mon La Malbaie Personnalité du jour

Mohamed Mashhour, bienvenue home sayidi (monsieur).

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J’ai rencontré le nouveau propriétaire du «Bistr’eau du Port» de Cap-à-l’Aigle; un type fort sympathique. Un homme d’origine syrienne qui a quitté son pays à cause de la guerre civile qui lui a pris toute sa vie. L’homme qui a appris l’anglais comme première langue lorsqu’il est arrivé au Canada, en est rendu à peaufiner son français, mais la conversation s’est surtout faite in english. Je trouve donc intéressant d’insérer ses citations dans sa «langue première» question d’intégralité et pour nous faire pratiquer 😉

Sa fille qu’il appelle affectueusement «baba» et lui sont arrivés au Québec il y a 6 ans. Il est venu dans Charlevoix la première fois lors du G7 et a travaillé pour le Manoir Richelieu à ce moment-là et pour les 9 mois suivants au niveau de la restauration. M. Mashhour a été charmé par la place, surtout pour le fleuve qui lui rappelle la grande rivière qu’il y avait dans son pays.

Anywhere here at La Malbaie, I feel like it’s my old town.

Pour lui, il y a un pouvoir d’attraction dans notre région. Il veut faire connaître Charlevoix au restant du monde, un endroit qu’il qualifie de «healthy» (bon pour la santé).  Dire aux autres immigrants que ce n’est pas seulement dans les grandes métropoles que cela se passe. M. Mashhour dit que n’importe qui devrait venir ici au moins deux fois dans l’année pour se ressourcer, prendre du bon temps: «refresh your body». Il a pour son dire que nos différentes saisons sont exceptionnelles surtout l’hiver qui est sa saison favorite. Ce qu’il aime ici c’est la fraîcheur; la fraîcheur de l’air, de l’eau, mais aussi des aliments, les œufs, l’agneau, les fromages et surtout les poissons qu’il qualifie d’«excellent quality». Étant restaurateur, il est bien évident qu’il sera bien servi de ce qu’il retrouvera chez nos producteurs locaux. «Montreal, Ottawa and others big cities they have frozen fish, here it’s fresh, it’s very nice».

Dans son pays, ce n’était pas doux. Il me dit que nous ne pouvons pas nous imaginer le chaos dans lequel son (ancien) pays est plongé. Que là-bas, sa maison payée à gros prix pendant 21 ans a disparu sous la force des bombes. Toute sa vie a disparue. Il est extrêmement reconnaissant pour sa nouvelle terre d’accueil. «Gift from the god for this new country to live, for the kids of the next generations. Thanks for Canada, for Quebec, merci aux Québécois et Québécoises».

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Que faisiez-vous vous dans votre pays et avant de déménager ici? « I work 31 years in management and food business». Il a ensuite étudié à Collège LaSalle pendant 14 mois pour apprendre le français et obtenir un diplôme en cuisine. Pour par la suite se diriger vers l’Université de Concordia où il a étudié le management (la gestion).

Quelle sera la différence entre l’ancien restaurant et le vôtre? «The food here is mostly from Quebec but sometimes with spicies from my country». Il veut mixer les deux cultures. Il veut également que les prix soient abordables tout en ayant d’excellents produits.

Good food and good price.

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La problématique pour lui présentement, c’est le personnel. Comme dans beaucoup de domaines, mais surtout dans la restauration il y a pénurie de main-d’oeuvre. Voilà ce qui a poussé M. Michel Clermont à quitter le «Bist’eau du Port» ICI. M. Mashhour, croit avoir une solution pour les moments achalandés, celle de faire affaire avec des agences de placement. «One man is not enough, I have to be in the kitchen and here for the service». Pour bien lancer ses opérations, il a eu un petit coup de main de baba, mais dès la semaine prochaine elle sera dans la métropole montréalaise pour se joindre aux cadets. Le problème d’approvisionnement ne l’inquiète pas non plus, il se dit capable de modifier son menu en fonction de la disponibilité des choses. «We can change the menu». Il achètera également une auberge de six chambres à Cap-à-l’Aigle et les repas seront servis au resto.

Le «Bistr’eau du Port» fera sa grande ouverture demain, le 3 juillet. Le bar sera ouvert quelques jours après avoir écrit ces lignes. Entendons nous pour dire que ce sont des vues magnifiques pour siroter ou manger un petit quelque chose n’est-ce pas?

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10 rue de la Grève, Cap-à-l’Aigle, la Malbaie

J’ai eu un petit bonus pendant l’entrevue; un homme dont je ne me rappelle plus le nom et la nationalité (mes excuses) était là pour livrer un colis. Je trouvais ça beau comme portrait; deux hommes venant de pays différents pour immigrer au Canada qui se retrouvent tous les deux à la Malbaie pendant une entrevue sur la venue de nouveaux arrivants. Soit dit en passant, je suis pour la venue de nouveaux arrivants «but good persons» comme dirait M. Mashhour. Voici la preuve que c’est possible. Que le Québec et Charlevoix, sont des endroits où il y a de la tolérance et où repartir à zéro est possible. Je laisse donc cette photo ici.

Peace.

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Texte et photos: Jean Berg