mon Saint-Aimé-des-Lacs Personnalité du jour

Pierre Beauchesne entre micro et scie à chaîne.

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Plusieurs d’entre vous connaissent Pierre Beauchesne le narrateur, l’animateur radio, le gars des communications et vous avez bien raison. Mais peu d’entre vous savent que lorsqu’il retire son veston et sa cravate, il est aussi capable de crinquer sa scie à chaîne et bûcher dans sa terre à bois.

Pierre Beauchesne nait à Victoriaville. Il connaîtra la vie rurale de la municipalité de Saint-Albert à la séparation de ses parents, un événement pénible dans la vie du petit Pierre. C’est à ce moment qu’il prendra goût à la campagne. Arrivé en secondaire 5, une passion ancrée en lui émerge: la radio et les communications. Sans statuer sur un choix de carrière précis, il s’inscrit en «gestion d’entreprise agricole» en même temps qu’en «art et technologie des médias». Si jamais il n’est pas accepté en radio, domaine contingenté, ce n’est pas grave parce que l’agriculture est là en back up.

Finalement, le destin fera en sorte qu’il soit accepté en radio et déménagera au Saguenay pour étudier pendant 3 ans au Cégep de Jonquière. Ses études complétées, il retourne à Victoriaville où il sera engagé dans une radio AM. Vient ensuite l’appel qui changera sa vie. Pierre est dans son tracteur en train de faire les foins, lorsqu’il reçoit un appel. Il arrête le moteur, prend le téléphone et avec le son des vaches en backgroud, discute avec le directeur de la station de la radio de Havre-Saint-Pierre qui le convoque en entrevue pour le lundi suivant. Pierre:« lundi? Pas de problème j’y serai!» Arrivé à la maison, il annonce la bonne nouvelle à son père qui lui répond «Le Havre St-Pierre…? Sais-tu c’est où? C’est à un biiip de bout d’ici! Je vais y aller avec toi ». C’est donc avec son papa que le voyage de 12 heures s’amorce.

Pendant l’entrevue, le directeur lui demande pourquoi il devrait l’engager. «Premièrement, parce que je suis le seul qui est venu faire l’entrevue et deuxièmement, parce que je suis le meilleur». La réponse surprendra l’homme qui lui confiera plus tard qu’il avait été ben impressionné par sa réponse. C’est ainsi que débuteront 4 années en tant qu’animateur radio dans cette municipalité de la Côte-Nord où il y découvrira le monde maritime. Une découverte qui le fera flasher sur un autre mode de vie, celui d’une communauté; pas de stress, des gens qui se connaissent, qui se parlent, qui s’entraident. C’est à ce moment-là qu’il décidera que plus jamais il n’allait retourner vivre en ville.

1998, il arrive dans Charlevoix et sera engagé à CIHO, rapidement Pierre va vers les gens et se fait un réseau de contacts bien garni. 1999, il rencontre sa conjointe en décembre et en avril ils achètent leur maison. Puis viendrons; 1 enfant, et puis 2, 3, 4.

Il quitte la radio. Peu de temps après, un appel d’Annie Boilard, mettra la table pour les 2 années à venir: «Viendrais-tu dépanner avec «Place aux jeunes» pour accueillir les nouveaux arrivants ?» Et là, Pierre étant ce qu’il est, mettra sur pied de nouvelles façons de faire, dont une escouade de déménagement qui, dans la même optique que «donner au suivant» offrira ses services aux nouveaux arrivants en échange d’une participation de ceux-ci aux emménagements des arrivants suivants. Une escouade qui accueillera son lot de nouveaux citoyens charlevoisiens. Des gens comme Chloé Desnouveaux et Jean-Victor Rossetti (d’ailleurs, un peu plus tard, Jean Victor reprendra le flambeau de «Place aux jeunes Charlevoix», flambeau qu’il tient encore aujourd’hui.)

Le mandat de «Place aux Jeunes» terminé, il se lance en affaires: «Memacom» naît. Un acronyme qui rassemble le nom de ses enfants et «com» pour communications. Les contrats rentrent à la pelle ce qui pousse le nouvel entrepreneur à engager Nathalie Gaudreault en mars 2018. «Depuis, les affaires vont bien, nous avons du plaisir à faire ce que l’on fait. Nous avons plein de mandats diversifiés: de la gestion de réseaux sociaux, de l’animation, des plans d’affaires, de la photo, etc.»

Saviez-vous que Pierre a la piqûre pour la navigation à voile? Il a complété plusieurs mandats sur des bateaux comme le Belem, le Marie-Clarisse et le Eagle, bateau de l’armée américaine sur lequel il a eu la chance de voguer de La Malbaie jusqu’à Québec, il y est débarqué fièrement parmi tous les autres grands voiliers. Une expérience qu’il a adoré. D’ailleurs, M. Beauchesne a son propre petit bateau avec lequel il navigue par plaisir sur le Lac Nairne. Il a ça dans le sang, un peu comme son côté coureur de bois. «Je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’ai une facilité à le faire. Je sens une seconde nature. Autant que quand j’arrive dans le bois ou que je suis sur une scène devant 2000 personnes, je suis à l’aise, je suis zen.»

Et pour bien terminé cette entrevue, je suis parti avec Pierre sur son 4 roues, ma petite fille sur mes genoux, pour visiter sa terre à bois qui aboutie sur son havre de paix avec vue sur le Lac Nairne. Un endroit où un banc l’attend pour réfléchir à la vie et relaxer. Durant ce 45 minutes, j’ai découvert un homme d’affaires, un père aimant, un gars du public, et un gars de bois.

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Texte et photos: Jean Berg