute leur vie, régler de chicanes de famille, des conflits interpersonnels. Ces gens sont sans filtre.»

En 2005, Bibianne Tremblay a écrit un livre sur ses expériences de vie en soins palliatifs. «J’ai souvenir encore» ce dernier est épuisé, mais elle songe à une réédition. «C’est un cadeau que je me suis fait pour mes 50 ans. J’accompagnais ma grand-mère à l’époque et ça m’a donné le goût de mettre par écrit les bons et moins bons moments de ce que j’ai vécu, tout ce que les malades m’ont partagé.»

Retraitée depuis février 2016, elle avoue se tenir occupée. «J’ai travaillé en santé pour les Petites Franciscaines de Marie pendant 3 ans, je suis présidente de la chorale de Baie-Saint-Paul depuis 14 ans. Ça me permet de vivre des expériences magnifiques, dont un concert de Noël avec Marie-Michèle Desrosiers en 2005, présenté en l’église de Baie-Saint-Paul et refait à Québec. C’était grandiose».

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La peinture l’occupe beaucoup. Une cinquantaine de tableaux : paysages, musiciens, danseurs sont nés de son talent la dernière année. «Je pense à exposer», dit celle qui est aussi bénévole pour «Rêve d’automne» et le Domaine Forget.

«Maintenant, après avoir beaucoup donné en santé et m’être occupée de mon père durant les 6 ans précédant son décès, c’est l’art qui m’attire. Peut-être aussi l’enseignement. J’ai déjà été formatrice pour des infirmières auxiliaires et des préposés aux bénéficiaires, de même qu’au niveau collégial à Pointe-au-Pic. J’ai adoré transmettre mes connaissances, mon expérience, ce que j’ai vécu», conclut-elle.

Avec toute l’ardeur que Bibianne Tremblay met à développer ses talents, nul doute que son art sous toutes ses formes sera de plus en plus présent dans la région…peut-être au-delà !