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Chloé Lucie Desnouveaux : artiste, céramiste, potière et complice de l’argile

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Un héritage familial peut être monétaire, mais dans le cas de Chloé Lucie Desnouveaux, c’est l’art qu’il lui a été transmit. Chez elle, l’art populaire est mis de l’avant; son père était ferronnier d’art chez les Compagnons en France, une grosse association qui forme des maîtres en métier d’art. Sa maman est très proche de la menuiserie, du travail de l’aiguille et est excellente cuisinière. L’argile est venue vers l’âge de 17-18 ans: «j’ai touché à l’argile et j’ai voulu en savoir plus. J’ai rencontré des potiers avec qui je faisais des échanges de connaissances jusqu’à ce que je m’inscrive dans une première école et puis une deuxième, ensuite des stages qui m’ont apportés à des emplois ultérieurement.»

Cette année est sa dixième année de métier, mais c’est aussi la première fois qu’elle ouvre un atelier en son nom. C’est un grand pas pour elle. Peut-être l’avez-vous déjà rencontré à la poterie de Port-au-Persil? Elle y a travaillé pendant 5 ans en tant que responsable, mais principalement du côté atelier. Si on recule plus longtemps dans son curriculum, elle a travaillé 1 an en tant qu’assistante de France Goneau, une réputée designer en céramique de Montréal qui a exposé ses pièces dans des endroits comme Tokyo et Chicago. Avant d’emménager dans Charlevoix il y a 6 ans, Chloé a aussi interprété une potière du 13e siècle en tant qu’animatrice dans des châteaux médiévaux en France pendant plusieurs années, cool!

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L’atelier est en installation, mais dès très bientôt elle commencera des ateliers avec des élèves dans ce qu’elle nomme «LaTerrière», un atelier tout équipé conçu pour combler les besoins des élèves. Mais elle aura aussi ce qu’elle appelle des antennes dans la région avec une possibilité de se déplacer dans les municipalités. Jusqu’à maintenant elle va à Baie-Saint-Paul, Tadoussac et la Malbaie dès cet automne. Mais bon, il est clair que le best c’est dans son atelier où les possibilités sont immenses et où des pièces monumentales et échelonnées sur du plus long terme peuvent y être confectionnées. La Lauréate d’OSEntreprendre Charlevoix 2019 est également une des 4 artistes qui a été choisie dans le cadre de Pays’art cette année. D’ailleurs son oeuvre est exposée jusqu’au 7 octobre au Centre Jardin de la Baie à BSP.

Est-ce que tu trouves ça costaud, tout ca dans la même année? « C’est beaucoup, mais c’est ce que je cherchais, j’ai 30 ans cette année alors ça se passe, j’ai l’énergie pour ça et j’en ai envie. Ça fait très longtemps que je prépare ça, je suis prête dans ma tête et dans mon corps. Le plan d’affaires a été super facile à faire, je savais exactement où je m’en allais. La place on la cherchait et on est tombés dessus en juillet l’année dernière, on a acheté en octobre et l’entreprise est ouverte officiellement depuis mars.»

Cette année, c’est mon année. Je suis au galop, personne ne peut m’arrêter.

Qu’est-ce qui t’aide à créer? « Moi c’est la matière qui m’attire, la toucher c’est extraordinaire. J’ai un profond respect pour elle, je fais un des plus vieux métiers du monde. C’est connu que les gens faisaient des pots pour garder l’eau. La poterie, c’est de la terre, c’est la base de la vie. J’aime sentir mon argile, la matière me séduit. J’aime aussi travailler avec d’autres personnes, eux-mêmes m’amènent ailleurs, il y a tellement de possibilités. Et ce qui m’allume c’est partager le savoir-faire, faire en sorte que ce métier n’est pas oublié.»

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Et avec tous ces projets elle est également maman de deux jeunes filles, Philomène 5 ans et Clémentine qui n’a pas tout à fait 2 ans.

Autres talents? «Ouais, je suis une excellente cuisinière, en fait j’adore tout ce qui est transformation. Pour rester dans mon thème, je fais du savon à l’argile. J’aime prendre une matière première et la transformer, surtout par la chaleur. La première fois que j’ai touché aux métiers d’arts, c’était la forge, faire fondre des trucs, taper dessus et que ça change moi je trippe à fond. Je suis très forte avec mes mains. J’adore aussi l’agriculture, si j’avais à recommencer je serais peut-être en agriculture ou en horticulture.»

Au-dessus de l’atelier, il y a un loft tout équipé pouvant loger environ 6 personnes. Il a été conçu principalement pour accueillir des artistes:  «Je veux vraiment que ce soit une résidence d’artistes; des musiciens, des écrivains, des potiers, des céramistes n’importe quoi qui est de l’ordre de la création moi j’embarque. L’âme de la terrière c’est le partage. Le spot est vraiment magique; sur la route des Montagnes à St-Urbain avec la vue panoramique sur le Parc des Grands Jardins. Pour quelqu’un qui veut s’éloigner pour créer, c’est vraiment inspirant.»

Le but ultime de la céramiste est de former des professionnels: «Si je peux former une dizaine de professionnels par année, je vais pouvoir mourir tranquille me dit-elle en riant. Et en tant qu’artiste elle aimerait être reconnue partout, exploser en dehors de la région, le gros truc.

Chloé Lucie Desnouveaux organisera également des portes ouvertes de LaTerrière lors des journées de la culture le 27,28 et 29 septembre prochain. Je vous en reparle, je vous tiendrai au courant 😉

Pour visiter son site internet cliquez ICI

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Texte et photos: Jean Berg