Gens de chez-nous mon Isle-aux-Coudres Personnalité du jour

Annie Desgagnés a réalisé son rêve de Fraisinette

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Lorsqu’on prononce le nom de Desgagnés, on a de bonnes chances d’être pas loin de l’Isle-aux-Coudres. Notre personnalité du jour est la fille d’Ulysse Desgagnés, marin sur le traversier à la retraite et musicien au long court et de Jocelyne Harvey, visage bien connu du Cap-aux-Pierres. C’est à La Baleine dans le Chemin de la tourbe que voit le jour Annie Desgagnés, il y a un peu plus d’une quarantaine d’années. Elle a un frère qui demeure toujours au milieu du Saint-Laurent avec sa famille.

Annie fait son primaire-secondaire jusqu’en secondaire 4 à l’Isle. Déjà à un jeune âge, elle est toujours un peu en avant de la parade. Elle est fascinée par la télévision. À 7 ans dans son cahier de Fraisinette, elle écrit qu’un jour elle va remplacer le monsieur qui lit les nouvelles à la télévision. À l’Isle, il y a aussi peu que 9 jusqu’à un maximum de 15 élèves dans une classe, ce qui permet de déployer les talents des tout-petits. Annie a déjà plein d’univers dans sa tête, elle s’invente des histoires et des amis imaginaires. Chez elle, elle vit au rythme des pratiques du band de son père où il joue pour la pratique. Elle même suit des cours de piano classique, mais sa vocation musicale ne se poursuivra pas.

Le secondaire 5 à Baie-Saint-Paul implique de passer la semaine sur le continent. Elle s’inscrit en Arts et technologie des médias à Jonquière sur le chemin de son rêve, mais la vie lui réserve une mauvaise surprise qui s’appelle glomérulonéphrite membraneuse, un virus qui s’attaque aux reins. Pour faire simple, ça veut dire que ses reins n’ont plus de protection et qu’ils se dégradent.  Tous ses plans sont bouleversés. Elle fait un DEP en coiffure et travaille quelques temps dans ce domaine. Parallèlement, elle est très active dans le domaine du théâtre et de l’animation. Elle crée le personnage de Madame Charlevoix qui sillonne la région pour personnifier toutes nos qualités collectives. Elle touche à la télé à TV-CO où elle s’implique. Elle fait aussi de l’organisation d’événement. Pour gagner sa vie, elle travaille au Casino de Charlevoix. Elle reçoit le titre “d’Insulaire” de l’année à 23 ans en raison de son grand dynamisme. Elle est encore et toujours passionnée de communication.

Mais voilà qu’à 28 ans ses reins cessent de fonctionner. Pendant deux mois et demi, elle doit aller à Québec 3 fois par semaine pour être dyalisée pendant 4 heures. Son père est compatible et se prépare à lui donner un rein, mais par bonheur, un donneur décédé sauve 5 personnes dont Annie avec son rein. Annie n’avait parlé à presque personne de cette éventualité et ce fut une surprise quand parents, amis et connaissances ont su qu’elle souffrait d’une maladie du rein. Après la greffe sa vie change du tout au tout.

On vient de lui enlever une épée de Damoclès au dessus de sa tête et tout redevient possible. Ses rêves d’enfance sont de nouveau réalisables. Elle part pour Montréal avec la ferme intention de travailler en télévision. Elle ne connaît personne, mais décide d’ouvrir les portes. Son bagage en théâtre et en animation dans son sac, elle s’inscrit à un cours de gérance d’artistes spécialisée en production. Elle fait aussi l’école ProMédias. Elle a une amie qui travaille chez “Juste pour Rire” et c’est elle qui l’aide à joindre cette grande équipe. En 2004, on lui offre d’être jury filtre (Première étape) sur “Star Académie” produit par ” les Productions J” de Julie Snyder qui deviendra sa patronne les années qui suivront. Très rapidement, le vice-président productions lui offre d’être son adjointe. Elle joint alors le petit cercle de direction des “Productions J” où elle est au coeur des décisions d’affaires et artistiques. Au fil des ans, elle travaille avec les plus grandes vedettes et des dizaines d’artistes Québécois. Michel Drucker, Céline Dion, René Angelil, Marie-Mai et tous les académiciens ne sont que quelques personnes qu’elle a l’occasion de côtoyer pour le travail. Annie confie que la grande majorité des grandes vedettes sont simples et gentilles avec une mention spéciale pour Céline. Elles sont cependant impressionnantes parce qu’elles sont passionnées. Et Annie aime les passionnées. D’ailleurs lorsqu’elle a créé madame Charlevoix, elle s’était fortement inspirée de Julie Snyder et de ses robes extravagantes sans savoir qu’elle travaillerait avec elle un jour.

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À Montréal, Annie est toujours la petite fille de l’Isle, ses collègues l’appellent comme ça. Elle apprécie chacun des moments qu’elle vit puisque la vie lui a donné une deuxième chance. Elle porte Charlevoix et l’Isle dans son coeur en permanence parce ses valeurs sont enracinées dans la tourbe de La Baleine. Au plan professionnel, “les Productions J” vendent les activités de production au grand complice d’Annie, Benoît Clermont avec les “Productions Déferlantes“. Annie prend la vague et surfe avec habilité sur ses nouveaux projets comme La Vraie Nature, Accès illimitée, La Voix etc. Depuis 10 ans, elle est productrice déléguée au sommet de la création et de la diffusion de productions télévisuelles ou cinématographiques. Récemment, elle a véçu un moment excitant en travaillant sur la même émission qu’un autre marsouin, Simon Pednaud, qui est musicien. Son dernier grand coup est l’émission “Une chance qu’on ça“, au coeur de la pandémie.

Depuis cinq ans, elle habite Québec et a commencé le télé-travail bien avant la COVID. Elle va cependant régulièrement à Montréal.  Et encore mieux, bientôt elle retournera s’installer à l’Isle. À la retraite? Pas du tout, elle poursuit son travail aux “Productions déferlantes“. Elle aime trop ça. Elle a encore trop de choses excitantes à vivre, car par son travail, elle contribue à la vie quotidienne des Québécois en leur apportant de beaux moments de bonheur par le biais des artistes et des artisans de la communication. Avec Geneviève Jodoin, Simon Pednaud, Caroline Desbiens et autres personnalités l’Isle tire son épingle du jeu.

En terminant j’ai demandé à Annie  comment elle vivait la pandémie en tant que greffée du rein et immuno-supprimée.  Elle dit que les mesures d’hygiène, elle les applique depuis toujours, elle est prudente, mais ne s’empêche pas de faire ce qu’elle a à faire. Elle n’est pas le genre à se terrer à la maison sans bouger. Madame Charlevoix doit poursuivre son chemin et à nous rendre fier de la voir s’illustrer parmi les grands et toujours rester la petite fille de l’Isle.