mon Village Paroles d'Harvey

L’auto-flagellation Charlevoisienne

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Les Charlevoisiens et particulièrement ceux de l’Est blâment le tourisme pour les malheurs économiques de leur patrie. Salaires trop bas, période de travail trop courte, horaires atypiques, emplois exigeants physiquement etc. Tout ça a empiré il y a quelques années avec l’arrivée du trou noir dont on ne connaît pas vraiment l’ampleur. Pour plusieurs commentateurs des réseaux sociaux, le tourisme serait une industrie de pauvres.

M. Denis Cloutier de l’Auberge des Falaises est intervenu récemment pour défendre son industrie et montrant la progression de sa propre entreprise, une auberge qui emploie 40 personnes. On peut appliquer cette progression à la majorité des entreprises touristiques de Charlevoix avec toutes les retombées directes et indirectes dans notre région. Pensez-vous que c’est plus facile travailler dans une usine? Les gars de la Donohue qui bien sûr étaient bien payés, mais ont passé leurs carrières sur 3 chiffres, 8 à 4, 4 à minuit et minuit à 8. Je suis pas certain que j’aurais pu faire ça, comme horaire atypique impossible de trouver mieux. Travailler dans l’industriel n’est pas une sinécure, parlez-en aux gars de la mine de silice à Saint-Urbain, ça prend du monde fort et endurant et le salaire gagné est souvent en relation avec l’effort fourni. À part les hauts salaires de Résolu, nos autres entreprises de transformation ne paient pas des salaires si élevés.

Les salaires du tourisme sont parfois très comparables (Manoir, Casino, Massif, Germain, futur Club Med,  parcs nationaux). Il est clair que les petites entreprises paient moins, mais je suis sûr que les serveurs de la plupart des restaurants de Charlevoix ne se plaignent pas de leurs pourboires surtout en période estivale. Oui le trou noir touche certaines catégories de travailleurs et il faut faire quelque chose pour ça comme région touristique. Chaque travailleur doit pouvoir vivre décemment. Mais je deviens triste quand on dit et qu’on incite nos jeunes à ne rien vouloir du tourisme. Ma grand-mère a commencé à travailler en tourisme dans les années 40 jusque dans les années 90 comme femme de chambre au Manoir. Elle adorait son emploi et en tirait une grande fierté. Elle m’a transmise cet amour de travailler dans l’industrie de l’accueil. Chaque jour que j’y ai travaillé, j’étais fier de ma job et de Charlevoix. J’ai été chanceux d’avoir cet héritage et quand je me déplace dans Charlevoix en été je ressens encore cette fierté de ce que nous sommes comme communauté. Comment ne pas être fier de Baie-Saint-Paul, la plus belle du Québec ? Comment ne pas être fier de l’île aux Coudres? Du Manoir? De nos parcs nationaux? De tous nos attraits touristiques ? Pourquoi cracher sur tout cela et dire qu’il n’y a rien à faire dans Charlevoix ? Nos jeunes doivent parfois partir pour se former dans les domaines qui les attire. Selon moi, si un programme collégial se donne au CECC, nos jeunes devraient en être fiers et rester dans leur région, mais c’est quelque chose de difficile à contrôler.

Par contre, si on le veut vraiment, on peut faire de belles carrières en tourisme dans Charlevoix. L’achalandage est présent presque toute l’année. Nous sommes dans le top 3 au Québec pour les destinations touristiques; dénigrer cette industrie c’est se tirer dans le pied, c’est inculquer dans la tête le désir de s’en aller. Il y en aura toujours qui partiront, mes 2 fils sont à Québec, mais ça serait intéressant de donner à nos jeunes une image réaliste et juste du tourisme. Commençons par être fier de nous-mêmes et la roue cessera peut-être de capoter.