mon La Malbaie Paroles d'Harvey

L’orphelin ivoirien

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Il y a quelques années, par pur hasard, j’entre en contact sur Facebook avec un jeune Ivoirien de 19 ans. Comme je me méfie énormément des ressortissants de ce pays où la fraude est courante je n’ai pas beaucoup d’intérêt avec lui au sujet de son intérêt à venir au Canada. Mais il est persévérant, car sortir de son pays est son seul espoir. Jean-Baptiste Abe est orphelin et à cette époque habite chez une tante mais celle-ci, malade a changé de ville et le jeune orphelin se retrouve seul au monde sans logis et sans argent. Il a perdu tout contact avec ses frères et sœurs. Commence alors une galère qui dure jusqu’à aujourd’hui. Il n’a rien à lui sauf quelques vêtements et un abonnement internet. Il mange une fois par jour quand il réussit à gagner un peu d’argent. Il doit faire les tâches délaissées par les autres comme éboueur à la journée pour gagner deux dollars. Il dort souvent dans des endroits sordides comme un endroit appelé le Campement ou des meurtres vaudoo sont perpétrés. Il change de ville, entres autres pour réaliser son rêve d’étudier à l’université; il fera une session mais devra y renoncer faute de fonds. Il souffre du paludisme et a régulièrement des rechutes et doit trouver l’argent pour acheter les médicaments. Je me souviens qu’il y a quelques semaines, il couchait sur un banc dans une gare et il y a été presqu’une semaine. Parfois je voudrais bien l’aider car ça prend si peu pour faire une grosse différence,mais il est extrêmement difficile d’envoyer de l’argent en Côte d’ivoire à cause des fraudeurs. Pas d’inquiétude, ce cas n’est pas une fraude mais une réalité souvent vécue en Afrique où on vit au jour le jour ne sachant pas toujours ce qu’on va manger le lendemain. Récemment Jean-Baptiste s’est retrouvé au cœur d’un conflit violent ayant causé des décès. Ayant pris partie pour une des ethnies en conflit, il a dû quitter la ville de Bouake de nuit non sans avoir été attaqué sur le chemin. Maintenant son rêve est de venir au Québec, mais ses chances sont très minces. Sans argent, sans formation professionnelle, il répond pas aux critères pour obtenir un certificat de sélection du Québec. Seul au monde, il continue son difficile chemin sans domicile fixe et à la merci souvent d’exploiteurs pour gagner quelques sous.

Jean-Baptiste c’est une certaine image de l’Afrique, des jeunes éduqués à l’avenir très incertain qui doivent faire preuve d’une grande résilience. Il est encore jeune, souhaitons que son ciel se dégage et que sa vie se stabilise. Il est maintenant dans la Capitale économique Abidjan où il a loué une petite maison dans un quartier populaire mais il n’a aucune certitude de pouvoir payer le loyer. Comme on dit c’est toute une galère.