mon Village Paroles d'Harvey

Charlevoix à vendre ! Paroles d’Harvey

DSC_0090

Population vieillissante ou les 54 ans et plus sont majoritaires, départ d’un grand nombre de jeunes à l’extérieur, financement accessible pour les maisons neuves. Tous ces facteurs et d’autres plus marginaux créent un phénomène inquiétant sur le territoire Charlevoisien.

En 2018 avec 904 maisons unifamiliales sur le marché seulement par l’intermédiaire d’agences immobilières, un peu plus dans l’Est que dans l’Ouest, il y a une tendance lourde. Il faut ajouter 269 terrains et 34 commerces. Denis Lavoie de Vision Immobilière Charlevoix précise que le phénomène ne date pas d’hier, il y a déjà quelques années que le nombre de maisons à vendre est élevé. On peut mettre l’accent sur certains phénomènes locaux  comme l’activité immobilière autour du Massif. C’est cependant le nombre de maisons unifamiliales sur le marché qui suscite de l’inquiétude. Le parc immobilier charlevoisien compte un grand nombre d’habitations construites avant 1970. Les propriétaires sont des personnes vieillissantes qui y vivent seul ou en couple, les enfants ont quitté la région ou ont acheté une maison plus récente. Quand les personnes quittent pour une résidence ou pour le CHSLD, la maison entre sur le marché et elle est souvent très difficile à vendre. Les maisons de grande valeur (par exemple celle de Gilbert Rozon sur le Boulevard des Falaises) trouvent aussi très difficilement preneurs. Déjà sur certaines rues, on trouve une procession d’affiches d’agents immobiliers.

Ce que sera le futur? D’ici au moins 25 ans, le phénomène de vieillissement va se poursuivre inexorablement. A moins d’un apport inattendu de population, les maisons familiales traditionnelles vont continuer de se vider de leurs habitants et risquent de se dégrader par inoccupation. Le phénomène est débuté ici et là dans Charlevoix. Les conséquences peuvent être graves : pertes de taxes pour les municipalités, possibilité de vandalisme et d’occupation clandestine, trame urbaine altérée.

Il s’agit d’un sujet qui est peu traité et pourtant il nous arrive au visage. Ne serait-il pas pertinent de créer un groupe de travail de concert avec des professionnels de l’immobilier et de l’aménagement du territoire pour mettre de l’avant une veille sur le phénomène et déjà esquisser des pistes de solutions? Nous ferions preuve d’innovation et de vision si nous agissons ainsi. Je vois les 2 MRC prendre le pôle de cette initiative pour aller au devant d’une prévisible devitalisation qui sera nocive pour notre région.  N’attendons pas d’être une région fantôme alors que nous perdons déjà des services de proximité. Pour une fois est-ce que nous ne pourrions pas travailler ensemble d’Est en d’Ouest sur une problématique commune?